Cette arnaque ayant permis aux hackeurs russes de voler 6 millions de dollars aux étrangers en 2020

Legion Media; Russia Beyond
Vingt groupuscules de hackeurs russophones ont volé cet argent en utilisant de faux sites web de services de livraison et de vente en ligne.

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Des pirates informatiques russophones utilisant de faux sites de livraison et de vente en ligne ont volé plus de 6,2 millions de dollars à des citoyens américains, européens et de la CEI en 2020, a rapporté la société de prévention des cyberattaques Group-IB.

Le stratagème lui-même a été appelé « Mammouth » – c’est ainsi que dans leur argot ces escrocs appellent leur victime. Il a commencé à être utilisé en Russie durant l'été 2019, mais au printemps 2020, les pirates informatiques l’ont étendu à l’étranger. La raison en est la pandémie de coronavirus, le passage au télétravail, l'augmentation de la demande de services de livraison pour les achats en ligne, explique l'entreprise.

Le système se présente comme suit : sur les services populaires d’annonces gratuites, les criminels placent des « lots-appâts », c'est-à-dire des annonces pour la vente d'appareils photo, de consoles de jeux, d'ordinateurs portables, de smartphones et d'autres produits à bas prix. L’utilisateur intéressé écrit au vendeur-arnaqueur, et ce dernier fait tout pour transférer la conversation depuis le site officiel de petites annonces vers une messagerie.

Là-bas, la victime fournit ses coordonnées pour organiser l’expédition du produit via un service de livraison. Lui est ensuite envoyé, pour effectuer le paiement, un lien vers un soi-disant site de livraison populaire, qu'il s'agisse de DHL, FedEx ou SDEK. En réalité, l'utilisateur se retrouve sur une fausse page, où il saisit ses données. En conséquence, les informations bancaires et l'argent lui sont volés. Certains escrocs proposent alors de « restituer » les fonds débités sur une autre page, permettant prétendument une demande de restitution des marchandises. Là, la victime est à nouveau débitée du même montant.

Lire aussi : Cinq arnaques par Internet et téléphone à esquiver en Russie

Les fraudeurs volent ainsi de l'argent aux citoyens des pays suivants :

États-Unis

France

Pologne

République tchèque

Bulgarie

Ukraine

Ouzbékistan

Kirghizstan

Kazakhstan

Par exemple, des fraudeurs ont créé de fausses pages du site français d’annonces Leboncoin, du site de la marque polonaise Allegro et du site tchèque Sbazar. Dans un avenir proche, les arnaqueurs se préparent à impliquer de nouvelles marques dans leurs escroqueries : FedEx et DHL Express aux États-Unis et en Bulgarie, ainsi que SDEK au Kazakhstan et aux États-Unis, estiment les analystes de Group-IB.

Il existe également un système frauduleux similaire pour l'achat de biens, a expliqué le service de presse de Group-IB à Russia Beyond. Un fraudeur cherche un vrai vendeur sur les annonces d’un site, qui laisse un numéro de téléphone accessible au public, lui écrit dans une messagerie instantanée et s'assure qu'il est prêt à organiser immédiatement l'achat de la marchandise avec livraison. Il envoie ensuite au vendeur une fausse page, censée confirmer le paiement du produit. L'arnaqueur explique qu'il a déjà tout payé et propose au vendeur de recevoir les fonds – bien sûr, en entrant les données de sa carte bancaire.

Andreï Boussarguine

« Jusqu'à présent, l’essor en envergure de ce système de fraude en Europe est entravé par deux choses : la barrière linguistique et les difficultés à encaisser de l'argent à l'étranger, explique Andreï Boussarguine, directeur général adjoint de Group-IB pour la protection contre les risques numériques. Une fois ces obstacles surmontés, nous nous attendons à un boom de la fraude en Occident. Le revers de cette popularité est la concurrence entre les arnaqueurs eux-mêmes, qui tentent souvent à leur insu de se tromper les uns les autres [dans le cas d'un escroc-acheteur écrivant à un escroc-vendeur – ndlr] ».

Dans cet autre article, nous nous intéressions à l’arnaque des séduisantes femmes russes appâtant les étrangers sur le Web.

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