Le chat de Pallas, félin sauvage le plus grincheux de Russie, en dix faits

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Il pourrait être si tentant de vouloir caresser ce chat duveteux et joueur au regard expressif! Malheureusement, il ne supporte pas du tout les humains et a pour cela ses raisons.

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L’amour de la solitude

Si les chats tenaient des réseaux sociaux, le manul (aussi appelé « chat de Pallas », du nom du naturaliste Peter Pallas l’ayant décrit au XVIIIe siècle) aurait pour statut préféré « difficile à trouver, facile à perdre et impossible à oublier ». Il est en effet le plus introverti des prédateurs et est difficile à trouver : il réside principalement les steppes inhabitées de Transbaïkalie et la partie de la Mongolie qui borde cette région sibérienne. On trouve également les chats de Pallas dans certaines régions d'Asie centrale.

Il vit en solitaire sur son territoire (environ 4 kilomètres carrés) et ne croise ses semblables que pendant la saison des amours, en mars. Ce chat est très rare, et figure dans le Livre rouge de la Russie des espèces menacées et de plusieurs autres pays. Bien qu'il soit apparu sur Terre il y a au moins 5 millions d'années, on sait très peu de choses à son sujet. L'estimation du nombre exact de manuls est problématique, précisément en raison de leur caractère secret. On pense qu’il en resterait environ 3 000 en Russie (en Mongolie, selon les scientifiques, il y en aurait davantage).

Très compact

Un chat domestique ordinaire pèse même plus lourd qu'un chat de Pallas. Leurs petits sont absolument minuscules – ils pèsent moins de 100 grammes, alors que le poids habituel d’un spécimen adulte (ils sont considérés comme tels au 8e mois de leur vie) est de 3 à 5 kg. Leur taille ne dépasse pas non plus celle d'un chat habituel – environ 60 cm de long, plus 30 cm pour la queue. D'ailleurs, le nom latin de l'espèce, Otocolobus manul, signifie « oreille difforme », bien que leurs oreilles n'aient rien d'anormal.

Un pelage à toute épreuve

Les chats de Pallas apparaissent pourtant très volumineux en raison de leur pelage duveteux – le plus épais parmi les félins. On compte par centimètre carré de leur peau jusqu'à 9 000 poils, dont la longueur peut atteindre 7 centimètres. Cette singularité leur permet de survivre dans des conditions difficiles.

Un poids deux fois plus élevé en hiver qu'en été

Il est vital pour le chat de Pallas de prendre du poids pendant l'automne. Les experts appellent ce processus « l'engraissement ». Le fait est que les steppes, où ils vivent, connaissent des hivers très rigoureux. Non seulement les températures peuvent descendre à -50°C, mais le vent souffle terriblement. Or, les manuls n'hibernent pas et continuent de chasser. La seule façon pour eux de survivre à l'hiver est donc d'accumuler plus de graisse. Un chat de Pallas en hiver pèse 6-7 kg et court davantage à la recherche de nourriture.

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Un bon chasseur

À cause de leur pelage imposant, les chats de Pallas sont lents et patauds, en plus de posséder des pattes courtes qui s'enfoncent dans les congères. Dans l'ensemble, il est difficile de qualifier le manul de gracieux. Pourtant, ce n'est pas un mauvais chasseur. Ses couleurs lui permettent de bien se camoufler dans le paysage de la steppe et il peut atteindre sa proie d’un seul saut. Voilà à quoi cela ressemble :

Des pupilles comme celles d’un lion

Bien que le chat de Pallas soit de petite taille, ses yeux sont les plus expressifs de ses congénères. Les chats domestiques ont des pupilles verticales, mais celles du manul sont rondes, comme celles des grands prédateurs-sprinteurs, à l’instar des lions et des tigres. Par contre, comme les chats domestiques, le chat de Pallas chasse en embuscade, cependant pas pour attaquer les jambes de son propriétaire, mais de petits rongeurs et perdrix. D'ailleurs, si sa proie occupait une tanière décente, il peut choisir de se l’approprier. Bien sûr, il est en mesure de s’en creuser une lui-même, mais pourquoi se compliquer la tâche ? 

Il vit n'importe où

En dehors des tanières de blaireaux et autres, les chats de Pallas peuvent vivre dans des cavités rocheuses. Parfois, ils choisissent toutefois de s’installer dans des endroits complètement imprévisibles. Dans la réserve naturelle de Daourie, en Transbaïkalie, principal habitat de cette espèce en Russie, deux femelles ont par exemple été découvertes dans de vieilles moissonneuses-batteuses abandonnées au milieu de champs en friche. Et durant l'été 2021, les habitants d'un village de Bouriatie ont trouvé trois chats de Pallas tout juste nés dans un tas de paille, près d'une vieille maison. On ne sait pas ce qui a guidé la mère dans le choix de son « nid ».

Il n’aime pas les humains

Les chats de Pallas vivent dans un tel isolement qu'ils n'ont dans la nature pas de prédateurs, à part les hommes. Ils souffrent non seulement du braconnage, mais aussi de la civilisation et des activités humaines. Parfois, notamment, ils peuvent être empoisonnés par une souris ayant auparavant séjourné dans des champs traités chimiquement. C'est pourquoi le manul évite les humains et se montre rarement à eux. Même au sein d’un zoo, il ne sort que peu de sa cachette.

Il ne deviendra jamais un animal de compagnie

Il est impossible d'apprivoiser les chats de Pallas, bien qu'il y ait eu des cas où ils ont été élevés par des humains. Par exemple, en attendant l'arrivée des zoologistes, les habitants du village de Bouriatie mentionné précédemment ont non seulement nourri les trois petits avec des croquettes habituelles, mais les ont également lavés – il s'est avéré que le bain ne les dérangeait pas, mais qu'ils feulaient et exprimaient généralement leur mécontentement une fois pris dans les mains. À propos, ces chatons ont maintenant rejoint la nurserie pour animaux rares du zoo de Moscou.

« Les manuls ne tolèrent absolument pas qu'on les prenne dans les bras », témoigne Irina Alexeïtcheva, employée du zoo de Moscou.

Il est aussi arrivé que des travailleurs de la réserve de Daourie trouvent des chatons et les nourrissent. Néanmoins, une fois adultes, ils sont partis vivre dans la steppe, oubliant leurs parents humains.

Les chats de Pallas dans les zoos sont parents

Dans les zoos du monde entier l’on ne trouve qu’environ 150 manuls, et presque tous sont en réalité parents. Les spécialistes des parcs zoologiques de Moscou et de Novossibirsk ont apporté une grande contribution à l'étude du comportement de ces félins. Les premiers chats de Pallas sont apparus à Moscou en 1949. Aujourd'hui, ils sont devenus le symbole officiel du zoo et de son centre de reproduction d'animaux rares. Des manuls, nés à Novossibirsk, vivent aujourd'hui à Zurich, Poznań, ou encore Tallinn.

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