Cannes-Sotchi: quels sont les équivalents russes des villes françaises?

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Si au premier regard les villes russes n’ont que peu en commun avec leurs homologues françaises, dans leur symbolique, leur rôle au sein du pays ou leurs caractéristiques différenciatrices, il est possible d’entrapercevoir quelques liens insoupçonnables.

Paris – Moscou

Entamons notre comparatif par une évidence, qu’il convient tout de même de rappeler afin de dresser un tableau représentatif de nos pays.

La place centrale des deux capitales dans leur pays respectif est indiscutable, que ce soit au niveau institutionnel, économique ou démographique. Ainsi, en plus de regrouper l’ensemble des principaux organes étatiques, l’Île-de-France représentait en 2018 31% du PIB national, un taux se portant à 26% pour l’agglomération moscovite. Pourtant, ces deux entités administratives n’abritent respectivement « que » 19 et 13,6% de la population nationale.

Les deux mégalopoles s’imposent également comme les principaux pôles d’attractivité touristique de leur nation, avec, ен 2018, 23,5 millions de visiteurs pour la capitale russe et 35 millions pour la région parisienne.

Lyon – Saint-Pétersbourg

Il est toutefois un domaine dans lequel Paris et Moscou se font étonnamment voler la vedette par une ville de province. En effet, tandis que Lyon est parvenue à se hisser au rang de capitale gastronomique française, Saint-Pétersbourg apparaît comme le centre culturel de Russie.

Toutes deux se placent par ailleurs au second rang des villes les plus importantes de leur pays économiquement parlant : 1,7% du PIB national pour la métropole lyonnaise, 6% pour Saint-Pétersbourg.

Les deux villes ont également eu l’honneur d’avoir un jour été officiellement faites capitales, puisque si la « Venise du Nord » a endossé le titre de capitale de l’Empire de 1712 à 1918, Lyon, ou plus exactement Lugdunun, a quant à elle été celle des Gaules de 27 avant notre ère à l’an 297.

Il serait néanmoins tentant de faire le parallèle entre Saint-Pétersbourg et Marseille, figurant en deuxième position nationale pour leur poids démographique (5,4 millions d’habitants pour la première, 1,9 pour la seconde), ainsi que pour leur positionnement géographique sur le rivage d’une mer particulièrement stratégique pour le pays.

Aurillac – Oïmiakon

Permettons-nous à présent un fin trait d’humour avec cette comparaison certes quelque peu tirée par les cheveux, mais qui ne manquera pas d’esquisser un sourire sur votre visage.

Oïmiakon, bourgade située en République sibérienne de Sakha (communément appelée Iakoutie), peut se targuer d’être le pôle mondial du froid, lieu peuplé le plus glacial du globe, avec un record officiel de -67,7° établi en 1933.

Or, cela n’aura échappé à personne que, durant leurs bulletins météo, Évelyne Dhéliat ou encore Catherine Laborde pointent quasi systématiquement Aurillac, capitale de la Haute-Auvergne, lorsqu’il est question des températures les plus basses prévues pour le lendemain.

Le record enregistré dans cette commune fondée à 680 mètres d’altitude est cependant loin d’égaler son équivalent sibérien, n’étant « que » de -24,5° (1985).

Cannes – Sotchi

Mais regagnons sans plus tarder la route du Soleil et partons pour le Sud, vers deux incontournables cités de villégiature estivale : Cannes et Sotchi.

Lorsqu’est fait mention de la Russie, viennent généralement à l’esprit des Occidentaux de vastes plaines désertes et recouvertes de neige. Quelle fantaisie alors que d’y imaginer une ville côtière où prolifèreraient palmiers et vacanciers en maillot de bain. Pourtant, telle est Sotchi, s’étalant sur le littoral de la mer Noire.

Aussi, si Cannes fait annuellement parler d’elle grâce à son célèbre festival cinématographique, son équivalent russe a également vu son nom être ces dernières années de plus en plus fréquemment cité dans la presse. Depuis les Jeux olympiques d’hiver s’y étant tenus en 2014, la Russie semble, il est vrai, vouloir faire de cette cité l’une de ses nouvelles vitrines en y organisant de multiples événements internationaux : Jeux mondiaux militaires en 2017, Coupe du Monde de la FIFA en 2018, Forum d'investissement de Russie et premier sommet Russie-Afrique en 2019, et bien d’autres encore.

Bordeaux – Krasnodar

Non loin de là, se trouve par ailleurs la ville de Krasnodar, dont la situation à quelques dizaines de kilomètres du littoral peut être comparée à la distance séparant Bordeaux de l’océan Atlantique. Une bien maigre ressemblance me direz-vous ? Ce serait toutefois omettre le domaine de prédilection de ces deux localités : le vin.

Si la réputation de Bordeaux en la matière n’est plus à faire, la place de Krasnodar dans ce secteur reste méconnue, malgré une région regroupant 60% des plantations viticoles de Russie. En effet, si le vignoble bordelais est en tête avec une surface plantée de 119 000 hectares, celui de Krasnodar n’a pas à pâlir de n’en couvrir que 25 000, un nombre qui devrait qui plus est augmenter dans les années à venir, compte tenu des ambitieux projets formulés par les autorités locales.

À titre de comparaison, en 2018 ces deux regroupements d’exploitations ont respectivement produit 5,3 et 1,7 million d’hectolitres de ce breuvage.

Clermont-Ferrand – Petropavlovsk-Kamtchatski

Ce parallèle est, il est vrai, quelque peu simpliste, mais il méritait d’être évoqué.

Si l’Auvergne et la péninsule du Kamtchatka sont toutes deux appréciées pour leur nature époustouflante, il est un symbole que leur capitale, séparées par 8 800 kilomètres, ont en commun : les volcans.

Alors que cette région du centre de la France est parsemée de 83 de ces structures géologiques, celle de l’Extrême-Orient russe n’en compte pas moins de 300, dont une trentaine encore en activité. Ainsi, en janvier dernier, le Bezymianny, l’un des volcans les plus dangereux de la péninsule, entrait une fois de plus en éruption. La dernière manifestation avérée de ce genre dans le Massif central remonte quant à elle à 6 700 ans.

Ces points du globe faisant tout autant le bonheur des amateurs d’espaces sauvages, le choix entre eux deux ne dépend par conséquent que de votre degré de goût du risque.

Brest – Vladivostok

Ces deux villes ayant élu domicile sur les extrémités occidentale et orientale du continent eurasiatique ont bien plus en commun qu’on ne pourrait le penser. Tout d’abord, de par leur situation aux confins de l’Extrême-Orient russe et de la péninsule armoricaine, elles résonnent souvent dans l’esprit collectif comme des synonymes de bout du monde. De plus, si en raison de leur éloignement, s’y est développée une identité culturelle singulière, ces deux cités se sont toutefois, à travers l’histoire, toujours imposées comme des avant-postes de la culture nationale au sein de régions aux particularités ethniques et traditionnelles bien différentes : Brest en tant qu’îlot francophone dans une Bretagne brittophone, et la fondation de Vladivostok étant le point d’orgue de la conquête de la Sibérie par les Russes.

Cela a d’ailleurs été grandement conditionné par le rôle qui leur a été confié : celui de ports militaires majeurs. En effet, Vladivostok n’est autre que la base de la Flotte russe du Pacifique, tandis que la cité du Ponant héberge l’état-major du commandement de la Force Océanique Stratégique française et se partage avec Toulon les sous-marins nucléaires français.

En outre, les deux villes se rejoignent aussi dans leur physionomie, s’étalant toutes deux sur un territoire au relief marqué et disposant de deux ponts particulièrement remarquables, l’un en centre-ville, l’autre à l’extérieur de l’aire urbaine : le pont de l’Iroise (record du pont à haubans ayant la plus longue portée au monde à son inauguration) ainsi que le pont levant de Recouvrance, et le pont de l’Île Rousski (plus long pont à haubans du monde à son inauguration) et celui de la Corne d’Or.

Le Havre – Volgograd

Par son lourd passé, Brest pourrait également être rapprochée de Volgograd, plus connue en France sous son ancien nom : Stalingrad. En effet, toutes deux ont été quasiment entièrement rasées durant la Seconde Guerre mondiale. Ce destin a cependant aussi été celui du Havre, puisque cette dernière a été détruite à 82%, contre 90 pour son homologue russe.

De plus, elles ont été les théâtres de deux importants épisodes de ce terrible conflit : la bataille de Stalingrad, la plus sanglante de l’histoire, et le débarquement orchestré non loin de la ville portuaire normande.

Enfin, durant leur reconstruction, les deux cités martyres se sont chacune dotées d’une structure architecturale aux dimensions spectaculaire : l’immense statue de la Mère-Patrie (1959, plus haut monument de Russie, 85m, soit presque deux fois la statue de la Liberté sans son socle) et l’église Saint-Joseph (1956, 107 mètres), visible à plus de 60 kilomètres au large.

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