Les explorations russes d’Erwann: Archan, ce village sibérien propice aux retraites spirituelles

Erwann Pensec
Montagnes verdoyantes, sources thermales et temples bouddhistes, tout semble faire d’Archan un lieu idéal pour les voyageurs en mal de sérénité. Pourtant, il y a quelques années, cette bourgade perdue dans le Sud de la Sibérie a bien failli être rayée de la carte.

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Au pied de la chaîne montagneuse de la Tounka, en Bouriatie, s’étendent des ruelles de terre labyrinthiques bordées de maisonnettes en bois. Au premier abord, au-delà de ses pittoresques environs, le village d’Archan ne se démarque que peu des habituelles localités campagnardes de Russie.

Pourtant, y affluent les voyageurs, qui, à peine descendus de leur véhicule, sont abordés par des grand-mères proposant gîte et couvert. En réalité, la moitié des bâtisses environnantes arborent des écriteaux « Logement ». Pour Archan, 2 500 habitants, le tourisme est indéniablement salutaire.

Ce succès, il le doit à ses sources thermales. Découvertes en 1894, elles ont été à l'origine même du village, dont le nom signifie « Eau curative » en bouriate. Une particularité s'expliquant par la proximité d’une trentaine de volcans, dont la dernière éruption date toutefois du Mésozoïque.

En 1920, suite à la libération par les bolcheviks de la vallée de la Tounka, auparavant occupée par les armées blanches de Koltchak, décision a ainsi été prise d’envoyer à Archan les gardes rouges blessés pour qu’ils y soient traités.

Aujourd’hui, les visiteurs viennent aussi ici se refaire une santé, profitant des vertus thérapeutiques tant de l’eau que de l’air vivifiant des montagnes à la végétation luxuriante. En ces lieux, où que l’on se trouve, l’odeur de pin se fait reine.

Au détour d’un chemin, vous pourrez ainsi apercevoir des personnes étrangement accroupies près d’une flaque, la « Source oculaire », attendant l’apparition soudaine d’une bulle pour s’en saisir et s’en asperger les yeux, ce qui permettrait de soigner maladies et problèmes de vue.

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Archan fait cependant l’objet d’un pèlerinage d’une tout autre nature. La Bouriatie étant une terre traditionnellement bouddhiste, se trouvent ici deux monastères, l’un en plein centre, l’autre dans une charmante clairière accessible par voie forestière.

Cette foi imprègne d’ailleurs pleinement le village. Tandis que s’y dresse une colossale statue du Bouddha de médecine, bon nombre d’arbres sont ici ornés de rubans colorés. L’on dit que lorsque le vent agite l’un d’eux, les prières de la personne l’ayant noué sont envoyées vers les cieux.

Ici et là, non loin des berges de la rivière Kynguyrka, séparant Archan en deux, jouent par ailleurs les équilibristes d’innombrables pyramides de pierres. Selon la croyance, en ériger une reviendrait à vénérer les esprits de ces terres, mais les simples touristes n'hésitent pas eux non plus à édifier la leur.

Cette tranquillité a néanmoins été ébranlée le 28 juin 2014. Suite à de violentes pluies nocturnes, la Kynguyrka est sortie de son lit et des éboulements cataclysmiques sont survenus du flanc des montagnes. Des rochers allant jusqu’à trois mètres de diamètres ont alors tout ravagé sur leur passage.

De cet événement dévastateur est toutefois née l’une des principales curiosités d’Archan : les « rivières de pierre », dont la plus impressionnante dépasse aujourd’hui les 350 mètres de large. Un paysage chaotique de roches bordées de troncs fracassés laissant  songeur quant à l’ampleur du phénomène.

Malgré ses caprices, la nature sait aussi se montrer ici sous ses plus beaux atours. Les randonneurs apprécieront d’arpenter les sentiers arborés des monts avoisinants, animés tant par le vacarme d'imposantes cascades que les fugaces apparitions de tamias de Sibérie, adorables petits rongeurs.

Les plus courageux pourront également gravir le pic de l’Amour, dominant le village, pour ensuite regagner Archan et découvrir son vaste marché proposant objets d’artisanat bouriates et mongols, plantes médicinales locales, bouteilles de graisse d’ours ou de sang de renne, et artefacts bouddhistes.

Non loin du tracé du mythique Transsibérien, à quelques dizaines de kilomètres seulement de la frontière mongole et du Baïkal, Archan ne serait-il finalement pas le point de halte parfait pour les voyageurs éreintés par leurs fascinantes explorations sibériennes ?

Pour continuer votre voyage en Bouriatie, immergez-vous, en cliquant sur ce lien, dans le plus grand monastère bouddhiste de Russie.

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