Le destroyer russe Novik, le plus rapide de son temps, retrouvé 77 ans après son naufrage

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Destroyer le plus rapide de son époque, le Novik a connu la gloire lors des deux Guerres mondiales, avant de sombrer dans les profondeurs du golfe de Finlande lors de l’une des plus périlleuses missions de la Marine soviétique. Il a cependant refait surface il y a peu.

Le légendaire destroyer russe Novik, connu sous le nom de Iakov Sverdlov en URSS, a été coulé par une explosion de mine en 1941. 77 ans plus tard, le 16 juin dernier, il a cependant été retrouvé grâce aux efforts conjoints d’équipes russes et finlandaises.

Le destroyer le plus rapide

Mis à l’eau en 1910, le Novik était le destroyer le plus moderne de la Flotte russe de la Baltique. Avec une vitesse de 37,3 nœuds (environ 69 km/h), il s’imposait comme le plus rapide du monde au début de la Première Guerre mondiale. Lorsque cette dernière a éclaté, le Novik a principalement été utilisé pour miner les accès aux principaux ports russes dans la Baltique.

Nicolas II inspecte le Novik

Le 4 août 1915, le Novik a remporté une victoire contre deux destroyers allemands de types V-99 et V-100, qui étaient parvenus à franchir ces zones minées. Par la suite, le destroyer a pris part à la chasse aux convois allemands dans la baie de Bråviken, près de Norrköping (Suède), ainsi qu’à la défense infructueuse de l’archipel de Moonsund (Estonie) en octobre 1917.

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Durant la période d’entre-guerres, le Novik n’a toutefois pas été relégué au second plan. Au contraire, il a subi plusieurs modernisations compètes, lui permettant d’accroître significativement sa capacité de déplacement et sa puissance de feu. Le 13 juillet 1926, il a par ailleurs été renommé « Iakov Sverdlov », en l’honneur de l’un des chefs de file révolutionnaires de Russie.

Au début de la Grande Guerre patriotique (1941-1945), le navire a ensuite escorté des convois soviétiques, chassé des bateaux et sous-marins ennemis et fourni une assistance de tir aux troupes au sol. Durant quelques temps, il a été considéré comme le principal vaisseau de la flotte soviétique de la Baltique.

Le 28 août 1941 a néanmoins mis fin à la glorieuse histoire du Iakov Sverdlov. Le destroyer a en effet participé à l’évacuation d’envergure de Tallinn, où 225 navires, comprenant à leur bord des unités du 10ème corps de carabiniers, ont tenté d’atteindre Kronstadt, qui se trouvait massivement assaillie par les forces aériennes allemandes et finlandaises. Les Soviétiques ont alors perdu 60 vaisseaux et 8 000 hommes.

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Or, le Iakov Sverdlov a été l’un des navires coulés lors de cet épisode tragique, touché par une mine et ayant sombré dans les flots près de l’île de Mohni, dans le golfe de Finlande. 114 membres de l’équipage et passagers ont ainsi péri.

À la recherche de la légende

Durant des années, l’exact emplacement du mythique destroyer est resté inconnu. Néanmoins, le Iakov Sverdlov a finalement récemment été retrouvé grâce aux efforts de l’historien russe Mikhaïl Ivanov.

Ce dernier a en effet fait la découverte d’informations dans les archives allemandes au sujet d’un prétendu bombardement du sous-marin Chtch-406 en 1943, à proximité de la péninsule estonienne de Juminda. Toutefois, ce sous-marin avait d’ores et déjà été coulé près de l’île de Bolchoï Tiouters, au milieu de golfe de Finlande. Ainsi, il s’est avéré que ce que les pilotes de la Luftwaffe avaient pris pour un sous-marin soviétique n’était autre que le destroyer Yakov Sverdlov.

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Le 16 juin 2018, une action conjointe, menée par les Russes de l’expédition Hommage aux navires de la Grande Victoire et les Finlandais de l’organisation de recherches et d’opérations sous-marines SubZone, a permis de confirmer la localisation du navire.

La coque du destroyer, qui repose à une profondeur de 75 mètres, a été brisée en deux par l’explosion. Sur la poupe, les plongeurs ont clairement pu apercevoir le nom du navire, Iakov Sverdlov, ainsi que l’emblème de l’Union soviétique. Ils ont en outre rapporté la présence de plusieurs pièces d’artillerie 102 mm. Les équipes ambitionnent d’effectuer encore différentes sorties de plongée afin d’examiner plus en détails l’épave.

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