Saint-Pétersbourg vue des toits: promenade

Ruslan Chamoukov
Il y a depuis longtemps des dizaines de façons illégales de grimper sur les toits des bâtiments dans le centre historique de Saint-Pétersbourg, mais c'est désormais légal. Un correspondant de Russia Beyond a testé pour vous.

Voir la ville d'en haut est un must lors de toute visite de Saint-Pétersbourg. Depuis le milieu du XIXe siècle, la loi locale fixe une limite pour la hauteur des bâtiments, à l'exception des églises, qui ne doivent pas dépasser celle du Palais d'hiver du tsar (23,5 mètres).

Aujourd'hui, si vous montez sur le toit de n'importe quel bâtiment de six étages dans le centre-ville, vous serez en mesure de voir l'horizon glorieux de Saint-Pétersbourg et ses principaux joyaux architecturaux.

En mai, la première visite officielle et légale sur un toit a été réalisée. Les organisateurs ont confié à Russia Beyond qu'il a fallu un an pour trouver un bon emplacement, collecter tous les papiers et obtenir des accords avec la mairie de la ville et la police.

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Les visites guidées grimpent au sommet d'un bâtiment art nouveau situé au 65, Ligovsky Prospect. Les visiteurs ne dérangent pas les résidents parce qu'ils utilisent une entrée arrière.

La hauteur du bâtiment est d'environ 25 mètres, ce qui serait l’équivalent du 9ème étage pour un bâtiment moderne. Après avoir signé un document indiquant qu'ils ont été informés sur les précautions de sécurité, les touristes arrivent à la tour MPVO (poste de protection anti-aérien), qui a été construit pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le toit a un emplacement favorable, à la frontière du centre historique, et il est à seulement cinq minutes à pied de la gare de Moscou. Les visiteurs peuvent facilement reconnaître tous les grands sites, y compris la flèche dorée de la cathédrale Pierre et Paul, les dômes de l'Eglise-sur-le-sang-versé et les minarets de la grande mosquée. Avec l'aide de jumelles, de petits détails sont visibles, et on peut même voir les zones résidentielles près de la Zenit-Arena nouvellement construite, qui est à environ 10 km.

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Un autre point d'intérêt est le dôme de la cathédrale Saint-Isaac (qui possède également un point d'observation officiel perché à 43 mètres de haut). Selon la légende de la ville, au début des années 1840, le tsar Nicolas Ier est monté sur sa colonnade avec ses courtisans et ne fut pas satisfait de la vue qui s’y offrait sur la capitale de l'Empire.

Le tsar n’a visiblement pas apprécié la différence de hauteur entre les bâtiments, et en 1844 il a émis un décret selon lequel la façade de tout bâtiment résidentiel ou d'État ne devrait pas être plus élevé que le toit du Palais d'hiver. Environ 205 étages supérieurs ont été détruits pour adhérer à la nouvelle loi.

La règle a été suivie dans le centre-ville même après la révolution 1917, et aujourd'hui Saint-Pétersbourg tente de conserver son horizon de l'époque impériale. Il y a des limitations pour chaque quartier et seule la tour de Gazprom – le premier gratte-ciel de la ville - fera exception, atteignant 462 mètres l'année prochaine.

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Plusieurs tours de défense aérienne sont visibles à partir du pont d'observation, et le guide offre des informations détaillées sur leur rôle pendant le siège de Leningrad. La ville a pour la première fois été bombardée le 22 juin 1941, les Allemands ciblant les usines et les bases militaires, avant d’attaquer les zones résidentielles.

Habituellement, des écoliers et des écolières travaillaient dans les tours de défense aérienne. « Ils montaient la garde huit heures en se relayant, et ils grimpaient sur ces tours quand ils entendaient la sirène alertant des raids aériens, raconte le guide, Stepan. Les jeunes filles avaient trente secondes pour jeter les bombes incendiaires dans la cour, où les désamorcer en les enterrant dans une boîte pleine de sable. Aujourd'hui encore, on retrouve de telles boîtes dans les greniers ».

Les excursions seront disponibles pendant l'hiver, mais seulement le week-end. Pour plus d'informations en français et les réservations rendez-vous sur le site.

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