Cinq livres russes qui vous aideront à surmonter le confinement

Culture
ALEXANDRA GOUZEVA
Les auteurs russes en connaissaient un rayon sur la douleur, la solitude et l'ennui, qu'ils aient vécu l’exil ou la révolte contre la société. Ces livres vous aideront à sentir que vous n'êtes pas seul, et quoi qu’il en soit, ce sont d’excellentes lectures!

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1. Alexandre Pouchkine - Eugène Oneguine

Tué dans un duel alors qu'il n'avait que 37 ans, Pouchkine est considéré comme le premier poète russe, un homme qui a évoqué tous les thèmes possibles et expérimenté tous les genres possibles dans ses œuvres. De plus, il a passé plusieurs années de sa vie d'adulte en exil (et même trois mois en quarantaine lors d’une épidémie de choléra) : il connaissait le prix de la liberté et de la vie en société.

Malgré son jeune âge, Eugène Oneguine est fatigué de la vie. Il a tout fait et tout vu, est las de la compagnie des femmes et de la haute société, et sent que son cœur est vide. Il se sent seul partout, y compris à la campagne où il s’est rendu pour régler une affaire de succession. Il lit des livres au hasard, se promène, mais s'ennuie terriblement jusqu'à ce qu'il rencontre ses voisins - une famille avec deux jolies jeunes filles, et un jeune poète amoureux d'une d’entre elles.

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Eugène, cependant, ne parvient pas à commencer une nouvelle vie, et à cause de son cœur froid, il est impliqué dans des événements dramatiques - une personne meurt et plusieurs cœurs sont brisés…

2. Léon Tolstoï - Résurrection

Dmitri est un brave jeune homme noble gâté par la vie. Il fait l'armée, joue aux jeux de hasard et se livre à la débauche en dilapidant l'argent de ses riches parents. Pour la première fois de sa vie, il ressent quelque chose ressemblant à de l’amour, mais son côté sombre intérieur prend le dessus - il séduit sa bien-aimée puis la quitte, ruinant sa vie.

Dix ans plus tard, ils se rencontrent à nouveau, au tribunal... Elle est devenue prostituée et a été condamnée pour meurtre, lui est membre du jury. Son cœur et son âme sont écrasés sous le poids de la culpabilité liée à ce qu'elle est devenue, et il s’enfonce dans une profonde réflexion sur lui-même. Il se sent coupable de ce qui lui est arrivé. Son monde ne sera plus le même et il commence à voir de la tromperie dans tout ce qu'il appréciait auparavant – chez ses amis, sa fiancée…

Dmitri décide de changer de vie, de se débarrasser de son côté sombre et de devenir un nouvel homme. Que fera-t-il désormais ? Va-t-il sauver cette prostituée ? C'est un grand roman philosophique que Tolstoï considérait comme sa meilleure œuvre !

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3. Fiodor Dostoïevski – Les Pauvres Gens

Makar est un homme très pauvre et timide. Le roman est écrit sous forme de correspondance entre Makar, qui n'était déjà pas un jeune homme, et sa jeune parente, Varvara, qui est récemment devenue orpheline. Makar prend soin de Varvara et éprouve des sentiments tendres et absolument platoniques pour elle, mais ils ne se rencontrent presque jamais. Makar a peur des rumeurs à leur sujet…

Ils échangent des lettres dans lesquelles ils décrivent leur vie indigente. Makar loue un petit coin dans la cuisine d'un appartement, mais ne se plaint jamais. Il sacrifie ses derniers deniers pour Varvara, lui louant une chambre dans le même bâtiment. Parfois, il saute même le dîner pour économiser de l'argent et acheter des bonbons pour Varvara.

Il essaie de cacher son style de vie indigent, car cette humble jeune femme refuserait d'accepter quoi que ce soit de lui. Leur entourage est constitué de gens laids et hostiles, qui se moquent de lui et méprisent ses vêtements usagés. Un jour, Varvara reçoit une proposition de mariage…

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4. Venedikt Erofeïev – Moscou-sur-Vodka

Venitchka est alcoolique, et chaque vendredi, il prend un train de banlieue de Moscou à Pétouchki pour passer du temps avec sa femme bien-aimée. Le voyage en train de deux heures est une odyssée pour Venitchka : il boit avec différents types, et dans un style sublime réfléchit au sens de l'alcool dans sa vie et celle des autres.

Venichka se souvient de sa journée et se promène dans Moscou en buvant verre sur verre. Parfois, il ne se souvient pas de ce qu’il a fait entre deux beuveries...

Ce n'est pas un ivrogne ordinaire, mais plutôt un philosophe, un homme sensible et même distingué. Il raconte sa vie et a parfois des hallucinations ou des rêves… il parle aux anges et aux esprits de gens bien-aimés qui sont peut-être même morts. Mais atteindra-t-il la fin de la ligne où sa petite-amie l'attend ?

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5. Gouzel Iakhina – Zouleïkha ouvre les yeux

À ceux qui se sentent un peu nerveux en voyant que le papier toilette ou les conserves de viande disparaissent des rayons, ce livre permettra de relativiser en montrant comment les gens ont survécu dans des conditions bien pires. Zouleïkha est une jeune femme musulmane vivant dans un village. Sous le régime stalinien, elle est, privée de tout, envoyée en Sibérie. Alors que le train traverse la vaste contrée, les déportés meurent les uns après les autres, emportés par la famine et les maladies.

Ensuite, le bateau qui aurait dû amener les prisonniers en Sibérie coule. Zouleïkha et plusieurs prisonniers survivent et se retrouvent enfin dans la taïga, avec leur gardien. C'est là, au milieu de nulle part, que ces déportés – dont un vieux professeur de médecine et d'autre représentants de l'intellegentsia – doivent désormais lutter pour leur survie. Construire une cabane, trouver de la nourriture...

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