Six Américains qui ont vécu dans la Russie impériale

National Archives and Records Administration; Domaine public
Peu d'Américains ont vécu dans la Russie impériale, la plupart d'entre eux étaient des diplomates travaillant l'ambassade américaine. Mais il y avait des exceptions, comme le fondateur de la marine américaine et l’un des plus grands peintres et graveurs. 

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John Paul Jones

Fondateur de la marine américaine ; amiral russe 1788-90

Jones a été personnellement invité en Russie par Catherine la Grande, car il avait déjà acquis une renommée mondiale à la fin des années 1770 pour ses victoires navales. Né en Écosse, Jones a d'abord combattu les Anglais au nom de la liberté des États-Unis, mais il s'est senti désœuvré une fois la guerre d'indépendance américaine terminée en 1783.

Après la guerre, alors qu'il était à Paris, la Russie a offert à Jones un poste d'amiral. Il fut envoyé en mer Noire pour combattre les Turcs. Catherine II a écrit que Jones « nous amènera à Constantinople » et l'a nommé Павел де Жонес (Pavel de Jones). En tant qu'amiral sur le vaisseau à 24 canons Vladimir, Jones a repoussé les forces ottomanes lors de la bataille d'Otchakov.

Cependant, plusieurs anciens officiers de marine anglaise servant également dans la marine russe ont fait de leur mieux pour susciter l’hostilité du prince Grigori Potemkine contre Jones, qui a ensuite été rappelé à Saint-Pétersbourg. En juin 1788, Jones a reçu l'Ordre de Sainte-Anne, mais a été prié de quitter la Russie. En mai 1790, il rentre à Paris, toujours en tant qu’amiral russe, avec une pension d'État. Il meurt à Paris en 1792, à 45 ans, alors que la France était prise dans les bouleversements de la révolution.

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John Quincy Adams

6e président américain ; ambassadeur en Russie 1809-1814

John Quincy Adams était le fils du président John Adams. Il s'est rendu pour la première fois en Russie en 1781 en tant qu'interprète de langue française pour Francis Dana, qui était l'envoyé en chef des États-Unis alors non reconnus.

En 1809, Adams est finalement revenu en Russie en tant que premier ambassadeur officiel des États-Unis et s’y trouvait pendant l'invasion de Napoléon. Il a flâné le long des rives de la Neva avec l'empereur Alexandre et a visité l'observatoire de l'Académie des sciences de Russie à Poulkovo. Malheureusement, la petite fille d’Adams est décédée à Saint-Pétersbourg, où elle est enterrée.

Plus tard, de retour aux États-Unis, Adams est devenu sénateur, secrétaire d'État puis président. En outre, Adams a aidé l'auteur du dictionnaire Noah Webster à obtenir des livres sur la grammaire et le vocabulaire russes. Adams est également considéré comme celui qui a lancé l’étude de la Russie, de sa langue et de sa culture aux États-Unis.

James Buchanan

15e président américain ; ambassadeur en Russie 1832-1833

Fils d'immigrants irlandais et vétéran de la guerre contre les Britanniques en 1812, James Buchanan est devenu ambassadeur en Russie en 1832. Le président Andrew Jackson lui a ordonné de négocier un traité commercial avec la Russie.

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Usant de son charisme et son talent, Buchanan a convaincu le chancelier-comte Nesselrode de surmonter l'opposition des ministres russes des Finances et de l'Intérieur. Ainsi, un compromis a été atteint : le traité prévoyait l'extradition des marins russes qui tentaient de déserter dans les ports américains. Jusqu'au début du XXe siècle, le traité de Buchanan était la base des liens commerciaux entre la Russie et les États-Unis.

« Les relations amicales qui ont toujours perduré entre les États-Unis et la Russie ont été encore étendues et renforcées par le traité de navigation et de commerce conclu le 6 décembre 1832 [...] il ajoute de nouveaux motifs à cette amitié mutuelle que les deux pays ont jusqu'ici chérie », a déclaré le président Jackson au Congrès.

Après ses deux années à Saint-Pétersbourg, Buchanan fut plus tard sénateur pour trois mandats puis président de 1857 au début de 1861, précédant Abraham Lincoln.

James Whistler

James Whistler

Artiste célèbre qui a vécu en Russie, 1844-1849

En 1842, George Washington Whistler, un ingénieur américain, a été invité en Russie pour construire le chemin de fer entre Saint-Pétersbourg et Moscou. À partir de 1844, son fils, le futur artiste James Whistler, prend des cours particuliers à l’Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg avec Alexander Koritski, l’un des élèves et assistants favoris de l’artiste Karl Brioullov.

La mère de Whistler a écrit plus tard que son fils avait fait la connaissance de nombreux artistes russes et que Brioullov était souvent invité dans leur appartement de la rue Galernaïa. En outre, le jeune Whistler appréciait les sorties en famille à Tsarskoïe Selo et Peterhof ; et il a vu le célèbre Dernier jour de Pompéi de Brioullov à l'Académie des Beaux-arts, ainsi que des peintures de paysages marins d'Ivan Aïvazovski.

C’est la Russie qui a poussé Whistler à faire de l'art sa profession et, pendant son séjour dans ce pays, il a commencé à peindre. « J'espère, cher Père, que vous ne vous opposerez pas à mon choix de peintre, car je souhaite tellement en être un », a écrit le jeune Whistler dans une lettre.

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Alors que le père de Whistler bénéficiait d’un bon salaire versé par le tsar pour son travail sur le premier chemin de fer de Saint-Pétersbourg à Moscou, le séjour de la famille a été interrompu par une tragédie. Deux jeunes enfants de la famille Whistler sont morts, ainsi que leur père, et en 1849, Whistler et sa mère ont quitté la Russie, emportant les trois corps avec eux.

Depuis son nouveau domicile, à Londres, le jeune Whistler a continué de manifester son admiration pour son professeur d'art russe, Koritski. Bien qu'il soit resté en Grande-Bretagne, il est considéré comme l’un des plus grands artistes américains.

Cassius Clay

Cassius Clay

Membre fondateur du Parti républicain ; ambassadeur en Russie 1861-1869

Au cours des années 1840, Clay a été élu au Congrès de son Kentucky pro-esclavagiste, mais finalement, ses vues anti-esclavagistes lui ont coûté son poste et il a fait face à deux tentatives d'assassinat de démocrates locaux. Figure marquante, Clay portait toujours un couteau et deux pistolets pour se protéger.

Membre fondateur du Parti républicain, Clay a aidé à élire Abraham Lincoln comme président à la fin de 1860. Il a ensuite servi comme ambassadeur de Lincoln en Russie, et a été témoin de l'édit du tsar qui a libéré les serfs. En fait, Clay fut ambassadeur en Russie à deux reprises : d'abord de juillet 1861 à juin 1862, puis de mai 1863 à octobre 1869.

Plus important encore, Clay a obtenu le soutien de la Russie pendant la guerre civile ; il éprouvait des sentiments chaleureux envers ce pays, estimant que les deux nations étaient unies par quelque chose de plus que la géopolitique. Après le retour de la flotte russe d’une visite fructueuse aux États-Unis, Clay a déclaré que l'accueil chaleureux des Américains avait été la reconnaissance de notre « cause commune pour le progrès de l'humanité ».

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Andrew D. White

Andrew D. White

Fondateur de l'Université Cornell ; diplomate en Russie 1853-55 et 1892-94

Après avoir obtenu son diplôme à Yale en 1853, White est devenu attaché junior à l'ambassade des États-Unis à Saint-Pétersbourg. Dans ses mémoires, White fournit moult détails sur les cérémonies et événements de l'ère impériale, tels que la mort et l'inhumation du tsar Nicolas Ier, ainsi que l'avènement de son fils, Alexandre II.

En mars 1855, White a visité la villa de campagne du ministre des Affaires étrangères Nesselrode et a plus tard écrit qu’il avait été impressionné par la beauté et la variété de ses plantes. Le 22 avril 1855, White a inspecté le prestigieux corps des cadets, visité les dortoirs et les salles de classe et remarqué : « Nous avons commencé notre visite de l'immense institution dans laquelle sont éduqués des garçons de tous âges pour l'armée ».

Après un certain temps en Russie, White est retourné aux États-Unis et, en 1865, a réalisé son rêve d'une université d'État basée à New York en fondant l'Université Cornell. Plus tard dans sa vie, il est retourné en Russie en tant qu'ambassadeur (1892–1894), une mission qui a coïncidé avec la famine dans la région de la Volga. White a aidé à coordonner les activités d’un Comité des USA qui a fourni du grain américain aux zones sinistrées.

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