«Tu es un espion?» et autres questions ridicules que subissent les Russes à l'étranger

Alexander Kislov
Qu'un Russe ait été recruté par le service d’espionnage n'est pas la seule chose qui préoccupe les étrangers. Poutine, météo, apprentissage de l'anglais... Les expatriés russes doivent entendre les mêmes questions encore et encore.

Le journaliste américain Tim Kirby vit en Russie depuis plus de 10 ans et a récemment écrit un article sur les questions idiotes que les Russes posent sans cesse aux étrangers. Et vous savez quoi ? En fait, les Russes vivant à l'étranger font également face à des centaines de questions idiotes de la population locale ! Voici les plus drôles.

Es-tu un espion ?

Notre lectrice Rita Nouroullina, qui vit en Australie, affirme être confrontée à la même chose que Tim : « D'où venez-vous ? Pourquoi êtes-vous venue en Australie ? Savez-vous parler russe ? (C'est de loin la question la plus ridicule, j'ai quitté la Russie, j’ai un accent russe, alors bon  !!) ». Cela irait encore si cela ne durait que pendant quelques mois, mais depuis 12 ans, elle entend toujours les mêmes blagues un brin racistes, apparemment anodines, que les gens semblent trouver drôles. « Tu bois de la vodka ? Et ma préférée : tu es un espion ? ». Bla, bla, bla…

« Si vous êtes russe, vous êtes probablement un espion. C'est ce qu'ils pensent ici, confirme Maria Grigorian, une journaliste russe vivant en Croatie. Et si vous êtes un journaliste russe, il n’y a plus aucun doute ! Je suis habituée aux amis et aux parents étrangers qui m'appellent "notre fille du KGB" ou "espionne russe", je ne les blâme pas, car à Hollywood, les méchants sont toujours russes ! ».

>>> Comment être démasqué si vous êtes un espion étranger en Russie

Tu es d’où ?

Ilia Tchistiline, qui vit au Canada, entend souvent : « Tu as un accent, tu es d'où ? ». Et parfois, juste pour le plaisir, il demande aux gens de deviner. Il a reçu toutes sortes de suppositions, comme : « France (qui est de loin la réponse la plus courante) ? Italie ? Angleterre ? Portugal ? Finlande ? Suisse ? Australie ? ». Ilia essaie parfois de donner un indice quand ils se rapprochent : « Pologne ? »… « Non, plus à l'est »... « Euh, Suède ? »... « Non, plus à l'est »... « Le plus grand pays du monde »... « Euh, je ne suis pas très bon en géographie ! »... C'est à ce moment qu'Ilia révèle la réponse.

Tim Kirby affirme que la plupart des Russes ont des parents éloignés qui ont émigré aux États-Unis à un moment donné (« Le fils du cousin de mon oncle vit à New York ! ») et qu’ils veulent vraiment que vous le sachiez. Les Russes font face à des commentaires semblables à l'étranger : « Oh, moi aussi je suis russe ! Mon arrière-arrière-grand-mère venait de Pologne! ». Soupir…

Ksenia Kirillova vit actuellement à Hong Kong et dit que personne ne lui demande rien là-bas... mais ayant vécu 10 ans aux États-Unis, elle a entendu toutes sortes de questions ridicules, telles que : « De quel pays en Russie êtes-vous? » ou « Vous venez de Sibérie ! Voulez-vous que je vous ouvre un congélateur (ou un réfrigérateur) ? ».

Comment as-tu appris l'anglais ?

Masha Stambler est une Russe qui a grandi aux États-Unis. La première chose que les gens lui demandent toujours quand ils découvrent qu'elle est russe, c'est : « Comment parlez-vous l'anglais si bien et sans accent? ». C'est vrai, la plupart des Russes qui ont grandi en Russie ne connaissent pas bien l'anglais (et voici les raisons qui expliquent cela), mais ensuite vous rencontrez quelqu'un comme Masha à l'étranger - elle vit et a fait ses études à l'étranger. Une question plus judicieuse à lui poser serait de savoir comment elle arrive à ne pas oublier le russe !

Oups, Ksenia, de Hong Kong, admet qu’on lui a déjà demandé aux États-Unis si elle savait parler russe... sans commentaire !

>>> De quoi les Russes tirent-ils leur fierté patriotique?

Rentrez-vous souvent chez vous ? C’est sacrément loin !

Des cours de géographie sont probablement nécessaires non seulement au Canada, mais également en Belgique. Julia Boutchatskaïa, qui y vit, dit qu’elle est fréquemment interrogée sur le nombre de visites qu’elle fait dans son pays. Les gens s'inquiètent vraiment qu’elle doive faire un long et dur voyage, probablement en prenant d'abord en train, puis en bateau, puis en traîneau à chiens (!). (Un vol de Bruxelles à Moscou prend environ 3,5 heures ; à titre de comparaison, on peut se rendre de la capitale belge à Madrid en un peu plus de deux heures).

En même temps, la plupart des Américains savent que la Russie est séparée des États-Unis par l’océan et par l’Europe (ou seulement par l’océan, selon le côté des États-Unis depuis lequel vous regardez). Et certains Américains pensent que les Russes vivant à l’étranger passent totalement à côté de ce qui se passe dans leur pays… « Des Américains ont demandé à mon oncle s’il était au courant de la chute de l’URSS... ils pensaient qu’en vivant à l’étranger, il avait raté ce petit "détail" ! » rit Masha, qui a grandi aux États-Unis.

Il y a toujours de la neige en Russie ?

« Les gens à l'étranger me demandent toujours s'il fait très froid tout le temps en Russie, note Masha. Et je dois patiemment expliquer que non, en fait, nous avons même des étés chauds (et parfois extrêmement chauds !). Encore plus drôle ! Quand j'étais en Australie, les Russes étaient absolument certains que je passais mon temps à surfer et qu’il régnait un été chaud et perpétuel là-bas... Mais certains endroits en Australie (plus précisément à Melbourne) ont des hivers neigeux, tout comme la Russie a des étés avec du soleil et les températures chaudes ! ».

Julia, expatriée en Belgique, confirme que les gens sont surpris qu’elle n’aime pas le froid. « Comment peux-tu sentir le froid ? Tu es russe ! ». En réalité, il fait plus humide en Belgique qu’en Russie et elle grelotte tout le temps !

Attends, tu n'aimes pas la vodka ? Et Poutine ?

N’importe quel Russe qui se respecte voit rouge à chaque fois que des étrangers disent « na zdarovié » pour les « impressionner » avec leur « connaissance » du russe lorsqu’ils boivent. (Découvrez pourquoi c'est agaçant quand les étrangers disent cela !)

>>> Comment ne pas être saoul à l'étranger: les conseils des espions russes

Julia admet que quand ils découvrent qu'elle est russe, la plupart des gens lui demandent : « Que pensez-vous de Poutine ? ». Et ils sont surpris qu'elle n'aime pas la vodka.

« Vous buvez vraiment de la vodka tous les jours? » : Vassilina Gritsenko doit souvent répondre à cette « question » en Autriche…

Enfin, les gars ! De la vodka ? Pensez-vous vraiment que tous les Russes boivent de la vodka sans arrêt, du matin au soir ? Comme si les Américains mangeaient des hamburgers au petit-déjeuner, au déjeuner  et au dîner ? Bon… d'accord, nous aimons bien la vodka (et certains Américains ont un mauvais régime alimentaire !).

Mais pendant que nous rassemblions toutes ces étranges questions d’étrangers, nous avons été obligés de boire quelques gorgées de notre boisson nationale et de faire un gros câlin à notre ours domestique pour nous remettre !

Dans cette autre publication, nous vous parlon de six habitudes russes que vous devriez adopter au plus vite.

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