Armes de légende: pourquoi l'URSS a choisi l'AK et cédé les technologies SKS à la Chine

Sciences & Tech
NIKOLAÏ LITOVKINE
Elles sont devenues les armes de prédilection de la guérilla et sont toujours utilisées dans des conflits à travers le monde, 70 ans après leur conception.

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À la fin des années 40, l'armée soviétique recherchait une arme de nouvelle génération qui rendrait ses soldats invincibles au combat. Les ingénieurs ont proposé un certain nombre de projets pour remplacer les Mosin-Nagant obsolètes dans l'armée. Les essais ont commencé en 1947 et les candidats les mieux placés pour équiper les soldats soviétiques pour les décennies à venir étaient les dernières versions de la carabine SKS et du fusil d'assaut AK-47.

« Toutes deux étaient vouées à devenir les armes principales des soldats soviétiques juste après la Seconde Guerre mondiale. Mais le commandement militaire préférait l'idée d’équiper ses soldats avec les premières armes entièrement automatiques, chambrées avec des munitions de fusil, plutôt que de continuer à utiliser des carabines », explique Vadim Koziouline, professeur à l'Académie des sciences militaires.

Néanmoins, il note que le SKS a surpassé l'AK-47 lors des essais militaires de la fin des années 1940. Et voici quelques raisons.

Carabine SKS contre AK-47

La conception du SKS semble être à mi-chemin entre les fusils Mosin-Nagant et l’AK-47. Il s'agit d'une arme à canon long avec un simple chargeur détachable de 10 cartouches (ce qui était une amélioration significative par rapport aux Mosin-Nagant du XIXe siècle dont disposait l'armée soviétique) et de nouvelles munitions de 7,62 x 39 mm.

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« Le SKS était un fusil semi-automatique d’un genre nouveau. C'était une arme assez bonne et fiable en 1947, car les ingénieurs avaient eu près de sept ans afin de préparer l'arme aux tests de l'armée », ajoute Koziouline.

L'arme chambrée avec de nouvelles munitions avait une portée effective de 300 mètres. Elle était plus stable et précise lors du tir que ses rivales.

La SKS avait aussi quelques inconvénients qui favorisaient l'AK-47. Tout d'abord, le magasin à 10 coups. Les munitions étaient chargées soit manuellement, soit avec un clip. Les deux types ne répondaient manifestement pas aux exigences des armes de la nouvelle ère.

« Le SKS a moins de pièces saillantes, ce qui empêche la saleté de pénétrer à l'intérieur de l'arme et de provoquer des dysfonctionnements. D’autre part, dix cartouches dans le chargeur conviennent bien pour la chasse, mais pas pour combattre des ennemis avec des armes entièrement automatiques vous tirant dessus à 100-200 mètres », explique Koziouline.

Il convient de mentionner que l'AK-47 était chambré avec la même cartouche, mais avait un sérieux avantage sur le SKS - un chargeur amovible de 30 cartouches.

« Cette caractéristique l'a rendu beaucoup plus puissant que le SKS, malgré un certain nombre de lacunes constatées lors des essais militaires de la fin des années 1940 », explique Vladimir Onokoï, chef du département de coopération militaro-technique du holding Kalachnikov.

Kalachnikov était un ingénieur prometteur très apprécié par le commandement militaire. Ses idées sur la création d’un analogue de fabrication soviétique au fusil d'assaut allemand StG 44 ont été bien accueillies, et les autorités lui ont donné du temps et des ressources pour finir de travailler sur l'AK-47 et en faire l'arme fiable et efficace que nous connaissons aujourd'hui.

« Le principal défaut de l'AK-47 était son manque quasi total de précision lors du tir. Il était également lourd et inconfortable au début, car il a été créé à la hâte juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais la version présentée en 1959 ne laissait aucun doute sur la supériorité d'un AK sur tous ses concurrents », explique Onokoï.

En conséquence, le SKS a été adopté par l'armée et a été principalement utilisé à des fins cérémonielles dans le régiment du Kremlin, ainsi que parmi les unités frontalières et de la réserve.

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Néanmoins, le SKS était une arme adaptable, fiable et puissante qui était privilégiée dans les armées étrangères.

L'avenir du SKS

Comme l’URSS n'a pas adopté le SKS pour en équiper massivement son armée, le commandement militaire a accepté de partager la technologie avec la Chine.

L'expert a noté que la Chine a créé des millions de clones de la carabine nommés « Type 63 ». Dans les années 1950-60, l'arme convenait bien à la doctrine militaire maoïste chinoise, qui privilégiait les fusils de base, les attaques de tireurs d'élite et les embuscades aux attaques frontales. L'arme était particulièrement utile pour l'armée chinoise, car elle permettait à ses soldats de se déplacer sans porter trop de poids, avec des munitions en nombre limité dans leurs poches.

« Le fusil convient parfaitement à la guérilla. Il est plus précis que les fusils d'assaut et moins cher que ceux des tireurs d'élite. C'est une arme sans prétention et fiable qui peut être utilisée pour des embuscades même dans les régions marécageuses et sablonneuses », cite Onokoï.

« L'arme est largement utilisée par les chasseurs en Russie et aux États-Unis et, en même temps, elle peut être vue entre les mains de terroristes en Syrie et en Irak pour les mêmes raisons ».

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