Une brève histoire de l’accroupissement en Russie

Alexeï Malgavko /Sputnik
Des «racailles» russes, vêtues de la marque aux trois bandes, tous accroupis, partout et tout le temps. Serait-ce une sorte de yoga?

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Tout d'abord : comment détecter un espion étranger déguisé en russe ? Par les « bonnes » et « mauvaises » façons de s'accroupir… Un non-Russe ferait tout de travers :

En Russie soviétique, on pouvait facilement déterminer quand un homme avait passé du temps en prison - il pouvait facilement rester accroupi pendant très longtemps. Pourquoi cette compétence était-elle si importante en détention ?

Les règles des prisons soviétiques stipulaient que les prisonniers ne pouvaient s'allonger ou s'asseoir sur leur lit qu'après l'extinction des lumières. Pendant la journée, les prisonniers devaient se tenir debout ou s'asseoir sur le sol. Cette règle très stricte était issue de l'époque prérévolutionnaire - par exemple, dans la prison Kresty à Saint-Pétersbourg, le lit d'un prisonnier devait être soulevé au début de la journée et abaissé uniquement la nuit, afin que les prisonniers ne puissent pas dormir pendant le jour. Actuellement, ces règles strictes ne sont appliquées que dans les prisons de haute sécurité.

Non seulement les sols en pierre étaient incroyablement froids - mais le fait de s'asseoir par terre était considéré comme inconvenant et humiliant parmi les prisonniers russes. L'hygiène personnelle dans les prisons a toujours été une chose très importante. Ainsi, s’accroupir était la solution. En fait, c'était la seule façon de s'asseoir pour la plupart des prisonniers - leurs cours intérieures, où ils disposaient d’environ une demi-heure de temps libre chaque jour, étaient dépourvues de bancs.

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S'asseoir accroupi est devenu une habitude, de sorte que les anciens détenus étaient remarqués pour leur capacité à rester dans cette posture pendant très longtemps. Cette « compétence » est devenue populaire parmi les jeunes de l'URSS flirtant avec le monde criminel, principalement pour la même raison.

Les endroits où les jeunes voyous (gopniks) pouvaient se rassembler et se battre, fumer et boire, n’avaient généralement pas de bancs – ils se retrouvaient « derrière les garages », « près de la canalisation de chauffage », etc. Les hooligans ont donc dû également apprendre à s'accroupir.

Dans son essai Techniques du corps, l’ethnographe et sociologue français Marcel Mauss a écrit que l’humanité peut être divisée entre ceux qui s’accroupissent et ceux qui s’assoient en utilisant certains appareils. Un bébé s'accroupit souvent, alors que nous ne sommes plus capables de le faire, a écrit Mauss, laissant entendre que s'accroupir est le signe d'un niveau inférieur de développement de la société. En effet, dans les communautés masculines fermées, la hiérarchie primitive se rétablit rapidement et l'accroupissement est l'une de ses caractéristiques.

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S'asseoir accroupi est également très populaire dans les cultures asiatiques – lors d’une conversation entre deux personnes ou plus et s’il n'y a pas de chaise ou de banc, de nombreux Asiatiques s'accroupissent également pour plus de commodité et continuent leur conversation.

Musicien du temple Shaolin avant son intervention au festival Tour Saint-Sauveur sur la place Rouge

Combien de temps pouvez-vous vous rester accroupi ? Les plus expérimentés pourraient rester dans cette posture pour l’éternité - ils ne sentent pas de douleur ou d’engourdissement au niveau des jambes. Les médecins disent que le fait de s'accroupir, en tant que l'une des anciennes poses que les humains utilisent régulièrement en l'absence de chaises, est bénéfique pour les articulations du genou, le péristaltisme intestinal, la circulation sanguine, etc.

Serait-ce l'une des raisons permettant d’expliquer pourquoi les Russes sont si coriaces ?

Dans cette publication découvrez pourquoi il ne faut jamais dire «spassibo» dans une prison russe.

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