Promenade à travers le Lyon russe

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Reuters
Avec plus de deux millions d'habitants, Lyon est aujourd'hui la deuxième métropole de France. Elle attire les touristes par la grande variété de ses styles architecturaux et abrite des vestiges de nombreuses cultures, celle de Russie ne faisant pas exception.

Les traces des émigrés russes

La Révolution de 1917 marqua la première vague d'immigration de plus d'un million de Russes en Europe occidentale, dont environ trois mille, séduits par le secteur industriel local développé, s'installèrent dans la cité rhodanienne. C'est dans les locaux de l'ancien Hôtel de ville de Lyon que se réunirent en 1924 les premiers émigrés russes qui créèrent une paroisse orthodoxe sous forme d'une Association culturelle. Aujourd'hui, ce bâtiment abrite le Musée de l'imprimerie et de la communication graphique, le plus important musée français de l'histoire et des techniques de l'imprimerie.

Dénommée paroisse de la Protection-de-la-Mère-de-Dieu, elle restera dans ces locaux pendant plus de 40 ans. Aujourd'hui, c'est dans le 6e arrondissement qu’on peut la retrouver, dans la crypte de l'église Saint-Joseph des Brotteaux. Alexandre Davidoff, descendant d'une famille d'émigrés blancs né à Lyon et marguillier de la Paroisse, parle aujourd'hui d'une hausse importante du nombre de visiteurs : « L'église recommence à se remplir, c'est la nouvelle génération d'émigrés russes qui surgit aujourd'hui à Lyon et partout en France. Les Français, eux aussi, viennent voir de plus en plus nombreux les services orthodoxes pour assouvir leur curiosité. Certains reviennent régulièrement ».

Paroisse de la Protection-de-la-Mère-de-DieunMarina Shaymukhametova
Paroisse de la Protection-de-la-Mère-de-DieunMarina Shaymukhametova
Wikipedia.org/Alexmar983
 
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Dans la foulée de la paroisse de la Protection-de-la-Mère-de-Dieu, deux autres églises orthodoxes russes vont ouvrir leurs portes pour les Lyonnais. Dans le même quartier, on retrouve la paroisse Saint-Jean-le-Russe et les coupoles orthodoxes de l'église Saint-Nicolas qui fut également le centre de regroupement des Russes qui fuirent les bolchéviques au début du XXe siècle. C'est grâce à l'archiprêtre Victor Pouchkine que sa construction put avoir lieu. Aujourd'hui, il gît au cimetière de Cusset à Villeurbanne, où sont enterrés également de nombreux émigrés russes et leurs descendants lyonnais.

Le Lyon russe aujourd'hui

Il suffit de continuer un peu la promenade dans le 6e arrondissement pour se retrouver sur le Boulevard de la bataille de Stalingrad, dont le nom honore le grand événement qui marquale tournant de la Seconde Guerre mondiale et brisa l'invincibilité de l'Allemagne nazie. Les Lyonnais étant reconnaissants au peuple soviétique, la ville de Stalingrad ayant été honorée par une place du 7e arrondissement.

Connue également par la richesse de son secteur gastronomique, la ville de Lyon détient plusieurs épiceries de pays de l'Est, dont « Délices de la Caspienne », situé dans le 3e arrondissement, et « BER'EZKA » sur la Presqu'île. Ici, les Français peuvent profiter d'un large choix de spécialités de la cuisine russe : pryaniki (genre de pain d'épices), pélmeni (raviolis) caviar et légumes aigre-doux… sans oublier la vodka, bien évidemment.  

Facebook.com/Berezka
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Et pour plonger dans la culture slave et goûter le vrai borchtch tout en écoutant des chansons traditionnelles russes, rendez-vous dans le quartier du Vieux Lyon où se situe aujourd'hui le fameux restaurant « Sainte Russie », n°1 des restaurants russes dans « Le classement des Lyonnais ». La propriétaire Irina Menenkova témoigne d'un intérêt sans précédent pour les « dîners à la russe » : « Pour venir manger chez nous un samedi soir, il faut réserver au moins dix jours à l'avance, et c'est grâce à la qualité des repas, mais aussi à nos clients, que nous sommes devenus aussi célèbres dans la région lyonnaise ».

Crédit : Marina ShaymukhametovaCrédit : Marina Shaymukhametova

À la question de savoir si le restaurant est surtout fréquenté par les Russes, Irina dit : «  Pas du tout, 99% de nos clients sont des Français. Nous organisons des concerts et nombreux sont ceux qui viennent pour manger une bonne soupe et écouter des chansons traditionnelles russes ».

La première salle est décorée avec des châles de Pavlov Possad et des samovars peints de khokhloma. En descendant, on se retrouve dans un endroit qui rappelle le début du XXe siècle : de grandes bougies trônent sur les tables, les murs sont ornés de portraits de tsars et les peintures font nous transportent dans les paysages typiques russes. Outre le borchtch, le menu propose un large choix de salades traditionnelles et de plats chauds : goloubtsi, volaille à la Stroganov, pelmeni… accompagnés de bonne musique, bien sûr. Ce riche héritage de la culture russe arrivé à Lyon au début du XXe siècle est bien présent, et ne manquera pas de dépayser les habitants et les hôtes de la ville. 

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