Retour à la patrie: ce qui vous surprendra à Moscou après un an à l’étranger

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ARSENI KALACHNIKOFF
Le reporter Russia Beyond vit aux États-Unis depuis plus d’un an et, après son retour, a dû s’adapter aux nouvelles réalités de la capitale russe.

En quittant Moscou il y a un an, je savais que je retournerais dans un autre pays : la Russie change rapidement. Nous sommes passés de la triste stabilité des années 1980 à la liberté illimitée et au chaos de la perestroïka, des années 90 riches en pétrole avec les oligarques grassouillets et leurs petites amies à la réincarnation et à la suprématie de la bureaucratie. Maintenant, ce sont les geeks et les hipsters qui dictent le rythme du changement.

Vélos sur les trottoirs

Les bicyclettes n’ont jamais été très populaires dans la capitale russe : les hivers y sont rudes. Imaginez-vous en train de rouler à vélo sur les couches de neige à -30 ° C en janvier. La saison cycliste est courte. J'ai eu un vélo pendant des années. En été, je roulais dans un parc local parce que la circulation à Moscou était intense et que les automobilistes n’étaient pas habitués à partager la route avec les cyclistes.

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Quelque chose a commencé à évoluer il y a quelques années. Certains passionnés se réunissaient occasionnellement pour une balade de nuit. Récemment, le gouvernement de Moscou, qui a essayé toutes les solutions possibles et imaginables pour réduire le trafic, a introduit CityBike, un système de partage de vélos, comme aux États-Unis et en Europe.

Les Russes sont ouverts aux nouvelles initiatives : CityBike est si populaire maintenant que presque tout le monde l'utilise. Mais comme rouler sur les routes pendant la journée est un peu dangereux et que personne ne veut être renversé par une voiture, les cyclistes envahissent les trottoirs. Plusieurs fois, j'ai été effrayé par une bicyclette déboulant de manière inattendue dans mon dos.

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Livraison de nourriture

Un autre ajout visuel à la ville, ce sont les personnes en uniforme jaune sur les scooters. Ce sont des employés de Yandex.Eda, le service de livraison de nourriture de Yandex, l’une des plus grandes entreprises technologiques de Russie. Au début de l’année 2017, la société a fusionné avec Uber et a pris le contrôle total d’Uber Eats.

À partir de fin mai, un nouveau service a été lancé à Moscou. Plus de 2 000 sites, de McDonald’s au Pouchkine, l’un des restaurants phares de la capitale, participent désormais au projet.

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Les services de livraison de nourriture sauvent la journée dans la capitale russe, où les distances sont énormes. Si vous êtes végétalien, comme moi, vous pourriez vous retrouver dans un désert gastronomique : les fruits et légumes des rayons des supermarchés de Moscou ne sont pas particulièrement tentants. Les meilleurs se trouvent sur les marchés, comme le Danilovski, mais il n’est pas toujours pratique de voyager là-bas.

Heureusement, il existe de nombreux services de livraison de fruits et légumes frais dans la capitale, tels que LavkaLavka et Moscow.Fresh. Ce dernier a été lancé récemment par Lev Voloj, le fils d’un des fondateurs de Yandex. Il existe également d'autres services de livraison qui vous apportent de la nourriture des petites fermes de la région de Moscou.

Nouvelles stations de métro

Il y a une autre raison pour laquelle je me suis senti comme un étranger revenant à Moscou : les nouvelles stations de métro. Dans n'importe quelle capitale mondiale, il y a deux villes, l'une en surface et l'autre souterraine. Nous autres, les piétons, nous devons nous concentrer sur les deux.

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En revenant, je pouvais difficilement reconnaître la carte du métro. De nombreuses nouvelles stations ont été ouvertes à Moscou cette année, y compris près de ma maison, CSKA, du nom du grand club de sport russe. Elle est flambant neuve et ressemble à un mélange de vaisseau spatial et de stade de l’époque soviétique.

Au total, fin 2018, la ville ouvrira 21 nouvelles stations de métro, soit 51 kilomètres sous la surface. Jamais autant de stations de métro n’ont été ouvertes à Moscou en si peu de temps. J’en viens même à rêver d’un programme d'orientation dans le métro ou d’une excursion pour ceux qui reviennent de l’étranger…

Jours «sans taxe»

Moscou est une ville super connectée : il y a une application pour à peu près tout, tous les magasins ont des terminaux PayPass, et même les vieilles grand-mères commencent à apprendre à payer avec leur téléphone. C’est pourquoi il est extrêmement étrange qu’un nombre croissant d’entreprises, en particulier les restaurants, n’acceptent pas les cartes de crédit certains jours.

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Il y a un certain nombre d’excuses des serveurs, comme « le terminal vient de tomber en panne ». En fait, les propriétaires préfèrent simplement les espèces. Je mange presque tous les jours dans mon restaurant préféré sur les étangs du Patriarche et, devinez quoi, le terminal était régulièrement en penne les mardis et les jeudis et fonctionnait parfaitement tous les autres jours.

Il semble que malgré les nouvelles technologies, les anciennes méthodes restent les meilleures et, peut-être, constituent une nouvelle voie pour les entreprises de Moscou afin d’aller de l’avant.

Pour avoir un plus ample aperçu des contrastes moscovites, contemplez l’époustouflante vidéo se trouvant dans cette autre publication signée Russia Beyond.