Brisons les stéréotypes: le guide ultime des idées reçues sur la Russie (volume 2)

Natalya Nosova
Il est parfois difficile de se faire une image précise d’un pays sans y avoir vécu plusieurs années. Aussi, de nombreux clichés sont depuis longtemps véhiculés au sujet de la Russie. Mais qu’en est-il réellement ? Russia Beyond démêle pour vous le vrai du faux.

1. La Russie est pauvre.

Alors que la Russie, en tant que pays, est loin d’être pauvre, nombreux sont les Russes à avoir du mal à joindre les deux bout. La situation n’est cependant pas si terrible que cela. Dans le classement des pays en fonction du PIB nominal, la Russie se place 12ème, et il compte plus de 180 000 millionnaires (en dollars américains).

La Russie a cependant le plus grand écart de revenus au monde. Selon la Chambre des comptes de Russie, en 2017, plus de 22 millions de personnes (près de 15% de la population) se trouvaient sous le seuil de pauvreté, avec environ 5 millions de personnes gagnant moins de 1 600 dollars (1 350 euros) par an.

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2. Les épiceries russes sont presque vides.

La Russie est vaste et la situation économique varie d’une région à l’autre. Il est vrai qu’en URSS il n’était pas rare de voir des rayons vides dans les magasins, mais ce n’est guère plus le cas. À Moscou, Saint-Pétersbourg et dans les autres grandes villes la nourriture est abondante et variée. De plus, pour ce qui est des produits frais, il existe également bon nombre de marchés de producteurs.

3. Le Russe moyen a des problèmes avec la loi et est proche de la mafia.

La mafia russe est un élément très répandu dans les films hollywoodiens, mais en réalité les Russes en voient de moins en moins l’influence. Après les tumultueuses années 90, la plupart des gangsters ont été mis en prison ou tués, et l’on n’entend que rarement des coups de feu dans la rue. De plus, il n’est pas donné à tout le monde de rejoindre une bande de criminels, puisque ces derniers ne font pas confiance aux citoyens ordinaires.

Au contraire, près d’un million de Russes servent leur pays en tant que policiers, ce qui en fait la troisième force de police au monde (après la Chine et l’Inde, et ce qui représente le plus haut taux de policiers par tête (623 agents pour 100 000 habitants). De nombreux Russes par contre ont bel et bien des soucis avec la loi, notamment pour dettes non payées et infractions au code de la route.

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4. Les Russes disent «na zdorovié» au moment de trinquer.

Pas du tout. En fait, la seule mention de ces mots irritera tout Russe lassé de ce stéréotype. Dire « na zdorovié » pour porter un toast n’a aucun sens. Cette expression est généralement utilisée en réponse à quelqu’un vous disant « spassibo » (merci), et signifie alors plus ou moins « de rien ».

Pour trinquer, les Russes peuvent dire « za zdorovié » (à la santé), mais cela devient trop formel de nos jours. Des toasts plus spontanés existent, tels que « davaï ! » (allez !), « poïékhali ! » (c’est parti !) ou même le très soviétique « vzdrognеm ! » (littéralement « frissonnons ! »), car c’est ce que l’on fait après avoir vidé un bon verre de vodka. Et ne soyez pas surpris si après un toast ou deux, tout le monde commence à boire sans en prononcer, c’est tout à fait normal.

5. Des ours arpentent en permanence les rues de Russie.

Même s’il n’est pas rare qu’un ours ou un élan s’introduise dans un village ou une ville reculée, les ours ne sont pas si fréquents que cela dans les rues. Ils seraient de toute façon rapidement neutralisés avec du tranquillisant par la police. Néanmoins, certains Russes sont parvenus à domestiquer ces imposants mammifères pour en faire leur animal de compagnie.

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6. Les Russes ont une âme mystérieuse.

Personne en Russie ne comprend réellement ce qu’est la fameuse mystérieuse âme russe. Le concept a été imaginé par des écrivains nationaux du XIXe siècle tels que Tolstoï et Dostoïevski, qui ont exploré le mystère des ethnies russes et de leur mode de vie en rédigeant leurs nouvelles psychologiques.

L’idée de l’« âme russe » sous-entend que les Russes ont leur propre façon de vivre, alternative à celle de l’Occident. En URSS, cette théorie n’avait pas sa place dans la vision du monde des communistes, mais après la Perestroïka elle a été réintroduite dans le cadre de la quête pour l’identité nationale. L’idée centrale est que, influencée à la fois par les valeurs occidentales et orientales, la Russie choisit toujours sa propre « troisième voie ». Mais personne n’est parvenu à identifier ce dont il s’agit exactement.

7. Tous les Russes sont surveillés par le KGB.

Déjà, le KGB n’existe plus. Aujourd’hui, le FSB (Service fédéral de sécurité) a hérité de plusieurs de ses fonctions. Depuis l’époque soviétique des rumeurs subsistent quant au fait que si vous prononcez des mots clefs au téléphone, tels que « bombe » ou « exploser », la police commencera à enregistrer vos conversations. Mais c’est une simple légende.

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Avec les nouvelles technologies, comme le traçage d’adresse IP, les caméras dans les rues et les voitures, la surveillance n’a jamais été aussi facile à mettre en place. Mais il faut faire quelque chose de réellement grave pour attirer l’attention des autorités, pour la seule raison que la surveillance est onéreuse. Une personne surveillée est généralement suspectée de liens avec une activité terroriste, ce qui est contrôlé avec minutie.

Par ailleurs, nombreux sont les anciens officiers du KGB à jouer un rôle majeur dans la politique russe contemporaine.

Après tout, les Russes sont-ils si différents des autres nations? Pour répondre à cette question, suivez le lien suivant.

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