En images: les peuples minoritaires de Russie aujourd’hui et il y a 100 ans

Musée d'Ethnographie et d'Anthropologie de l'Académie des sciences de Russie; Alexander Piragis/Sputnik
La Russie est composée de près de 200 peuples et certains, ne comptant pourtant que peu de représentants, sont parvenus à subsister jusqu’à nos jours. Beaucoup réussissent même à préserver leur langue et leur mode de vie traditionnel.

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Les « petits » peuples en Russie sont ceux dont la population ne dépasse pas 50 000 personnes. La Russie compte officiellement 47 ethnies de ce type, sur 190 au total, qui vivent principalement dans le Grand Nord et en Extrême-Orient. Sont-elles capables de préserver leur culture dans les conditions actuelle de la mondialisation ?

Nivkhes

Ces autochtones de l’île de Sakhaline sont considérés comme le peuple le plus mystérieux du monde : ils ont longtemps vécu dans l'isolement, leurs origines sont encore inconnues et leur langue est un isolat, c’est-à-dire qu’elle n’est liée à aucune autre. Aujourd'hui, l’on dénombre environ 4 500 Nivkhes en Russie, et beaucoup d'entre eux parlent à la fois leur propre langue et le russe.

Itelmènes

Ces habitants de l'Ouest du Kamtchatka pêchent depuis des siècles et vénèrent les esprits de la nature, même s'ils ont été convertis au christianisme au XVIIIe siècle. Le chamanisme est chez eux encore aujourd’hui prépondérant et, ici, ce sont généralement des femmes qui deviennent chamans. Au total, environ 3 000 Itelmènes résident en Russie, et la plupart d'entre eux vivent sur le territoire de l’ancien District autonome de Koriakie, ayant intégré en 2007 la région administrative du Kamtchatka. Seule la génération la plus âgée considère l’itelmène comme sa langue maternelle, bien qu'elle soit enseignée à l'école et utilisée dans les médias locaux. Les prénoms accordés aux enfants sont désormais majoritairement russes.

Nağaïbäks

Saviez-vous que dans le Sud de l’Oural, dans la région de Tcheliabinsk, se trouvent plusieurs localités portant le nom de célèbres villes européennes, telles que Paris, Berlin ou Leipzig ? Elles ont été nommées d'après les victoires russes dans la guerre contre Napoléon, lors desquelles les Cosaques-Nağaïbäks locaux, des Tatars orthodoxes parlant un dialecte du tatar, se sont particulièrement distingués. Aujourd'hui encore, ils vivent pour la plupart dans ces lieux, le village de Paris abritant d’ailleurs leur plus grande concentration. Au total, ils sont environ 10 000.

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Nénètses

Le plus nombreux de tous les petits peuples de Russie, puisque comptant près de 45 000 représentants, voit son habitat traditionnel s’étendre de la péninsule de Kola à celle de Taïmyr, dans l’Arctique. Ils se consacrent à l'élevage de rennes et invitent avec plaisir chacun à faire connaissance avec leur culture au Centre du tourisme arctique de Narian-Mar, la capitale du District autonome de Iamalo-Nénétsie. Le principal compagnon de la famille nénètse a toujours été et reste le samoyède, un magnifique chien à poils aussi longs que blancs : c’est lui qui garde les enfants dans le tchoum, la hutte traditionnelle, lorsque les parents s’occupent des rennes.

Setos

La majorité de ce peuple de 10 000 individus vit sur le territoire de l'Estonie moderne, tandis qu’en Russie, il n’en reste que 300 représentants dans la ville de Petchory, dans la région de Pskov. Les Setos croient que les jurons attirent les mauvais esprits, et leur langue ne compte donc pas de termes grossiers. Contrairement aux Estoniens luthériens, les Setos sont orthodoxes dans les deux pays, mais ils ont aussi partiellement préservé leurs traditions païennes, c'est pourquoi on les appelait « demi-croyants » en Russie. Aujourd'hui, les Setos de Pskov parlent russe et portent des noms russes, mais organisent toujours des festivals ethnoculturels dans la région.

Ouhidés

Ce peuple indigène du Primorié (nom de la région de Vladivostok) vit de façon compacte dans plusieurs villages du Nord de la région, et le village de Krasny Iar, dans le parc national de la Bikine, est considéré comme leur centre culturel. Sur les 1 500 personnes qui se disent Ouhidés, un peu moins d'une centaine parlent leur langue ancestrale. Cependant, cette ethnie a préservé sa foi en les esprits de la nature et le pouvoir des chamans. Ils croient en outre qu'ils sont les descendants du tigre de l’Amour et de l’ours.

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Évènes

Cette ethnie indigène de Iakoutie et du Kamtchatka était autrefois appelée « Lamoutes », ce qui signifie « peuple de la mer ». Ils sont traditionnellement engagés dans la pêche et l'élevage de rennes, les Évènes recevant leurs premiers rennes dès la naissance. Ces derniers sont alors considérés comme la propriété de l'enfant et comme la dot future des filles. Les Évènes mènent encore de nos jours une vie nomade et honorent les esprits de la nature. La Russie abrite environ 20 000 représentants de ce peuple.

Tchouktches

Sur 16 000 représentants, 13 000 vivent en Tchoukotka, et le reste au Kamtchatka, en Iakoutie et dans la région de Magadan. Auparavant, ils étaient considérés comme des gens inhabituellement belliqueux qui attaquaient sans cesse leurs voisins, les Itelmènes, Youkaghirs et Koriaks, capturant leurs rennes. L'arc et les flèches étaient alors des armes particulièrement dangereuses dans leurs mains (d'ailleurs, pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Tchouktches sont devenus célèbres en tant qu'excellents tireurs d'élite). Aujourd'hui, la plupart d’entre eux vivent de l'élevage pacifique des rennes et de la chasse au morse. 

Khantys

Le nom du peuple khanty vient du mot signifiant chez eux « homme ». Sur 30 000 individus, les deux tiers vivent dans le District autonome des Khantys-Mansis, en Sibérie occidentale, et ont conservé leur culture, leurs croyances chamaniques et leur langue d'origine. Les chasseurs khantys ont généralement deux foyers : l'un permanent et l'autre nomade, sous la forme d’un tchoum. Leurs maisons permanentes ne diffèrent pas des demeures de village russes habituelles.

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Mansis

Il s’agit des plus proches parents des Khantys. Ils ont leur propre langue, mais sur 12 000 Mansis, plus de la moitié d'entre eux parlent le russe entre eux. D'ailleurs, leur ethnonyme provient aussi du mot « homme ». Fait étonnant : les langues de ces deux peuples sont les plus proches linguistiquement parlant du hongrois. Contrairement aux Khantys, la plupart des Mansis sont des éleveurs de rennes nomades. Ils ont également des lieux de résidence différents : les Khantys préfèrent la forêt, tandis que les Mansis privilégient la toundra.

Dans cet autre article, nous vous présentions des peuples de Russie vivant détachés de la civilisation et selon les traditions de leurs ancêtres.

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