Comment les Russes ont changé ma vie: témoignage de l’Autrichien Roman

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L’inspecteur technique Roman est venu en Russie dans les années 1990 et a alors eu une première impression terrible de la ville; dix ans plus tard, il s’y est de nouveau installé et il ne l’a pas regretté. Il s’est même aventuré dans des régions très reculées de Sibérie et d’Extrême-Orient…

La première fois que je suis venu en Russie, j'ai été choqué ! Imaginez : Moscou, les grands bouleversements de la Perestroïka, un service épouvantable à l’aéroport, des chauffeurs de taxi fous à lier. La chambre d'hôtel que j'avais réservée était vide, j'ai donc dû en demander un autre ! À ce moment-là, je pensais que je ne reviendrais jamais dans ce pays…

Une toute nouvelle vie

Cependant, en 2010, le directeur de l'usine de bulldozers Liebherr, où je travaille maintenant en tant qu'inspecteur technique pour le service clientèle, me demande de me rendre en Russie pour assister nos stations de maintenance locales. Et… je n’ai pas tardé à dire « Oui, pourquoi pas ? » Je voyage dans le monde entier depuis 33 ans pour le compte de l’usine - j’ai été en poste dans plusieurs pays. J’ai réfléchi pendant quelques instants : « Ca ne peut pas être si terrible que ça… ».

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Aujourd'hui, je dirais que c'était la bonne décision. Je suis revenu à Moscou et j'ai vu une nouvelle Russie. J'ai été impressionné de voir à quel point le pays avait changé et comment les gens m'ont accueilli. Je peux confirmer avec certitude qu’aucun cliché selon lequel la Russie est un pays dangereux ou peu sûr n’est vrai.

Je ne peux pas énumérer tous les endroits où j'ai voyagé au cours des huit dernières années. La Russie étant mon pays le plus important, je voyage de Moscou à Saint-Pétersbourg, Arkhangelsk, Novy Ourengoï, Petchora, Novossibirsk, Kemerovo, Neryoungri, Vladivostok, Magadan, Sakhaline, Nakhodka et de nombreux autres lieux.

Des petits villages aux grandes villes, des zones d’exploitation aurifère de Magadan et des mines de charbon du Kouzbass aux exploitations forestières de Komsomolsk-sur-Amour… Toutes les villes et tous les villages ont leur propre visage. Le port gelé de Vladivostok, l’immense mine de Mirny, ou Sotchi en été, sont tous des endroits étonnants.

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Pourquoi les Russes sont des loups

Le vrai homme russe ressemble à un loup. Si vous êtes dans son cercle, il se battra avec et pour vous. Mais il est toujours en chasse. Pour moi, les Russes sont aujourd'hui totalement différents de ce que j'ai vu auparavant. J’ai vécu en Iran, au Brésil et aux États-Unis, j’ai fait de nombreux voyages de courte durée dans d’autres pays et j’ai pensé que je savais ce que sont les voyages de longue distance. Mais venir en Russie a changé ma vision.

Nous nous rendons dans des endroits difficiles à atteindre, où les touristes n’iraient jamais. Nous avons volé en hélicoptère jusqu’à Nakyn, un endroit de Sibérie célèbre pour ses diamants. Mais ce n'est pas l'expérience la plus mémorable. Se réveiller à -62 ° C est assez incroyable! Ouaou, il faisait si froid – j’ai encore des frissons quand j'y pense aujourd'hui. L’endroit le plus sauvage dont je me souvienne est un site d’exploitation forestière situé à environ 300 à 400 km au nord de Komsomolsk-sur-Amour. Il n'y a pas de routes. Les personnes qui y travaillent font, à mon avis, le travail le plus difficile. Ils vivent au milieu de la forêt sans magasins. Je ne sais pas comment ils s’en sortent.

Personnellement, j’apprécie les petits endroits isolés (comme la ville de Neryoungri en Iakoutie). Les habitants vivent avec beaucoup moins que nous. Ils sont tellement ouverts et amicaux que si vous arrêtez votre voiture au milieu de nulle part, des conducteurs viendront vous voir spontanément et vous demanderont si tout va bien, en offrant leur aide.

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J'ai pris 36 heures de cours de russe en Autriche, je sais lire et je peux commander les choses au quotidien, mais mon russe est toujours très limité. Heureusement, partout où je vais, je suis accompagné d’un traducteur.

Tous mes collèges des différentes stations de maintenance qui voyagent à mes côtés prennent soin de moi. À ce stade, je tiens à remercier Denis Ternikov, gestionnaire de services Liebherr, pour le soutien précieux qu’il m’a apporté au cours de mes voyages dans toute la Russie.

Ne pas oublier la vodka

La nourriture européenne ne me manque jamais en Russie. Même à Magadan, où nous devons cuisiner nous-mêmes (dans les magasins locaux, tu peux obtenir tout ce dont tu as besoin). Denis, le premier à voyager en Russie avec moi, a déclaré : « Roman, tout ce dont tu as besoin en Russie, c'est d’un peu de pain, d’un peu de beurre et de 250 g de vodka ! »

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En général, je passe environ 150 à 200 jours chaque année en Russie. Mon excellente relation avec tous mes collèges m'aide à survivre ici.

J'ai vu tellement d'endroits incroyables, rencontré tant de gens sympas… et je me suis beaucoup amusé. Vous ne pouvez tout simplement pas rester la même personne après avoir parcouru le plus grand pays du monde !

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