Moscou a son propre Chinatown, mais ce n'est pas ce que vous pensez

Sergueï Bobylev/TASS
Pour les non-initiés, le nom de l'un des quartiers centraux de Moscou pourrait littéralement signifier «Chinatown». Néanmoins, ce n'est pas le cas.

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Si vous êtes déjà allé à Moscou, il y a de fortes chances que vous ayez parcouru les rues de Kitaï-gorod, l'un des plus anciens quartiers de la ville, à quelques minutes de marche des remparts du Kremlin.

Son nom peut littéralement être traduit comme « Chine-ville », c’est-à-dire comme « Chinatown », de sorte que beaucoup de touristes sont amenés à supposer que le quartier accueille ou a accueilli à un moment donné des migrants de Chine – d'où son nom. Un problème cependant : Kitaï-gorod n'a rien de chinois. 

Avant de recevoir son nom actuel, ce quartier s'appelait Veliki Possad (« Grand Quartier marchand ») et faisait office de carrefour commercial à partir du XVIe siècle. Aux XIXe et XXe siècles, il s'est transformé en la principale partie commerciale et financière de la cité, accueillant la douma (assemblée) municipale, la place de la Loubianka, avec l'échange de voitures de location, les Galeries supérieures, l'Académie slave, grecque et latine, d'anciens monastères, des églises, des imprimeries, des établissements d'enseignement, des banques, des bureaux de sociétés renommées, des magasins de mode, des hôtels, des tavernes animées, des marchés et des colporteurs omniprésents.

Carte postale du XIXe siècle présentant le monument-chapelle dédié aux grenadiers russes décédés lors du siège de Pleven (1877), situé dans le quartier de Kitaï-gorod.

Bien qu'il n'y ait pas de consensus général sur la véritable origine de son nom, l'une des théories les plus populaires prétend que « Kitaï-gorod » est dérivé du vieux mot slave « kita » qui signifie «  obstacle ». Autrefois, la zone était en effet protégée des envahisseurs potentiels par une tranchée avec un mur de terre, construit comme une haie – avec des poteaux entrelacés placés à une certaine distance les uns des autres, et les espaces entre eux remplis de terre, d'argile, de gros débris et de pierres. C'était une construction assez solide pour l'époque. Cette dernière a persisté avec la construction ultérieure de la célèbre forteresse de Kitaï-gorod au XVIe siècle. (Dans les années 1930, cette enceinte a été démolie, mais quelques morceaux ont heureusement survécu jusqu'à ce jour.

En outre, une théorie veut que ce soit Elena Glinskaïa, la mère d'Ivan le Terrible, qui ait donné son nom au quartier. En 1533-1538, elle a gouverné la Russie en tant que régente, et c'est elle qui a ordonné la construction des remparts de Kitaï-gorod en 1535. Or, certains disent qu'elle serait née dans un village appelé Kitaïgorodok, aujourd'hui en Ukraine, et qu'elle aurait ensuite attribué ce nom inhabituel à ce quartier moscovite.

L'église de l'Icône de Notre-Dame de Vladimir, près des portes Saint-Nicolas, à Kitaï-gorod, fin du XVIIIe siècle

Ceux qui tentent encore de retracer un lien avec la Chine n’en démordent pas pour autant, car ce quartier était autrefois un grand espace commercial, où les étrangers vendaient des marchandises provenant de contrées lointaines, notamment des textiles produits en Chine – ou « kitaïka », comme on les appelait alors. 

Mais encore une fois, pour être clair – personne n'a jamais vu ici de véritable quartier chinois, dans la conception que l’on s’en fait à New York par exemple.

Dans cet autre article, nous vous expliquons justement pourquoi il n’y a pas à Moscou de Chinatown ou de Little India.

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