Comment le revolver belge Nagant est devenu le symbole de la Révolution russe de 1917

Sergueï Piatakov/Sputnik
Le gouvernement impérial russe l'a choisi pour son armée car il pouvait abattre un cheval à une distance de 50 mètres.

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Au début de la Révolution de 1917, il y avait près d'un million de revolvers Nagant dans les mains des soldats et des officiers russes. Cette arme est littéralement devenue le symbole de cette époque et s’est convertie en une partie intégrante de chaque film décrivant les événements d’alors.

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Mais comment un revolver belge est-il devenu une arme de masse en Russie ?

Des exigences strictes pour une nouvelle arme

« À cette époque, les armes les plus fiables et les plus fonctionnelles étaient les revolvers. Cela a poussé à les choisir comme armes de poing principales pour nos soldats et officiers », a déclaré à Russia Beyond Igor Korotchenko, rédacteur en chef du magazine Défense nationale.

Les exigences pour le nouveau revolver de l'armée à la fin du XIXe siècle étaient strictes. Le nouveau pistolet devait avoir des capacités de pénétration élevées, être précis, et être chambré avec la même balle et avoir le même canon que le « fusil à trois lignes » Mosin récemment adopté.

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« L’arme à canon court devait également être légère, simple, fiable et facile à produire dans les usines. Elle était également censée abattre un cheval à une distance allant jusqu'à 50 pas », a déclaré l'expert.

Des chevaliers de la croix de Saint-Georges

Le nouveau pistolet devait également répondre à une exigence spécifique qui peut sembler étrange de nos jours - il ne devait pas posséder de mécanisme de tir semi-automatique. L'expert a expliqué cette fonctionnalité de cette façon :

« Un autre facteur très important à l'époque était la consommation de munitions. Il fallait une arme avec laquelle un soldat n’arriverait pas à court de munitions en cinq minutes, car l'approvisionnement en munitions et en armes du front prenait de nombreuses semaines », estime Korotchenko.

Selon lui, les hauts généraux de l'armée impériale redoutaient particulièrement une trop grande « consommation de munitions ». Pour faire simple, le commandement militaire voulait un pistolet que les soldats armeraient soigneusement avant de tirer. La nécessité d'armer un revolver exigeait un soin particulier de la part d'un tireur. De cette façon, une personne tirerait avec plus de précision et économiserait des munitions, qui étaient vraiment difficiles à acheminer sur le front au cours de cette période historique.

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Pourquoi le Nagant ?

Comme le suggère Korotchenko, on ne concevait pas d'armes à canon court en Russie à la fin du XIXe siècle. Par conséquent, le commandement militaire a dû chercher des armes de poing à l'étranger.

Il y avait deux candidats évidents au titre de principal pistolet de la Russie pour les décennies à venir - deux pistolets belges de Léon Nagant et Henry Pieper.

L'arme de Nagant a remporté le « concours » pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, elle était bien connue du ministère russe de la Guerre.

Deuxièmement, ce revolver n'était pas une arme à tir rapide comme celle de Pieper et s’avérait bien plus fiable que l'arme créée par son concurrent.

Et troisièmement, le Nagant avait une conception assez simple et fiable. Il pouvait être facilement adapté en vue de sa production dans les usines de la Russie impériale. C’était aussi un facteur important.

L'armée russe a adopté deux versions du revolver Nagant - pour les officiers et pour les soldats réguliers. Le premier était semi-automatique et le second devait être armé avant chaque tir.

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Pourquoi était-il si apprécié ?

Le Nagant avait de nombreux avantages et était une assez bonne arme pour son époque. Il n'avait aucun retard et était toujours prêt à tirer. En cas de raté, un soldat pouvait facilement faire tourner le tambour et procéder à un autre tir.

Mais les principaux avantages du pistolet étaient sa précision, sa prise en main confortable et sa fiabilité, car il était opérationnel même après être tombé dans la boue ou le sable.

Cadre tiré du film

Ceci était particulièrement pratique lors des combats au corps à corps, lorsque l'ennemi pouvait apparaître de n'importe quel côté.

Les sérieux inconvénients du revolver étaient un chargement lent et une déviation importante lors du tir après verrouillage.

L'expert suggère également qu’en pesant les avantages et les inconvénients des armes d'autres siècles, il est nécessaire de prendre en considération l'époque et les idées des gens d’alors sur ce dont ils avaient besoin pour protéger les structures de pouvoir.

« Des décisions qui nous semblent aujourd'hui paradoxales voire étranges, comme armer un revolver avant chaque coup, semblaient nécessaires pour l'armée il y a 150 ans. Tous les achats d'armes sont le reflet d'un échantillon représentatif de l'époque. Peut-être que nos descendants dans 100 ans regarderont aussi les missiles et les chars que nous fournissons à l'armée aujourd'hui et penseront : Pourquoi était-ce nécessaire ? Ces armes ont des défauts qui sont maintenant évidents pour nous ! », explique-t-il.

Des gens bien informés et documenté formaient le commandement militaire d’alors. S'ils ont décidé à l'époque qu'il était nécessaire de faire ainsi et non autrement, cela répondait aux impératifs de leur temps.

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