Quid des rumeurs sur les plus de 5 500 caisses d’or des Romanov retrouvées en mer du Japon

Legion Media
L’épave du croiseur russe Dmitri Donskoï, coulé il y a 113 ans, a été récemment découverte en mer du Japon. Les rumeurs disent qu’à son bord gisent des tonnes d’or impérial d’une valeur estimée à plus de 110 milliards d’euros, et la compagnie sud-coréenne revendiquant sa découverte a déjà révélé ses projets au sujet de ce trésor. Toutefois, il y a un « mais ».

« Notre découverte a finalement mis fin à une controverse sur l’existence du Donskoï et son emplacement englouti. Nous irons bientôt de l’avant avec les procédures pour sauver le navire », a déclaré le 17 juillet la société sud-coréenne Shinil Group. À deux jours de ça, ses plongeurs avaient découvert l’épave du croiseur Dmitri Donskoï, coulé il y a 113 ans dans les eaux de la mer du Japon, et avaient rendu publique sa photo. Ayant pris part à la guerre russo-japonaise, ce bâtiment a sombré sans jamais atteindre le port de la ville de Vladivostok, en Extrême-Orient russe.

En soi, la nouvelle sur la découverte d’un croiseur de la Marine impériale n’aurait pas autant fait sensation si elle n’avait pas été accompagnée de rumeurs quant à l’existence d’un trésor à son bord. D’après la version coréenne, le bâtiment transportait 5 500 caisses d’or d’une valeur évaluée à plus de 110 milliards d’euros.

Héro des mers

Le croiseur blindé Dmitri Donskoï a été mis à l’eau en 1883 et a été longtemps été considéré comme le fleuron de la Flotte impériale russe de la Baltique. À l’invitation du gouvernement américain, il a jeté son ancre dans le port de New York lors des célébrations du 400e anniversaire de la découverte du Nouveau monde.  

Au début de la guerre russo-japonaise, le Dmitri Donskoï était déjà considéré comme « vétéran » de la flotte : en comparaison avec les nouveaux navires de l’époque il était trop lent et peu manœuvrable. En dépit de ce fait, il a tout de même été envoyé prendre part à la légendaire bataille de Tsushima, principal affrontement de la guerre en question, qui s’est avéré être le dernier pour ce croiseur.

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Vétuste, le Donskoï a alors flanqué des navires filant à grande vitesse, leur permettant d’éviter d’être poursuivis, et a lui-même réussi à prendre la fuite. Après avoir accueilli à son bord l’équipage d’un torpilleur grièvement endommagé, il a alors éteint ses feux et mis le cap sur Vladivostok. Toutefois, en raison du transbordement ayant duré cinq heures, des navires nippons sont finalement parvenus à le rattraper et à l’encercler. Refusant de se rendre à l’ennemi, l’équipage a par conséquent décidé de faire couler le navire, drapeaux hissés.

Une spéculation à la coréenne ?

Les plongeurs de Shinil Group ont déclaré avoir vu lors de leur expédition la poupe du Donskoï, ses canons, mâts, ponts, mais aussi un nombre important de caisses. « Nous croyons que ce sont des caisses d’or, ce qui est prouvé historiquement », a déclaré Park Sung-jin, porte-parole de la société.

Après cette déclaration, les actions de Shinil Groupe ont gagné plus de 20%. Qui plus est, la société a déjà lancé sa cryptomonnaie Donskoi International et a promis qu’une partie de l’or découvert à bord de l’épave irait au paiement du dividende en actions, que 10% seraient alloués au développement de projets bilatéraux avec la Corée du Nord et que la moitié des « trésors » serait restituée à la Russie.

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Or, comme il s’est ensuite avéré, Shinil Group n’a pas reçu l’autorisation des autorités coréennes de remonter le navire et, en conséquence, ne peut tout simplement pas s’en charger. Le 17 juillet, les actions se sont effondrées de 20% à la fermeture des marchés, et encore de 30% le lendemain. La société a déjà été avertie d’une éventuelle procédure pénale pour spéculations sur rumeurs.

Une chasse un peu trop longue

 Le cas de Shinil Group est loin d’être isolé. En 2000, la société privée coréenne Dong Ah Construction avait déjà « découvert » ce même navire « chargé d’or ». Faut-il mentionner que l’entreprise en question était en faillite et que ces rumeurs ont été suffisantes pour que le prix de ses actions monte en flèche ?

Ce même croiseur a également été « retrouvé » en 2003 par des entrepreneurs de Tonya Construction et de l’Institut coréen d’océanographie. À ce moment-là, la société se voyait refuser des crédits banquiers et vous devinerez ce qui s’est passé aussitôt après l’annonce de cette « trouvaille ». Quoi qu’il en soit, Tonya Construction a fini par faire faillite et toutes les nouvelles du navire retrouvé ont immédiatement cessé.

Il parait que la chasse au croiseur Dmitri Donskoï n’a jamais cessé au cours de toutes ces années. Il n’est pas exclu que cette fois-ci le bâtiment ait vraiment été découvert. Mais quid de l’or se trouvant à son bord ? Les historiens russes ne sont pas unanimes sur cette question. « Il n'y a pas d'archives ou de preuves scientifiques pour soutenir l'idée qu'il y a de l'or à bord de Dmitri Donskoï. Cette question de l'or à bord de navires de guerre russes surgit de temps en temps, mais il n'y en a pas et les Coréens ne feront que gaspiller leur argent », estime Sergueï Klimovski, du Musée naval central de Saint-Pétersbourg.

Dans cet article issu de notre série sur les mystères de Russie, découvrez trois histoires de vaisseaux fantômes russes.

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