Comment les cosaques russes ont contribué à populariser la djiguitovka en Amérique

Vitali Beloussov/Sputnik
Pendant des siècles, les сosaques ont gardé les territoires frontaliers de l'Empire russe. C'étaient de parfaits guerriers, d'excellents cavaliers, qui maniaient le sabre avec une grande habileté. Aujourd'hui, leurs capacités ne sont pas nécessaires au combat, mais ils ont conservé leurs traditions militaires, et certains ont même pris racine aux États-Unis.

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L'art de la djiguitovka

Exercices spectaculaires avec chachka (sabre cosaque) et sauts acrobatiques... Les cosaques sont réputés pour leurs compétences exceptionnelles en matière d'équitation, connues sous le nom de « djiguitovka » (du mot turc « djigit », qui signifie « cavalier habile et courageux »). Après avoir adopté cette pratique il y a plusieurs siècles par le biais des peuples du Caucase, ils ont réussi à la perpétuer jusqu'à nos jours.

L'essence de la djiguitovka est l'exécution de cascades à couper le souffle pendant que le cheval court à toute vitesse. Le cavalier se tient droit sur le cheval, se pend la tête en bas, effectue des sauts, etc. Et si aujourd'hui cette voltige équestre n'est qu'une performance spectaculaire, elle était autrefois largement utilisée dans les batailles. Ainsi, les cosaques devaient pouvoir, sans quitter leur selle, soulever des armes ou des camarades blessés du sol, mais aussi se cacher du feu ennemi derrière le flanc d'un cheval galopant ou s'asseoir sur leurs montures à l'envers... et tout cela en tirant continuellement sur les ennemis qui les poursuivaient !

La djiguitovka a transformé le cavalier cosaque en une arme puissante et mortelle. Il considérait son destrier non comme un moyen de transport, mais comme un ami fiable. Il était très difficile de résister à un tel guerrier sur le champ de bataille.

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Selon la légende, Napoléon Bonaparte aurait un jour déclaré, en exprimant son opinion sur l'habileté des cosaques russes : « Donnez-moi que juste des сosaques, et je traverserai avec eux toute l'Europe ».

Le règlement de service de ces guerriers russe, daté de 1998, dit que la djiguitovka doit être maîtrisée par chaque cosaque, car elle développe le courage et la dextérité. Plus tard encore, dans les années 1920, cet art de l'équitation a été adopté par la cavalerie de l'Armée rouge.

Après la fin de la guerre civile, de nombreux cosaques qui se sont battus contre les communistes ont été contraints de fuir le pays et de s'installer en Europe et aux États-Unis. Là, ils ont commencé à faire montre de leurs compétences équestres afin de gagner de l'argent, et ont ainsi contribué à la popularisation de la djiguitovka dans le monde.

De cette manière, elle s'est rapidement répandue dans toute l'Amérique du Nord et est devenue une partie intégrante des rodéos (événements sportifs composés de différentes épreuves liées au travail des cow-boys dans les ranchs).

Certes, les cavaliers géorgiens des années 1890, venus aux États-Unis pour se produire dans des spectacles d'équitation, avaient été les premiers à présenter la djiguitovka au public américain, et en fait, ils étaient souvent appelés à tort « cavaliers cosaques ».

Cependant, ce n'est que dans les années 1920, lorsque de véritables réfugiés cosaques ont définitivement élu domicile aux États-Unis, que cette voltige équestre s'est fermement enracinée dans le pays.

En Russie, la djiguitovka a disparu avec l'abolition de la cavalerie dans les années 1950. Pourtant, elle reste une partie intégrante des événements sportifs, des performances et des traditions de divers régiments cosaques russes.

L'art de l'escrime à la chachka (sabre cosaque)

Il s'agit d'un sabre à un seul tranchant et sans garde emprunté par les cosaques aux peuples du Caucase. Avec la pique, c'était leur arme principale.

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La chachka était toutefois bien plus qu'une arme. Aux yeux de son propriétaire, elle avait une signification sacrée, symbolisant ses droits et sa liberté. Comme le dit une chanson russe : « Pour un cosaque, la chachka est l'épouse dans la steppe ».

Les cosaques apprenaient à utiliser ce sabre dès l'âge de sept ans, ils le maniaient donc très habilement à pied et à cheval. Le cosaque ne pouvait perdre sa chachka qu’en même temps que sa tête. Et si cette arme lui était retirée par décision des anciens, cela était considéré comme une grande honte.

La chachka était principalement utilisée pour les contre-pointes, mais un maître de sabre pouvait aussi l'utiliser pour poignarder son ennemi. Pourtant, ce n'était pas une arme pour les combats entre escrimeurs. Au contraire, elle a été conçue pour une attaque massive de cavalerie à un moment où l'ennemi en fuite devait être détruit avec un dernier coup majeur.

Léger et rapide, avec une lame légèrement incurvée, le sabre n'a pas de garde dans la poignée, ce qui permet à son propriétaire d'effectuer des tours impressionnants. C’est précisément ce qui est devenu une partie intégrante des performances cosaques modernes.

Les cosaques dansent avec leurs chachkas (cette pratique s'appelle l'art de la flankirovka) et exécutent même des cascades à couper le souffle en tenant deux sabres en même temps. Aujourd'hui, ces spectacles n'ont aucune fonction pratique, ils ne font que rendre hommage aux anciennes traditions.

Dans cet autre article, découvrez justement le portrait d’un Français ayant adopté la cosaque-attitude et étant devenu champion du monde de flankirovka.

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