La Russie muscle à nouveau son bouclier nucléaire «terrestre»

Vitaly V. Kuzmin/vitalykuzmin.net
Dans cinq ans, la Russie achèvera la modernisation de son arsenal nucléaire. Entreront alors en service des missiles dont les systèmes de lancement souterrains pourront résister à une première frappe de l’ennemi, et qui seront capables de riposter dans toutes les conditions.

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La Russie est en train de rééquiper activement ses arsenaux nucléaires et, d'ici 2024, aucun missile nucléaire ou véhicule obsolète fabriqué sous l’URSS ne sera encore présent dans les forces terrestres.

Pour atteindre ces objectifs, l'État a alloué plus de 22 000 milliards de roubles (environ 312 milliards d’euros au taux de change actuel) au début des années 2010.

En conséquence, la Russie recevra un assortiment complet de missiles stratégiques intercontinentaux terrestres dans le cadre du concept de « dissuasion nucléaire ».

Les missiles nucléaires russes

Selon le site Web Armement stratégique nucléaire de la Russie, au début de la nouvelle décennie, 532 vecteurs stratégiques étaient déployés en Russie, capables de transporter jusqu'à 2 100 ogives nucléaires conformément à un traité bilatéral avec les États-Unis sur la réduction des armes offensives (START III).

Actuellement, les missiles suivants sont en service dans la Fédération de Russie :

  • 46 missiles lourds R-36M2 (SS-18);
  • 2 complexes Avangard (missile UR-100NUTTH, SS-19 Mod 4);
  • 45 complexes au sol mobiles Topol (SS-25);
  • 60 complexes ensilés Topol-M (SS-27);
  • 18 complexes mobiles Topol-M (SS-27);
  • 35 complexes mobiles et 14 complexes ensilés dotés du missile RS-24 Iars.

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Parmi ces missiles, le R-36M2 et le Topol seront mis hors service en vue de leur substitution ultérieure. Ils seront remplacés par des Iars dernier cri, qui seront placés à la fois dans les silos de leurs prédécesseurs et sur des véhicules, ainsi que par des Sarmat « lourds ».

Iars

« L'une des principales caractéristiques du nouveau missile est l'imprévisibilité de son vol pour les systèmes de défense antiaérienne ennemis. Iars ne vole pas de haut en bas le long d’une parabole classique, mais se précipite en réalisant des zigzags dans l'espace proche afin que l'ennemi ne puisse pas calculer le point de chute de ses têtes nucléaires », a déclaré à Russia Beyond Dmitri Safonov, ancien analyste militaire du quotidien russe Izvestia.

Selon l'expert, le missile possède des moteurs complètement différents de ceux de son prédécesseur. Grâce à eux, Iars sort non seulement plus vite du silo, mais change également constamment d'altitude, de direction et de vitesse de vol dans l'atmosphère proche pour tromper les systèmes de défense de l'ennemi.

« Une autre caractéristique importante des Iars est la présence de six ogives détachables autonomes, qui se séparent en vol et envoient leurs ogives nucléaires en différents points », a ajouté Safonov.

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La puissance de chaque ogive peut atteindre 100 kilotonnes. À titre de comparaison, les charges nucléaires que les Américains ont larguées sur Hiroshima et Nagasaki étaient cinq fois plus faibles (chacune avait une capacité d'environ 20 kilotonnes).

Sarmat

Ce missile, pesant environ 100 tonnes, pourra couvrir une distance de 17 000 kilomètres et, selon les concepteurs, voler jusqu'à sa cible même à travers le pôle Sud, d'où personne ne l'attend et où aucun système de défense antimissile n’est déployé.

« Cette arme peut survivre à la première frappe de l'ennemi, car le couvercle de son silo (système de lancement souterrain, ndlr) est protégé contre les frappes directes de missiles. Dans le même temps, les systèmes de guidage sont également protégés des effets des ondes radio, ce qui devrait lui permettre d'atteindre ses cibles », a déclaré Viktor Litovkine, analyste militaire au TASS, à Russia Beyond.

Dans le même temps, Sarmat n'aura pas 10 têtes nucléaires, mais pas moins de 15 ogives distinctes à guidage individuel.

« Ces ogives sont situées à l'intérieur selon le principe des "grappe de raisin", les grains de raisins étant déconnectés à un certain moment et envoyant une "grappe" de bombes nucléaires allant jusqu'à 300 kilotonnes vers le sol », a ajouté l'expert.

Dans cet autre article, nous vous expliquons comment et pourquoi l’on teste les armes nucléaires sous terre.

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