Quelles sont les coiffes traditionnellement portées dans le Caucase russe?

Evgueni Chivtsov (CC BY-SA 4.0); Stephen McCarthy/Sportsfile/Getty Images; Fred Grinberg
Dans le Caucase, on dit que si vous avez une tête, alors vous devez porter une papakha, ce chapeau en laine traditionnel que avez sans doute vu orner le crâne de la star de MMA Khabib Nurmagomedov. Cependant, ce n’est point le seul couvre-chef qui y est arboré.

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Les couvre-chefs ne protègent pas seulement du froid, du vent et du sable, mais ont également une signification sacrée pour les habitants des régions montagneuses du Caucase. Dans cet article, nous vous expliquons quels sont les chapeaux portés par ces peuples des hauteurs et leur signification.

Papakha

Khabib Nurmagomedov à Las Vegas

Khabib Nurmagomedov, l’un des combattants de MMA contemporains les plus célèbres, donnait souvent des interviews en portant une papakha, énorme coiffe pelucheuse traditionnelle de nombreux peuples du Caucase. C’est la coiffe la plus répandue au Daghestan, en Karatchaïévo-Tcherkessie et en Ingouchie. Elle est liée à de nombreuses traditions. Retirer la papakha de la tête de quelqu’un d’autre est considéré comme une injure grossière (« si vous avez une tête, alors vous devez porter une papakha », tel est l’adage), mais jeter sa propre coiffe à travers la fenêtre d’une fille équivaut à une déclaration d’amour. Les habitants de la région ont plusieurs papakha : une pour tous les jours, une pour se marier et une pour le deuil. Les papakhas sont généralement en cuir de mouton ou de brebis, mais les plus chères sont celles en cuir de karakul, mouton originaire d’Asie centrale. La papakha fait paraître les hommes plus grands et certains, encore aujourd’hui, pensent qu’avoir la coiffe la plus haute est un signe de supériorité.

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Koubanka

Corps de cadets cosaques du Kouban

C’est une coiffe plus petite que la papakha, qui est portée par les cosaques. Son rôle est de protéger son porteur d’un coup d’arme blanche, ou du moins de l’atténuer. Avant d’aller se battre, certains soldats plaçaient des plaques de métal dans leur koubanka. La petite taille de cette coiffe lui permet de bien tenir sur la tête lors d’une chevauchée à cheval. Elle est faite de cuir de karakul, d’ours ou bien de loup.

Piess

Ramzan Kadyrov

En Tchétchénie et en Ingouchie, il n’est pas rare de voir des hommes portant un calot avec un gland, nommé « piess ». On le voit parfois écrit « piass », « pess » ou encore « fess », du mot « feskia » (version russe du mot turc qui signifie « chéchia »). Cette coiffe est portée lors des prières : dans l’islam, il n’est pas rare que les hommes se couvrent alors la tête. Toutefois, aujourd’hui, les gens la portent aussi en dehors des heures de prière.

Coiffe traditionnelle ossète

Un homme portant une coiffe traditionnelle ossète

Les agriculteurs ossètes portent traditionnellement une coiffe en feutre (nommée, en ossète, « nymat khoud ») : marron pour tous les jours et blanche en laine de chèvre pour les jours de fête. Petite, mais à larges bords, cette coiffe protège parfaitement du Soleil brulant et du vent de montagne. Ces chapeaux de feutre sont répandus aujourd’hui non seulement comme accessoire du quotidien mais également comme souvenir du Caucase.

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Tioubeteïka ossète

Une femme de la République socialiste soviétique autonome d'Ossétie du Nord

Cette coiffe est portée les jours de fête. Elle ressemble à un haut chapeau recouvert de velours rouge ou blanc et décoré d’ornements traditionnels. Quand elles la portent, les femmes ossètes la couvrent d’un foulard ajouré fait de laine fine.

Bachlyk

Des membres d'un collectif de danse se produisent pendant une course de chevaux en Abkhazie

C’est un couvre-chef très ancien, porté d’abord par les montagnards puis par les cosaques. Il s’agit d’un capuchon pointu en feutre avec deux longues extrémités que l’on peut enrouler autour du cou, telle une écharpe. Le bachlyk servait surtout à protéger des éléments. Il faisait d’ailleurs partie de l’uniforme de l’armée russe au XIXe siècle. Il est ensuite devenu populaire parmi les soldats d’Europe de l’Ouest. Aujourd’hui, on le trouve encore dans les armoires de nombreux habitants du Caucase.

Kourkharss

Femme portant une coiffe « kourkharss »

Le costume de cérémonie des femmes ingouches comprend notamment une coiffe nommée « kourkharss », haut chapeau dont l’extrémité est torsadée. Aujourd’hui, elle n’est portée que lors des célébrations, lorsque les femmes portent le costume ingouche traditionnel.

Coiffe féminine nogaïe

La tenue traditionnelle féminine nogaïe était complétée par différentes coiffes. Les femmes non mariées en portaient une basse nommée « oka bork » en langue nogaïe, dont le dessus, en forme d’hirondelle ou d’aile d’oiseau, était en métal (souvent en argent) afin de servir de support au foulard.

Les femmes mariées portaient un haut chapeau décoré de plusieurs bandes indiquant le nombre de ses frères. Le haut de la coiffe était arrondi.

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La coiffe la plus haute était cependant celle des fiancées. Nommées « teke bork », qui signifie « chapeau en cuir de chèvre », elles étaient en effet faites en cuir de chèvre, puis recouvertes de velours. Ces coiffes pouvaient atteindre 80 cm de hauteur et peser jusqu’à 5 kg. Les fiancées pensaient que cette coiffe apporterait le bonheur à leur vie conjugale.

Dans cet autre article, découvrez le témoignage d’habitants modernes du Caucase ayant revêtu les costumes traditionnels de leurs peuples. 

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