Cinq raisons de visiter le pavillon russe de la Biennale architecturale de Venise

Pavillon de la Russie
Vous avez opté pour un voyage en Italie plutôt qu’en Russie? Pas de soucis, le 26 mai, la Biennale internationale d’architecture de Venise, l’un des événements artistiques les plus prestigieux d’Europe, a ouvert ses portes. Or, Russia Beyond vous explique pourquoi il vous faut absolument faire un tour au pavillon russe si vous êtes dans les parages.

« Il y a une particularité de la créativité contemporaine russe consistant à inventer une idée intéressante et sérieuse mais à n’en réaliser que la première variante qui, assurément, nécessite un perfectionnement et une exécution idéale. Ici, je n’ai aucune prétention au sujet du pavillon de la Russie, tout est pensé et fait à la perfection, des petites légendes à la grandiose vidéo », a confié à Russia Beyond Zelfira Tregoulova, directrice de la Galerie Tretiakov, à Moscou.

Le thème général de cette 16ème édition de la Biennale est « Freespace » (Espace libre), sur lequel le curateur du pavillon russe Semion Mikhaïlovski n’a pas hésité à jouer, combinant architecture, histoire, art et avenir des espaces urbains et des gares, ces dernières étant en quelque sorte un repère dans les infinies étendues ouvertes de Russie.

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À présent, voici donc pourquoi le pavillon de la Russie est actuellement un incontournable de cet événement se tenant du 16 mai au 25 novembre dans la ville des célèbres canaux et gondoles.

1. Admirer la première gare impériale, où s’est produit Johann Strauss II

La première gare de l’Empire russe a été inaugurée en 1838, à Pavlovsk, à environ 30 kilomètres de Saint-Pétersbourg, où se trouvait l’une des résidences d’été des tsars. La gare a donc non seulement servi de point d’accueil des trains reliant la capitale de l’époque mais aussi de salle de concert et de ballet. Ainsi, de nombreux musiciens et compositeurs renommés de l’époque, et notamment l’Autrichien Johann Strauss II, s’y sont produits.

Le bâtiment néobaroque a cependant été entièrement détruit durant la Seconde Guerre mondiale, mais a été reconstitué sous la forme d’une maquette artistique spécialement pour le pavillon russe de Venise.

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2. Voir comment les artistes d’aujourd’hui rendent l’architecture passionnante

La gare de Pavlovsk n’est pas le seul objet d’art de l’exposition. Le stéréotype « une exposition architecturale avec des maquettes, photos et croquis, c’est ennuyant », se brise littéralement grâce à l’astucieuse combinaison de tout cela avec les œuvres d’artistes contemporains.

On trouve en effet ici du vidéo mapping dynamique (projection de vidéos ou de lumières sur des volumes) réalisé par l’artiste Ardena Valda, au sujet de l’histoire des chemins de fer russes, ou encore des installations à partir de valises et de cabines de consignes à bagages soviétiques, ainsi que des murs ornés de graffiti imaginés par Anatoli Akouïé, attribus indissociables des gares et tunnels d'aujourd'hui.

3. Effectuer un voyage en train Moscou-Vladivostok en 7 minutes

Il est également possible de visionner une vidéo de voyage tournée par le réalisateur Daniil Zintchenko. Intitulée « 7 jours en 7 minutes », cette œuvre est, au-delà d’un voyage cinématographique, avant tout une histoire personnelle de son auteur. En effet, il y a quelques années, Zintchenko a retrouvé son grand-père sur Facebook, capitaine de long cours, qu’il n’avait jamais rencontré et qui vivait à Vladivostok.

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« J’ai décidé de me rendre en Extrême-Orient à la rencontre de mon grand-père, et d’y aller précisément en train, pour ressentir l’immensité infinie de la Russie, tout comme mon grand-père avait ressenti l’infini du monde lors de ses lointains voyages maritimes », confie le réalisateur.

La directrice de la Galerie Tretiakov, Zelfira Tregoulova, a qualifié cette vidéo non seulement d’excellent objet d’art visuel mais aussi de bon exemple d’utilisation appropriée du placement de produit dans l’art : « Le logo du sponsor, les Chemins de fer de Russie, mène ici sa propre vie dans l’art ».

4. En apprendre plus sur les virées en train russe de Léon Tolstoï et David Bowie

Dans la salle voisine vous pourrez examiner une autre installation artistique baptisée « la Crypte des souvenirs ». Encastrées dans un mur, s’y trouvent des capsules issues des consignes de la gare de Moscou, à Saint-Pétersbourg et datant de l’URSS. Dans ces caisses brutes, sont entreposées des artefacts de la gare et l’histoire de passagers célèbres, tels que les tsars Alexandre III ou Nicolas II, David Bowie ou encore Fidel Castro.

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Ici, vous aurez l’opportunité d’apprendre par exemple que Léon Tolstoï détestait voyager en train et que ce sont précisément ces trajets qui, comme l’a avancé son médecin personnel, ont entrainé la mort de cet illustre écrivain de 82 ans, qui avait en effet pris froid dans un wagon. Ou encore comment Mao Zedong était monté à bord d’un train spécial pour sa rencontre avec Joseph Staline, en espérant s’assurer le soutien du leader soviétique.

5. Comprendre comment parcourir en train 800 kilomètres en 3h30

Bien entendu, aucun pavillon de la biennale ne peut se passer de projets pour l’avenir. Sur celui de la Russie, il s’agit du train Moscou - Kazan, d’une valeur d’environ 17 millions de dollars.

Son projet avec les gares et arrêts sur cette ligne longue d’environ 800 kilomètres a été présenté par l’architecte Nikolaï Choumakov. Ce dernier promet que les trains s’y déplaceront à une vitesse de 360 km/h, ce qui permettra de réaliser prochainement ce trajet en 3h30 seulement.

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