Quels clubs de football étrangers sont détenus par des Russes?

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EKATERINA SINELCHTCHIKOVA
Pour certains, il s'agissait simplement d'un business, tandis que pour d'autres, c'était la principale passion de leur vie. Nous vous révélons quels Russes possèdent actuellement des clubs sportifs étrangers – et ce que cela leur a coûté.

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Roman Abramovitch – Chelsea

« Dès le début, je savais que le club allait se développer sous sa direction. Pourquoi ? Parce qu'il y a investi un peu de lui-même », a déclaré José Mourinho, ancien entraîneur de Chelsea, à propos d'Abramovitch, l'oligarque qui a lancé la mode chez les Russes d'acheter des clubs étrangers.

Abramovitch l'a fait en 2003, et c'est son grand amour depuis 19 ans. Avant son arrivée, Chelsea était souvent dans le haut du classement, mais ne parvenait pas à remporter de trophées. Les joueurs se plaignaient du désordre y régnant, le qualifiant de « chaos ». Avec le nouveau propriétaire, tout a changé : il a créé un système au sein du club, n'a pas lésiné sur les moyens afin de réaliser des transferts, mais a soigneusement analysé toutes les transactions, et était prêt à tout pour le bon joueur. En conséquence, Chelsea s'est épanoui et s’est hissé au sommet, remportant cinq championnats d'Angleterre et deux Ligues des champions.

En 2022, Abramovitch a annoncé la vente prochaine du club afin d’éviter d'éventuelles sanctions dues au conflit russo-ukrainien, et a effacé la dette du club de 1,5 milliard de livres (1,79 milliard d’euros). Il a déjà promis de reverser l'intégralité du produit de la vente à la fondation du club, qui participe à des actions caritatives et sociales depuis 2010.

Dmitri Rybolovlev – AS Monaco

L'oligarque (aujourd'hui classé au 27e rang des hommes d'affaires les plus riches de Russie selon Forbes) et ancien propriétaire d’Uralkali, l’une des plus importantes sociétés de production et de vente de potasse au monde, a fait son entrée dans le monde du football, inspiré, dit-il, par l'exemple d’Abramovitch. En 2011, il a vendu sa participation majoritaire dans Uralkali, s'est installé à Monte-Carlo, et est devenu le propriétaire majoritaire du club local.

À l'époque, Monaco traversait les pires moments et avait grand besoin d'un investisseur. Or, Rybolovlev ne s’est pas montré avare : il a investi plus de 100 millions d'euros pour acheter des joueurs (un montant qui n’a été dépassé que par le club parisien du PSG, qui appartient aux cheikhs qataris) – et après une saison et demie, Monaco est revenu dans l'élite du football français. Lors de la saison 2016-2017, le club a remporté le championnat de France.

Rybolovlev a un jour avoué qu'il était plus difficile de diriger un club de football qu'un géant comme Uralkali, et au fil des années de possession de Monaco, les ambitions de l'oligarque se sont quelque peu atténuées. Aujourd'hui, il déclare publiquement des objectifs modestes – remporter des prix dans le championnat de France et réaliser des performances décentes dans les compétitions européennes. « Nous ne sommes pas Chelsea ou le Real Madrid et ne serons jamais un superclub qui se bat pour le championnat et la victoire en finale de la Ligue des champions chaque année », admet-il.

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Maxim Demine – AFC Bournemouth

En 2011, Bournemouth, club de football de la ville anglaise du même nom située sur la côte de la Manche, menait une existence misérable et était sur le point de quitter le football professionnel. Le club a cependant été sauvé de ses dettes et de ses créanciers par le financier et négociant pétrolier russe Maxim Demine, qui a quitté la Russie avec sa famille pour s'installer dans cette même cité. Ayant prêté de l'argent au club à un moment critique, il ne l'a jamais récupéré. Toutefois, après avoir payé 450 000 livres sterling supplémentaires, le Russe est devenu propriétaire de 50% du club, puis de 100% deux ans plus tard.

Les amis et partenaires de Demine ont alors qualifié le club de « valise sans poignée » et ont comparé cet achat à un jouet inutile et coûteux. Néanmoins, les choses se sont passées différemment : le propriétaire russe a permis une révolution à Bournemouth, qui a été appelée plus tard le « miracle russe ». En trois saisons, il a injecté plus de 25 millions de livres dans l’équipe, a trouvé un entraîneur capable d'atteindre des objectifs ambitieux, a commencé à recruter de jeunes joueurs locaux « pour qu'ils grandissent » et s'est fixé comme priorité de veiller à la santé des athlètes. En conséquence, Bournemouth a fait le bond le plus incroyable de l'histoire des championnats anglais, passant de la troisième division à la Premier League et obtenant le meilleur résultat de ses 116 ans d'histoire. Cela s’est produit en 2015. Le club participe actuellement au Championnat d'Angleterre de football de deuxième division.

David Traktovenko – Sydney FC

Le club de football australien a attiré l'attention du banquier russe Traktovenko après que sa fille Alina a épousé l'homme d'affaires local Scott Barlow. Traktovenko a acquis une participation de 22% dans la société en 2006 et, deux ans plus tard, a porté ce taux à 90%.

Il savait exactement ce qu'il fallait faire avec le Sydney FC, auquel le succès avait jusque-là échappé : la même chose qu’il avait réalisée avec le Zénith Saint‑Pétersbourg, un club autrefois outsider, auquel David Traktovenko, son ancien président, a permis de devenir le plus puissant de Russie. Il a alors réitéré son succès – sous lui, le Sydney FC est devenu champion d'Australie pour la première fois. Et ce, à cinq reprises.

Anton Zingarevitch – Botev Plovdiv

Fils du multimilliardaire russe Boris Zingarevitch, Anton est surtout connu comme l'ancien propriétaire du club de football anglais Reading. Il l'a acheté en 2012 pour 25 millions de livres, n'avait qu'un intérêt minime pour lui, et l'a revendu deux ans plus tard à un groupe d'investisseurs de Thaïlande pour une livre symbolique. Les nouveaux propriétaires ont repris toutes les dettes du club, qui étaient nombreuses, et ont récupérer le Reading FC en plein déclin : sous Zingarevitch, l’équipe n'avait pas pu se maintenir en Premier League anglaise, puis revenir en première division.

Depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, et Zingarevitch est apparu sur la liste des personnes recherchées au niveau fédéral russe pour avoir détourné des prêts d'une valeur de 2,5 milliards de roubles (actuellement 17,3 millions d’euros). L'affaire a été classée en 2019 et il demeure l'un des hommes les plus riches du pays. Selon les médias bulgares, la fortune familiale de Zingarevitch père et fils a dépassé un milliard de dollars en 2018, leurs entreprises opérant dans les secteurs du papier, de la cellulose, de la construction et de l'énergie. Anton Zingarevitch et ses partenaires détiendraient également les droits d'environ 2 000 footballeurs dans le monde (principalement d'Afrique et d'Amérique du Sud). Il y a deux ans, il a été rapporté que Zingarevitch s’intéressait à nouveau aux clubs européens. Finalement, son choix s'est porté sur le club bulgare du Botev Plovdiv, que l'homme d'affaires a acquis en 2021.

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