Cinq faits concernant Anna Pavlova, la plus grande danseuse russe du début du XXème siècle

Kira Lisitskaïa (Photo: Nemer-T, Bettmann/Getty Images)
Le monde entier était transporté d’admiration en la voyant danser. De son vivant, on la sculpta, on lui consacra des poèmes, on créa même un gâteau qui porte son nom! Nous vous invitons ici à découvrir la vie de la fabuleuse Anna Pavlova (1881-1931).

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Gâteau Pavlova

Crème fouettée – comment aurait-il pu en être autrement ! – , fruits rouges frais et nid de meringue rappelant un tutu. Voilà le célèbre dessert Pavlova connu dans le monde entier.

L’Australie et la Nouvelle-Zélande se disputent aujourd’hui encore pour savoir où exactement fut créé ce gâteau. Une chose est sûre : il le fut en 1926 pendant qu’Anna Pavlova était en tournée dans ces deux pays de l’hémisphère sud. Un pâtissier qui assista à l’une de ses représentations fut frappé par sa grâce et décida de lui rendre hommage.

Anna Pavlova dans le rôle d’Aspiscia, 1910 (ballet La Fille du Pharaon)

À l’époque, Anna Pavlova était déjà une légende vivante. Grâce à elle, l’école des ballets russes devint une référence dans le monde entier.  

Elle défiait les lois de la gravité

Qu’est-ce qui permit à Anna Pavlova, l’une des nombreuses ballerines russes du début du XXe siècle, de devenir une légende de son vivant ? La réponse est simple : sa légèreté, celle-là même que le pâtissier australien ou néo-zélandais immortalisa dans son gâteau.

Les contemporains d’Anna Pavlova qui eurent le bonheur de la voir danser furent stupéfiés par son incroyable agilité. « Elle semblait plus légère qu’un flocon de neige », s’émerveillait Tamara Karsavina, une autre ballerine du tournant du XXe siècle.

John Lavery. Anna Pavlova dans le rôle d’une Baccanthe (ballet Les Saisons)

Après être sortie diplômée de l’École impériale de théâtre de Saint-Pétersbourg en 1899, Anna Pavlova fut immédiatement engagée dans la troupe du théâtre Mariinski. Son talent était tellement évident qu’elle n’y fut pas coryphée . On lui confia immédiatement des rôles importants. À partir de 1902, elle interprétait régulièrement Gisèle, La Bayadère, Odette et Odile dans Le Lacs des Cygnes, Kitri dans Don Quichotte.

Le chorégraphe français Marius Petipa (1818-1910), sans qui le ballet russe ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui, comptait au nombre de ses admirateurs .

L’historien du ballet Valerian Svetlov écrivait qu’Anna Pavlova avait « la faculté rare de remettre en cause les lois de la gravité terrestre et [qu’]elle virevoltait en l’air avec une étonnante légèreté ».

Equilibre sur pointe

Elle avait le pied très voûté. Elle glissait même de petits tapons de tissu dans ses chaussons pour pouvoir mieux tenir sur ses pointes. Aujourd’hui, la plupart des danseuses mettent ce type de semelles dans leurs chaussons. En 1913, le sculpteur russe Boris Frödman-Cluzel reproduisit la cambrure d’un des pieds d’Anna Pavlova en bronze. 

Première interprète de la variation de La Mort du Cygne

La collaboration artistique d’Anna Pavlova et du jeune chorégraphe Mikhaïl Fokine fut particulièrement fructueuse. Il créa pour elle la miniature Le Cygne qu’elle dansa pour la première fois en 1907 sur la scène du théâtre Mariinski. Beaucoup pensent à tort qu’il s’agit d’un passage du Lac des Cygnes. C’est en réalité une variation indépendante du ballet sur la musique de Piotr Tchaïkovski. Elle reçut plus tard le titre de La Mort du Cygne. Les spectateurs étaient émus non pas tant par ce récit dramatique que par la maîtrise avec laquelle Anna Pavlova interprétait le rôle du cygne. De ses bras, elle imitait à merveille les mouvements des ailes de l’oiseau.

Cette variation devint la carte de visite de la ballerine. Elle la donna dans le monde entier presque jusqu’à son dernier souffle.

Anna Pavlova mourut en 1931 à l’âge de quarante-neuf ans des complications d’un refroidissement. Selon la légende, ces derniers mots furent : « Préparez-moi mon costume de cygne ». Découvrez ici la variation du Cygne par Anna Pavlova :

Elle fonda sa propre troupe de danse

Anna Pavlova ne brilla pas que sur la scène du théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg. En 1908, avec le danseur Adolphe Bolm (1884-1951), elle créa une petite troupe qui fit des tournées en Europe. En 1909, Anna Pavlova connut un véritable triomphe à Paris où elle participait aux Saisons russes de Serge Diaghilev (1872-1929).

Valentin Sérov. Anna Pavlova dans le rôle d’une des Sylphides, 1909

Elle quitta cependant la troupe. À cette époque déjà, elle chorégraphiait des ballets et décida de monter sa propre compagnie.

En 1914, elle donna son dernier spectacle en Russie. Au début de la Première Guerre mondiale, elle s’établit à Londres d’où elle sillonna le monde. Elle tourna dans des dizaines de pays : Australie, Nouvelle-Zélande, Philippines, Malaisie, Japon, Chine, Inde, Égypte, Amérique du Sud et, bien sûr, États-Unis et Europe. Ce fut elle qui fit découvrir le ballet dans certains de ces pays.

Sa tournée au Mexique en 1919 fut un événement inoubliable. Le pays venait à peine de connaître une révolution. Pour assurer la sécurité de la danseuse et de sa troupe, le président Venustiano Carranza (1859-1920) ordonna que deux cents soldats soient disposés sur le toit de leur train. Anna Pavlova et sa troupe se produisirent à plusieurs reprises dans des arènes. Ils interprétèrent des variations des ballets classiques, mais aussi des Fantaisies Mexicaines inspirées du folklore du pays qui les accueillait. Six ans plus tard, de retour au Mexique, Anna Pavlova conquit une nouvelle fois le public avec Don Quichotte.

Anna Pavlova à Paris

Ramón López Velarde (1888-1921) composa le poème Anna Pavlova entièrement consacré aux jambes divines de la ballerine : « Crois-moi, Dieu nous parle / Dans la langue de tes jambes ! »

Vous pouvez lire ce poème dans sa version originale.

Elle reste la danseuse russe la plus célèbre au monde

Anna Pavlova dans sa maison, Londres, 1912

Presque dans tous les pays où elle se produisait, Anna Pavlova était décorée par les autorités. On lui exprimait son adoration de toutes les manières possibles. Pour lui rendre hommage, on donna son nom à un gâteau, des astéroïdes, des algues, une plaine sur la planète Vénus, des avions et des rues.

Aux Pays-Bas, des horticulteurs créèrent en l’honneur de la danseuse une nouvelle variété de tulipe blanche. De son vivant, une statue dorée à la feuille la représentant fut dressée sur le dôme du Victoria Palace Theatre. Elle disparut durant la Seconde Guerre mondiale et une nouvelle y fut réinstallée en 2006.

Sculpture sur le dôme du Victoria Palace Theatre de Londres

Jusqu’à récemment encore, à chaque spectacle, un siège était réservé dans la salle pour le fantôme d’Anna Pavlova. Les employés du théâtre auraient vu un spectre danser sur la scène vide. Cette tradition fut abandonnée en 2016 lorsque Harry Potter et l’Enfant Maudit fut donné dans ce théâtre. Quelque temps plus tard, un bar, le Pavlova’s, ouvrit à quelques pas du théâtre. 

Dans cette autre publication, découvrez à quoi ressemblait le ballet russe avant la Révolution.

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