Chevaux sauvages et feu affamé: expédition dans le Sud de la Sibérie

L'un des principaux centres touristiques et récréatifs de la région de l'Altaï est le lac Teletskoïe, qui a par ailleurs été inscrit à la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO comme partie intégrante des montagnes dorées de l'Altaï.

L'un des principaux centres touristiques et récréatifs de la région de l'Altaï est le lac Teletskoïe, qui a par ailleurs été inscrit à la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO comme partie intégrante des montagnes dorées de l'Altaï.

Tatiana Zhukova
Préparez-vous à faire la connaissance des peuples de l'Altaï, de la Khakassie et de la Chorie montagneuse.
Les touristes y sont accueillis par des femmes portant des costumes traditionnels. Les Khakasses s'habillaient ainsi jusque dans les années 1950, après quoi ils ont finalement adopté le style vestimentaire européen. Aujourd'hui, ils portent leurs costumes à l'occasion des célébrations familiales et des fêtes nationales, telles que Toun Prayram, festival du premier ayran (boisson à base de yaourt et d'eau salée), et le Nouvel An khakasse, le Chyl Pazy.
Un sympathique guide à quatre pattes peut éventuellement vous emmener faire un tour autour du lac.
Il y a 400 ans, un peuple nomade turc d'éleveurs de bétail, les Tiolioss, occupait les berges du lac Teletskoïe, dans l'Altaï. Leurs descendants, les Altaïens, y vivent encore.Les circuits touristiques dans les montagnes de l'Altaï passent généralement par le lac Teleteskoïe. Il est longé par un petit sentier qui part du village d'Artybach et mène à la vallée de la rivière Tchoulychman, aux Champignons de pierre et à la cascade Ouchar. Haute de 160 mètres, c’est la plus grande de l'Altaï.
Les habitants ont demandé au photographe Maxim Tarassov de retrouver leur cheval disparu à l'aide de son drone doté d'une caméra, et voici ce qu'il a capturé.
Un chaman du peuple chor s'apprête à accomplir un rituel. Les Chors, dont les ancêtres étaient connus à travers la Sibérie pour leur habilité à forger le fer, pensent que le monde est divisé en trois « sphères » : le ciel, ou Oulhi guer, le monde du milieu, Orti guer, et les terres des esprits du mal, Aina guer. Les hommes résidant dans la deuxième, les chamans utilisent le feu pour communiquer avec les autres « sphères ». Pour que les esprits soient favorables envers le chaman, des biens sont donnés en sacrifice aux flammes : de douces friandises et de délicieuses tranches de pain.
Notre destination, c’est une poignée de yourtes éparpillées dans une plaine entourée par les sommets de l'Alataou de Kouznetsk, une petite chaîne de montagnes au nord-ouest du Saïan occidental. Il s'agit en réalité du musée Khakasski Aal, où il est possible de passer la nuit dans l'un de ces habitats ancestraux. Au XIXee siècle, dans le Sud de la Sibérie, les grandes familles khakasses, peuple autochtone de bergers nomades, vivaient dans des structures similaires.
En juin, la chaleur estivale règne déjà sur les étendues de l'Altaï. Étonnamment, alors qu'elle paraissait si fraîche, l'eau de la rivière s'est avérée très chaude.
La statue de la « Maîtresse de la Taïga », œuvre du sculpteur Dachi Namdakov, est le symbole de la Chorie montagneuse, un territoire située à la jonction de l'Altaï, des monts Saïan et de l'Alataou de Kouznetsk. Une flamme s'agite dans la coupe brandie par cette femme. Les bois de l'élan sont quant à eux ornés de représentations solaires et de symboles de la fertilité, dans un style rappelant celui des peintures rupestres.
Les habitants surnomment cet endroit « Le frère cadet du Baïkal » : Bien qu'il ne soit pas aussi profond que ce dernier, l'eau y est tout aussi pure et lorsque sa transparence atteint son maximum, en février, il est possible d'y voir jusqu'à une profondeur de 15,5 mètres.
L'aventure commence ! Si vous pensez toujours que la Sibérie est un trou perdu émaillé de voies de communication en piteux état et d'ours bruns en embuscade dans chaque buisson, admirez cette route de la région de Tioumen, où coule la rivière Ichim.