Huit raisons de tout lâcher pour devenir… pilote d’essai

Alexey Nikolaev
Mikhaïl Beliaïev est pilote d’essai, et c’est le premier homme à avoir fait voler le nouveau chasseur russe MiG-35. Certes, c’est un métier dangereux, mais voici plusieurs raisons de l’exercer au lieu de passer huit heures par jour au bureau.

1. Réaliser son rêve d’enfant

Crédit : Alexeï NikolaevCrédit : Alexeï Nikolaev

Mikhaïl a passé toute son enfance sur un aérodrome militaire. Du matin au soir, il voyait décoller et atterrir des bombardiers et des chasseurs soviétiques. Le vrombissement des moteurs et l’odeur du kérosène brûlé l’envoutait et le petit garçon réalisa rapidement ce qu’il voulait devenir dans la vie. Il l’est devenu : pilote d’essai de l’un des plus grands bureaux d’études de Russie, le groupe MiG. Il est le premier homme à tester les nouveautés aéronautiques.

2. Se forger des qualités morales et éthiques utiles

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Le pilote d’essai n’est que le sommet de l’iceberg. Elaboration du projet, réalisation des dessins techniques, fabrication des pièces, assemblage de l’avion et de préparation au vol : il a derrière lui plusieurs milliers de spécialistes qui travaillent à pied d’œuvre. C’est un travail titanesque que vient couronner l’activité du pilote d’essai dont l’honnêteté et le sens des responsabilités envers le personnel jouent un rôle crucial.

3. S’imaginer au volant d’une Lamborghini ou d’une Ferrari flambant neuve. Mais dans le ciel et en plus rapide

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« L’avion d’essai MiG-35 coûte plusieurs fois plus cher qu’un appareil de série. À chaque décollage, des dizaines de spécialistes m’attendent pour analyser toutes les informations du vol. Chaque avion d’essai est bourré de capteurs, d’ordinateurs et de dizaines de kilomètres de câbles », indique Mikhaïl. Toutes les données sont ensuite rassemblées et analysées. Les mises au point ayant été effectuées, c’est un appareil complètement différent qu’on teste la fois suivante.

4. Dormir au moins huit heures par nuit

« Le sommeil et l’alimentation sont la base de l’aviation » : ce dicton est connu de tous les élèves officiers. Si un pilote d’essai n’a pas la possibilité de se reposer au moins huit heures par nuit, il sera fatigué et incapable de voler comme il se doit. P.S. Ne pas oublier de le raconter demain au collègue croisé au distributeur d’eau au bureau.

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5. Être OBLIGÉ de voler à travers le monde

Mikhaïl Beliaïev participe régulièrement à des salons aéronautiques en France (Paris-Le Bourget), en Grande-Bretagne (Farnborough), en Allemagne (Berlin), en Inde (Bangalore), aux Émirats arabes unis (Dubaï) et dans d’autres pays.

6. Voler pendant des ANNÉES  à bord de nouveaux appareils

La construction du premier avion d’après les esquisses prend entre cinq et sept ans. Vient ensuite une série d’essais militaires et en vol à l’issue desquels l’appareil est jugé digne (ou pas) d’équiper les forces armées. Pendant tout ce temps, il faudra se prendre les commandes pour tourner en rond et réaliser des pirouettes au-dessus de l’aérodrome.

7. Être le premier à tester la puissance de feu de l’avion

« Je me souviendrai toujours avoir testé pour la première fois l’arme de 30 mm d’un chasseur. En bref, le pilote a sur les côtés du cockpit deux canons avec 150 projectiles avec une cadence de tir de 1 500 coups à la minute. Pendant quelques secondes, on se trouve plongé dans une mer de feu, le cockpit est fortement secoué et le contrecoup est terrible… Les 150 projectiles sont tirés en l’espace de quelques secondes », confie Mikhaïl Beliaïev.

Crédit : Alexeï NikolaevCrédit : Alexeï Nikolaev

8. Savoir prendre des décisions en un éclair

Faire décoller un avion d’essai n’est pas seulement un plaisir, mais également une énorme responsabilité. En effet, perdre l’unique échantillon au monde coûtant plusieurs millions d’euros est une tragédie pour le groupe, sans parler du pilote. 

« Les appareils modernes sont équipés d’un grand nombre de capteurs et une fausse alerte n’est pas impossible. Vous aurez entre trois et cinq secondes pour vous faire le point et prendre une décision. Sinon il sera trop tard : l’avion brûle entièrement ou explose en l’espace de 15 à 20 secondes », dit le pilote d’essai.

 

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