Dix personnages féminins du cinéma soviétique inoubliables 

Culture
ALEXANDRA GOUZEVA
Ces héroïnes du cinéma soviétique ne sont pas seulement aimées jusqu’à aujourd’hui. Les Russes connaissent et citent aussi par cœur certaines de leurs répliques.

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Lialia - L’Enfant trouvé, 1939

Le personnage de Lialia devint célèbre grâce à la réplique « Surtout ne m’énerve pas, Moulia ! » qu’elle adresse à son mari. Combien de fois la légendaire Faïna Ranievskaïa, qui tient le rôle de Lialia, l’entendit-elle sur son passage jusqu’à la fin de sa vie ? On raconte même que Léonid Brejnev la lui dit en lui remettant une décoration. 

Tossia - Les Filles, 1961

Interprétée par Nadiejda Roumiantséva, Tossia Kislitsyna est une jeune orpheline de dix-huit ans, membre du Komsomol (organisation de la jeunesse communiste). Elle vient d’être engagée comme cantinière sur un grand chantier et est, de fait, précipitée dans la vie adulte. Ses camarades de chambre deviennent bientôt de véritables amies. Elle réussit aussi à se faire respecter des ouvriers. Si elle a peur de tout, elle parvient à rester fidèle à elle-même. Quand elle voit autour d’elle que les relations entre amoureux sont difficiles, elle assure qu’il vaut mieux être seule que mal accompagnée et affirme : « Si j’ai envie de halva, je mange du halva ; si j’ai envie de pain d’épice, je mange du pain d’épice ». 

Nina - La Prisonnière du Caucase ou les Nouvelles aventures de Chourik, 1967

Nina, l’héroïne interprétée par Natalia Varleï, a tout pour elle. Elle est « étudiante, membre du Komsomol, sportive et, pour ne rien gâcher, un beau brin de fille tout simplement ! ». En d’autres termes, un véritable modèle pour les jeunes femmes soviétiques. Elle part en randonnée sur des parcours difficiles et parvient seule à s’opposer aux bandits qui l’ont enlevée pour la marier de force. 

La syndic Varvara Pliouchtch - Le Bras de Diamant, 1969

Varvara Pliouchtch est la caricature de la femme soviétique, gardienne de l’ordre et des mœurs. Au sens propre, elle fourre son nez dans les affaires de tout le monde et n’hésite pas à suivre ceux dont le comportement lui semble suspect. « Nous, les Soviétiques, n’allons pas à la boulangerie en taxi » reste une des remarques cinglantes lancées par ce personnage interprété avec maestria et humour par Nonna Mordioukova. 

Ellotchka la Cannibale - Les Douze chaises, 1971

Cette jeune dame, qui manque totalement de goût, ne s’intéresse qu’à la mode et à des bagatelles. Elle vit aux crochets de son mari. Son vocabulaire se limite au mieux à trente mots. Elle donne à comprendre ses pensées et ses sentiments à coup d’interjections et de mots courts comme « Oh, oh ! », « Splendide ! » ou « Horrible ! ». 

Dans l’adaptation cinématographique du roman d’Ilia Ilf et Evgueni Petrov que proposa Leonid Gaïdaï en 1971, le rôle d’Ellotchka Chtchoukina est tenu par Natalia Vorobiova. Son interprétation reste aujourd’hui célèbre et très appréciée.

Lioudmila Prokofievna - Romance de bureau, 1977

L’austère Lioudmila Prokofievna, interprétée par Alissa Freindlich, est la directrice d’un important institut de statistiques. Elle porte des tailleurs vieillots, ne se maquille pas, sa démarche est plutôt masculine. Ses subordonnés la craignent et ne peuvent croire que la « vieille » n’a que trente-six ans. Lioudmila Prokofievna se métamorphose brusquement lorsqu’elle trouve l’amour. 

Milady - D’Artagnan et les Trois Mousquetaires, 1978

Le roman d’Alexandre Dumas est une des œuvres littéraires préférées des lecteurs russes. Ce qui explique le succès qu’a toujours son adaptation télévisée dans laquelle Margarita Terekhova tient le rôle de la scélérate Milady. Son épaule dénudée sur laquelle D’Artagnan découvre une fleur de lys marquée au fer rouge laissa nombre d’hommes soviétiques rêveurs. 

Alissa Selieznova - L’Invitée du futur, 1984

Au milieu des années 1980, cette fillette aux grands yeux bleus et à la voix cristalline, interprétée par Natacha Goussieva, conquit le pays entier. Personnage de plusieurs nouvelles fantastiques de Kir Boulytchev, la « céleste » Alissa est la fille d’un zoologue de l’espace. Elle a déjà séjourné sur d’autres planètes que la Terre et dans le futur. Ce qui ne l’empêche pas d’aller à l’école soviétique et de porter le foulard des pionniers. 

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Véra - La Petite Véra, 1988

Natalia Niegoda connut la célébrité du jour au lendemain grâce au rôle de Véra. Elle la doit non seulement à son talent, mais aussi aux quelques scènes érotiques – parmi les premières du cinéma soviétique – qui ponctuent le film. Le personnage de Véra reste un des symboles de la pérestroïka.

Tania Zaïtseva - Interfille, 1989

Dans ce film, Elena Iakovlevla interprète Tania, une infirmière qui se prostitue auprès d’étrangers. Ce long métrage, qui fut un grand succès à sa sortie, témoigne de certains aspects de la vie dans l’Union soviétique de la pérestroïka. Le public de l’époque fut frappé de voir comment une jeune femme bien sous tous rapports pouvait se livrer à la prostitution pour gagner sa vie, ne pas en avoir honte et considérer sa situation avec cynisme. 

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