Dakar: les Russes ne laissent rien au hasard

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Masques à oxygène à faible débit, préférences culinaires et fétiches à bord des camions: l’équipe Kamaz-Master a préparé le légendaire rallye des sables dans ses moindres détails.

Une terre aride, des volutes de poussière, un soleil de plomb et les camions d’un bleu éclatant de l’équipe russe : ces quelques mots suffisent pour faire battre le cœur d’un amateur de courses automobiles. Dakar 2017 est de retour. Tout comme l’équipe russe Kamaz-Master qui est parvenue à régler ses problèmes financiers et à envoyer quatre équipages à la course.

Le rallye traditionnel se tient du 2 au 14 janvier en Argentine, en Bolivie et au Paraguay. « L’armada bleue » se rend en Amérique du Sud pour vaincre : treize titres remportés obligent. En outre, les concurrents russes souhaitent prendre leur revanche après la course de 2016 où ils ont laissé la victoire leur filer entre les doigts.

Embarquement au Havre

Le mois d’octobre est une période de travail intense au centre de services de Kamaz à Naberejnye Tchelny (à un millier de kilomètres à l’est de Moscou). À la veille du départ des camions, mécaniciens, ingénieurs et pilotes travaillent sans relâche. Kamaz-Master est l’unique équipe où les pilotes manient les clés anglaises avec autant de virtuosité que les mécaniciens. Cette expérience est très importante sur le terrain : en cas de problèmes en route, les pilotes sont capables de changer n’importe quelle pièce, voire de la remplacer en en bricolant une.

Les véhicules sont partis au mois de novembre à destination de la France pour passer des contrôles techniques au Havre. Le matériel a ensuite été plombé pour que personne ne puisse y apporter de changements et chargé à bord d’un ferry. Les camions devaient débarquer en Amérique du Sud au bout d’une vingtaine de jours de traversée.

Crédit : service de presseCrédit : service de presse

S’habituer à l’air raréfié

Les camions partis, les pilotes n’ont pas eu le temps de se prélasser : ils ont suivi des cours d’anglais, participé à de nombreuses manifestations commerciales et se sont entraînés pendant des heures dans une salle de sport, car l’issue de la course dépend souvent de la forme physique. 

En effet, les étapes de montagne demandent de l’endurance. « À une altitude de 4 000 mètres, on manque d’oxygène et même ceux qui sont en bonne santé ont des maux de tête. Il est impossible de conduire à grande vitesse quand vous avez la tête qui éclate », explique Aïrat Mardeev, champion du Dakar en 2015.

Compte tenu de telles conditions, les membres de l’équipe ont suivi un entraînement avec des masques à faible débit d’oxygène pour les aider à respirer un air où elle est raréfiée. Dans un premier temps, les coureurs ne les enlèvent même pas pour dormir.

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La soupe du soir

Comme dans tout sport, un excédent de poids mène difficilement à la victoire. Aïrat Mardeev avoue qu’il aime faire bonne chère et même qu’il a pris quelques kilos… qui sont rapidement partis quand il a supprimé le dîner et passé plus de temps au gymnase.

Pendant la course, c’est le contraire : le dîner est pratiquement l’unique repas de toute la journée. Avant le départ, il ne faut pas manger beaucoup, le petit déjeuner est donc très léger. En route, les pilotes boivent seulement de l’eau à l’aide d’un tube relié à une bouteille thermo contenant de la glace. Il fait très chaud et il est important d’éviter la déshydratation.

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L’équipe apporte sa propre nourriture : les garçons ne peuvent se passer des soupes traditionnelles russes que ne font pas les cuisiniers du Dakar. En outre, Kamaz-Master a pour tradition de faire un pilaf le jour de repos. L’équipe a toujours dans ses bagages un kazan (sorte de large chaudron) et des morceaux de bois.

Le numéro porte-malheur

Il existe une autre tradition strictement respectée par tous les membres de l’équipe. La cabine de chaque véhicule compte de nombreux porte-bonheur que les pilotes et les navigateurs se voient offrir par leur famille. Il s’agit dans la plupart des cas de petits jouets en peluche.

Mais le numéro 500 qui revient au champion du Dakar en titre est mal vu des pilotes qui considèrent que les deux zéros n’ont encore porté chance à personne, qu’il y a toujours une avarie ou un accident et que ces zéros « mettent la pression » sur les coureurs.

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C’est pour l’instant le principal rival de l’équipe russe, le Néerlandais Gerard de Rooy, qui porte le numéro 500. De toute l’histoire du Dakar, seul Vladimir Tchaguine a remporté la course en le portant. C’était en 2011, après quoi le pilote, sept fois champion du Dakar, a annoncé qu’il mettait fin à sa carrière. 

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