Les BRICS investiront 450 millions d’euros dans l’extraction d’or en Russie

C'est la première fois de l’histoire des BRICS que les cinq pays participent tous à un accord dans le domaine de l’extraction des ressources.

C'est la première fois de l’histoire des BRICS que les cinq pays participent tous à un accord dans le domaine de l’extraction des ressources.

Kommersant
La transaction permettra de relancer l’extraction dans un gisement en difficulté et ouvrira la voie aux investissements des membres du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) dans l’extraction de ressources en Russie, affirment les experts.

Le groupe formé par la compagnie chinoise de production d'or China National Gold Corporation, la société indienne Sun Gold, la Fondation russe pour le développement des régions extrême-orientales et des fondations d’Afrique du Sud et du Brésil est prêt à investir plus de 450 millions d’euros dans le développement du gisement Klioutchevskoye (région du Baïkal, à quelque 6 500 kilomètres à l’est de Moscou).

Un accord ad hoc a été signé dans le cadre du sommet des BRICS qui s’est déroulé le 15 et le 16 octobre à Goa. Le gisement doit être mis en service trois ans après l’arrivée des placements et produire environ 6,5 tonnes d’or par an.

C’est la première fois de l’histoire des BRICS que les cinq pays participent tous à un accord dans le domaine de l’extraction des ressources, ce qui confère au document une grande importance, a souligné Viktor Bielski, responsable de la recherche de VTB Capital. Cet accord pourrait ouvrir la voie à des projets de plus grande ampleur, a-t-il estimé.

Qu’y gagnent l’Inde, la Chine et la Russie

Le gisement de Klioutchevskoye est exploité depuis longtemps, mais l’extraction nécessite de très grands investissements, a précisé Alexeï Kalatchov, analyste chez Finam. La relance de la production nécessite des technologies dernier cri de transformation de l’or rouillé, technologies que possède la China National Gold, a-t-il noté.

Le gisement appartient actuellement à la société indienne Sun Gold Ltd, mais le Service fédéral antitrust a déclaré dès août dernier que China National Gold Group avait l’intention de racheter 70% du gisement.

Le gisement Klioutchevskoye ne peut pas être qualifié de très riche : avec les volumes d’extraction annoncés, ses réserves ne seront suffisantes que pour onze ou douze ans, alors que la « longévité » des mines dans le monde constitue quinze-seize ans, a expliqué Artiom Kalinine, gérant d’actifs de la société privée Leon Family Office. Le prix de revient de cet or se situera, selon les pronostics, au niveau mondial moyen, a-t-il ajouté.

Les sociétés russes d’extraction d’or ne participent pas à la mise en valeur de Klioutchevskoye aujourd’hui. Toutefois, la Russie pourrait s’avérer gagnante, a poursuivi Artiom Kalinine.

« Les Russes auront l’occasion de s’initier aux nouvelles techniques et de bénéficier des infrastructures construites par les Chinois ». Parmi les grands avantages de la Russie figure également l’accroissement des rentrées fiscales, la création de nouveaux emplois et l’arrivée d’investissements étrangers, a indiqué Alexeï Kalatchov.

Quel est l’intérêt de la Chine

Bien que la Chine détienne le leadership mondial d’après les quantités d’extraction, ses ressources d’or, comme celles d’autres matières premières, sont assez faibles, a indiqué Artiom Kalinine. Les réserves d’or de l’Asie ne constituent qu’environ 11% des réserves mondiales.

La Chine est l’un des principaux consommateurs d’or dans le monde, mais la production de ce métal précieux dans le pays est en baisse (-0,4% en 2015) tandis que sa consommation est en hausse (+3,7% en 2015), a rappelé Oleg Remyga, chef du département chinois à l’École de gestion du centre d’innovations Skolkovo. « D’où l’aspiration des sociétés chinoises à entrer sur les marchés internationaux », a-t-il constaté.

D’après lui, les investissements de China National Gold Group dans le gisement de Klioutchevskoye n’est pas une activité nouvelle, car plusieurs sociétés chinoises ont acquis précédemment une part dans la compagnie canadienne Pinnacle Mines Ltd et ont acheté à Barrick Gold Corp 50% des actions d’un gisement en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

« Je suis certain que ce n’est que le début de l’acquisition d’actifs de minerais d’or en Russie par des industriels chinois, tels que Zijin Mining, China Gold, Zhaojin Mining Industry et  Shandong Gold », a fait remarquer Oleg Remyga, en précisant que des négociations avec eux étaient en cours depuis plus de cinq ans.

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