Que faut-il absolument voir sur la route entre Moscou et la mer?

Ces petites villes, dont on ne soupçonnerait parfois même pas l’existence et qui se trouvent non loin de l’autoroute reliant Moscou à la mer, valent le détour. Écoutons le récit de notre chroniqueuse, qui est partie dans le sud de la Russie en voiture en passant par ces lieux magiques.

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Déjà bien avant la pandémie de Covid-19, de nombreux Russes arrêtaient leur choix sur l’automobile comme moyen bon marché de se rendre à la mer au plus fort de la saison estivale. Chaque année, ils se rendent en voiture en Crimée, à Sotchi ou dans d’autres stations balnéaires depuis Moscou, Saint-Pétersbourg ou, pire encore, depuis la Sibérie, parcourant de très, très longues distances. Mais c’est bien le coronavirus qui a forcé tous les autres, qui ne prenaient que l’avion ou, plus rarement, le train, à se mettre au volant pour aller en vacances. Cependant, pour la majorité, les heures, voire les jours, perdus dans la voiture réduisent considérablement le temps qu’ils peuvent passer sur les plages et à se reposer. Ils conduisent donc comme des camionneurs, allant parfois jusqu’à 12h sans s’arrêter, avant de se reposer brièvement sur une aire d’autoroute ou sur un parking, puis de repartir de plus belle.

Certes, j’aime conduire, mais pas dans ces conditions ! J’ai donc fait le choix de m’arrêter plus longtemps à chaque fois que j’étais fatiguée ou que je m’ennuyais, et je n’ai pas regretté un seul de ces arrêts. Mon trajet a finalement duré 12 jours, mais ce voyage aller-retour vers la mer est peut-être devenu l’un des meilleurs moments de mes vacances. Mon compagnon, qui ne conduit pas, partage ce sentiment avec moi. Mais je vous laisse vous faire votre propre opinion.

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Toula

Notre premier arrêt au sud de Moscou était la ville de Toula. C’est une ville très ancienne qui a même autrefois rivalisé avec Moscou pour la souveraineté sur le pays. Aujourd’hui, c’est une sympathique cité de province qui a son propre kremlin et qui est connue comme ayant vu naître et grandir Léon Tolstoï. Iasnaïa Poliana, le domaine familial, où il a passé la majeure partie de sa vie, est en effet situé près de Toula.

Nous étions cependant surtout intéressés par les nouveaux quais sur la rivière Oupa, où nous voulions absolument nous prendre en photo sur les balançoires avec le kremlin en arrière-plan. Après un programme culturel sous la forme de la visite du Musée des armes (dont la forme du bâtiment rappelle un casque de soldat), nous avons été dîner à Iskra, le nouveau quartier gastronomique.

Elets

Je suis prête à parier que vous n’avez jamais entendu parler d’Elets. À vrai dire, ce lieu n’est que peu connu même en Russie. C’est une petit ville de l’oblast de Lipetsk, très provinciale et peu peuplée. Elets était cependant autrefois une riche cité marchande, dont on peut encore aujourd’hui admirer le centre historique, les vieilles demeures, les izbas en bois et les magnifiques églises.

Ici, on peut passer la journée à flâner dans les ruelles et à admirer les chambranles sculptés. Si jamais vous vous ennuyez, courez au parc de la culture et des loisirs pour profiter des attractions. On trouve d’ailleurs ce type de parcs dans toutes les villes de province.

Voronej

De prime abord, on pourrait penser que Voronej n’est rien de plus qu’un centre industriel banal. Ce n’est certes pas une destination touristique populaire, mais c’est une ville de plus d’un million d’habitants et la ville la plus intellectuelle du sud de la Russie : on y trouve une université, un théâtre et une grande partie de l’industrie spatiale moderne russe. En plus de tout cela, c’est là qu’est né Ivan Bounine, écrivain russe de renom et lauréat du prix Nobel.

Vous pourrez vous promener du centre-ville jusqu’à la rivière Voronej en passant par de petites rues escarpées où l’on peut admirer de petites maisons et de nombreux chats heureux. Sur les berges de la rivière, on peut voir un ancien navire. Il s’agit du premier vaisseau de ligne de la flotte russe, construit au chantier naval de Voronej en 1698 et dont le processus de construction a été dirigé par Pierre le Grand lui-même.

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Divnogorié

Dans la région de Voronej, on peut admirer un phénomène naturel unique : des montagnes de calcaire. Un lieu magnifique se cache au cœur d’elles : Divnogorié, ainsi que son monastère datant du XVIIe siècle. Son nom, qui signifie « montagnes divines », parle de lui-même. La vue et les paysages sont réellement magnifiques.

On ne peut y accéder qu’à pied, mais le plus difficile est le retour : il faut remonter les montagnes pour pouvoir rentrer. Mais qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour avoir la photo Instagram parfaite, avec en fond l’église de l’icône sicilienne de la Vierge Marie, sculptée à même la roche. C’est un endroit incroyable que vous ne trouverez pas ailleurs en Russie et qui rappelle un peu Petra, en Jordanie.

Rostov-sur-le-Don

Rostov-sur-le-Don ne laisse personne indifférent. C’est la rencontre parfaite entre végétation luxuriante et chaleur. Le long du fleuve Don, il y a une grande promenade où l’on trouve cafés, musiciens de rue et de nombreux promeneurs.

Rostov est un mélange d’une sorte de délabrement, comme à Naples, et d’une abondance de bâtiments historiques et de zones piétonnes, un peu comme Moscou. Vous devrez impérativement goûter aux écrevisses du Don, que l’on peut déguster dans de nombreux restaurants.

Vous pourrez également faire un tour en bateau sur le fleuve, puis vous baigner sur la plage de la rive en face du centre-ville.

Taganrog

Dans une émission comique, la ville a été surnommée « la belle Taganrog », et le surnom est resté ancré dans les esprits. Elle a été fondée par Pierre le Grand en 1698 et était la première base pour la flotte militaire russe ainsi que la première ville construite selon un plan régulier. D’une certaine manière, Taganrog a entraîné Pierre le Grand à la future construction de Saint-Pétersbourg.

Au XIXe siècle, elle est devenue une ville portuaire marchande et les riches commerçants y construisaient des demeures à la mode d’alors. Vous pourrez donc vous promener dans les rues de Taganrog et y admirer des bâtisses incroyables dans les styles Art nouveau, classique ou encore éclectique. C’est tout simplement un régal pour les yeux. L’un des lieux les plus marquants de la ville est la petite maison où est né et a grandi Anton Tchekhov.

Mer d’Azov

La mer la plus populaire du sud de la Russie est évidemment la mer Noire. Le long de ses côtes, on peut trouver de nombreuses stations balnéaires, et puis, la mer est tout simplement magnifique.

Cependant, quand nous sommes partis en vacances, les tempêtes et inondations faisaient rage sur la mer Noire, et nous avons donc décidé de rester prudents et de nous diriger vers un autre lieu, qui se trouve encore plus près de Moscou. Je suis sûre que vous ne pensiez pas du tout à la mer d’Azov ! On l’avait déjà aperçue depuis Taganrog, mais nous ne nous étions pas concentrés dessus. C’est probablement la mer la plus étrange de Russie. Sa profondeur maximale est seulement de 13 mètres et c’est pratiquement une mer d’eau douce. Souvent, les Russes l’appellent affectueusement la « grande flaque » ou encore la « mer des enfants ». Une théorie dit qu’elle n’existait pas dans l’Antiquité, mais que 5 000 ans avant notre ère la mer Noire aurait afflué ici par un courant et se serait ensuite retirée, laissant toutefois une partie de ses eaux dans ce qui n’était auparavant qu’une cuvette du delta du Don.

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De nombreuses stations balnéaires russes sur la mer d’Azov se trouvent dans la région de Krasnodar. Cette dernière accueille les touristes avec des champs de tournesol et de maïs ainsi qu’un soleil implacable. L’une des stations les plus populaires sur la mer d’Azov est la ville côtière d’Ieïsk. C’est cependant une ville plutôt peuplée, et il vaut mieux aller un peu plus loin. Sans voiture, cependant, il y a peu de chance que vous tombiez sur des lieux comme le village éloigné de Doljanskaïa. Il se trouve sur une langue de terre, à l’endroit où la mer d’Azov et le golfe de Taganrog se rencontrent. Le vent y souffle si fort que, du côté nord de la bande de terre, on trouve un camp pour pratiquer la planche à voile et le kitesurf.

Vous pourrez visiter les marchés locaux, y négocier de belles cerises juteuses, des abricots ou des pastèques. Il vaut mieux éviter d’acheter le vin des habitants, mais la production des vignerons vaut le coup d’être essayée. Sur les plages, vous devrez goûter les tcheboureks et le maïs cuit salé tout en regardant un coucher de soleil incroyable, directement sur la mer.

Dans cet autre article, nous vous présentions ce qu’il convient de voir sur la route de Moscou à Saint-Pétersbourg.

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