Véhicules d’antan: comment des calèches et des traîneaux sont fabriqués en Russie

Lifestyle
VICTORIA RYABIKOVA
Il faut plusieurs années pour créer un véritable traîneau, et certaines carrosses coûtent la modique somme de… 20 millions de roubles (290.000 euros).

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L’un des sites de production de calèches et de véhicules rétro les plus célèbres de Russie, Carrosses et traîneaux de Mikhaïl Kazenkine, se trouve dans la région de Moscou, dans le village de Griaz. Le nom du village se traduit littéralement par « saleté ».

« Toutes les calèches sont fabriquées à la main par une équipe de quatre personnes - seuls le caoutchouc pour les roues, les tissus et l'acier pour la voiture sont achetés séparément, en gros », explique Elena Diatlova, propriétaire de l'atelier, en nous ouvrant les portes d'un petit hangar.

En ce moment, un employé façonne la carcasse - la fondation sur laquelle le carrosse lui-même se tiendra. Le cadre est ensuite revêtu de n’importe quel matériau à la demande du client - bois, métal ou plastique.

Après cela, les nervures – les « ailes » latérales de la calèche - sont soudées dans l'atelier. Elles sont nécessaires pour que le carrosse garde l'équilibre lors de la conduite.

En outre, une plateforme tournante et des essieux sont soudés dans l'atelier – c’est la structure sur laquelle repose la roue et qui lui permet de tourner. On voit sur la photo les roues du carrosse qui a été utilisé lors du tournage du drame historique Boris Godounov (2018).

Ce tas de bouleaux abattus sont les futurs limonières ou traverses qui serviront à atteler les chevaux. Leur fabrication nécessite plusieurs années, explique Mme Diatlova. Le fait est que les bouleaux doivent être séchés pendant au moins quatre ans avant d'être poncés et découpés en barres ayant la forme et la longueur souhaitées.

Une fois que toutes les pièces de la voiture, y compris les sièges, sont ajustées à la taille souhaitée, elle est assemblée et envoyée dans une salle afin de recevoir une peinture spéciale à base de poudre. Là, le chariot est peint de n'importe quelle couleur. Le plus souvent, les clients sont invités à opter pour la couleur bois antique.

Ensuite, les sièges de la voiture sont revêtus de cuir ou de similicuir, et on coud également des capuchons pour que le passager puisse se cacher de la pluie ou de la neige. Sur demande, le chariot peut être décoré de motifs et de stucs.

Dernièrement, les rozvalnis – des traîneaux à cheval larges et bas – sont populaires auprès des clients, explique Diatlova. Cependant, fabriquer un traîneau est encore plus difficile. Pour ce faire, les employés de l'atelier achètent des morceaux de chêne, les font sécher pendant deux ans, puis leur font subir un traitement à la vapeur et les plient sur une machine spéciale jusqu'à ce que le bois prenne la forme souhaitée.

Les calèches et traîneaux sont commandés pour les mariages, les maisons de vacances et les tournages de films historiques. Une calèche ordinaire coûte à partir de 70 000 roubles (environ 1. 00 euros), un traîneau étant beaucoup moins cher - à partir de 20 000 roubles (dans les 300 euros). L'entreprise vend plus de 60 traîneaux et calèches par an.

Les véhicules rétro modernes sont plus larges que les modèles historiques originaux. Le fait est que les gens sont devenus plus grands, explique Diatlova.

« Aujourd'hui, seuls le cocher et une personne à l'arrière pourraient tenir dans une voiture d’époque. Et rappelez-vous que les dames portaient des jupes et des crinolines bouffantes, les cochers étaient assis dans d'énormes manteaux en peau de mouton. Les gens sont devenus plus grands et plus volumineux, nous ajustons donc les chariots aux paramètres modernes », explique-t-elle.

La plupart des voitures et traîneaux sont achetés par les propriétaires de maisons et de domaines coûteux, explique Diatlova. Le plus souvent, les clients sont des habitants de Roublevka, un quartier en banlieue de Moscou situé non loin de Griaz, qui est une des zones les plus cossues de Russie.

« Il y a un sport qui s’appelle la course de calèches. Il est considéré comme un luxe de prendre les rênes et de conduire soi-même une voiture à cheval, c'est presque un bijou. De plus, une bonne voiture peut coûter jusqu'à 20 millions de roubles si elle est décorée de tissus coûteux et de moulures en stuc doré. On nous en a commandé. C'est comme conduire une Bentley, mais en plus intéressant », explique-t-elle.

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