Sept raisons pour lesquelles nous adorons Vladimir Nabokov

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Cet écrivain russo-américain est toujours considéré comme l'un des plus grands romanciers, un traducteur hors pair, un entomologiste exceptionnel et un joueur d'échecs talentueux.

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Tout le monde a probablement lu (ou du moins vu le film) Lolita, consacré à une adolescente qui a une liaison avec un adulte. Cet œuvre érotique a apporté un succès mondial à son auteur VladimirNabokov, mais a rendu impossible pour lui de recevoir le prix Nobel. Il est mort le 2 juillet 1977, après avoir changé de pays, fuyant d'abord les bolcheviks, puis les nazis. Nous avons décidé de comprendre pourquoi nous sommes reconnaissants envers cet intellectuel.

1. Le premier à avoir traduit en russe Les Aventures d'Alice au pays des merveilles

À l'âge de 20 ans, Nabokov a quitté la Russie soviétique avec sa famille, car lors des événements de la Révolution russe de 1917, son père s'est impliqué en politique et s'est opposé aux bolcheviks. Le jeune Nabokov a été envoyé pour étudier au Trinity College de l'Université de Cambridge, où il a fondé la Slavic Society (société slave), qui est ensuite devenue la Société russe de l'Université de Cambridge. Nabokov était fasciné par la poésie et fut le premier à traduire en russe Les Aventures d'Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll (qui a d’ailleurs son roman après avoir visité Saint-Pétersbourg, où Nabokov est né).

2. Auteur de huit romans remarquables en russe

Après ses études en Angleterre, Nabokov a déménagé à Berlin, où il a épousé Vera Slonim et où est né leur fils Dmitri - un homme très attaché à la sauvegarde de l'héritage de son père, à la traduction de ses romans et même à la publication de l'œuvre inachevée de Nabokov L'Original de Laura.

En raison de la séparation avec sa patrie, l'un des leitmotivs des œuvres de Nabokov était la nostalgie. Certains de ses romans, écrits en Europe en langue russe, reflètent son mal du pays, et sont également d'excellents témoignages de la façon dont vivaient les émigrés russes à Berlin et à Paris. Machenka (1926), La Défense Loujine (1930), Invitation au supplice (1938), Le Don (1938) et d’autres livres ont été publiés en Europe en russe et ont été très appréciés par la diaspora russe. Bien que les livres de Nabokov n'aient pas été publiés en Union soviétique avant la Perestroïka, ils sont désormais également considérés comme des chefs-d'œuvre en Russie.

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Ses romans reflètent sa profondeur intellectuelle, ils racontent l'histoire d'une personne riche spirituellement en butte avec la vulgarité du monde extérieur. Il se plonge dans la métaphysique et voyage entre son imaginaire, les lieux berlinois, les souvenirs de sa patrie et le monde des gens ordinaires.

3. Conférences sur la littérature russe

En raison de l'antisémitisme croissant, Nabokov a d'abord quitté Berlin pour Paris, puis a fui l'Europe pour les États-Unis en 1940 à cause de l'avancée des nazis. En Amérique, il enseigne la littérature russe dans les universités, d'abord au Wellesley College, où il a fondé le département russe, puis à l'Université Cornell. Le texte intégral de ses conférences en anglais a été publié par Fredson Bowers avec son introduction. Après les avoir lues, on peut voir que Nabokov présente au public américain et repense intellectuellement les classiques les plus importants de la Russie : Nikolaï Gogol, Ivan Tourgueniev, Fiodor Dostoïevski, Léon Tolstoï, Anton Tchekhov et Maxim Gorki.

4. Un célèbre chasseur de papillons

En plus de son travail en tant que professeur de littérature, Nabokov a participé à la conservation de la collection de papillons du Musée de zoologie comparée de l'université Harvard. Il était tout simplement obsédé par les papillons et en a collectionné un grand nombre - après sa mort, sa propre collection a été donnée à l'université de Lausanne par sa femme Vera. Il a écrit plus de 25 articles et brochures sur la lépidoptologie et a compilé une nouvelle classification des papillons de la sous-famille des polyommatinae. 

Au total, ces insectes ont été mentionnés dans ses œuvres environ 570 fois. Il existe plusieurs études sur l'influence des papillons sur son art - et les spécialistes de la littérature disent que certains des papillons que Nabokov dépeint dans ses romans comportent des allusions de la vie réelle. Par exemple, dans le roman Le Don, un papillon jaune survole les lieux de Saint-Pétersbourg qui rappellent à l'auteur son père, et dans son autobiographie Autres rivages, la route du machaon symbolise le chemin du grand-père de Nabokov, un décembriste révolutionnaire, qui a été exilé en Sibérie.

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5. Traduction d'Eugène Onéguine en anglais

L'un des moments les plus difficiles pour tout traducteur travaillant avec la langue russe est le roman d'Alexandre Pouchkine en vers Eugène Onéguine. Nabokov a réussi à terminer la traduction, bien qu'il ait refusé de suivre la structure de Pouchkine, déclarant que le maintien de la rime et du rythme d'origine tuerait simplement l'esprit du poète et l'essence littéraire du roman. Nabokov a fait donc une traduction littérale en prose, accompagnée de commentaires détaillés en deux volumes. Les chercheurs ont ensuite activement utilisé son travail fondamental. 

En plus d'Eugène Onéguine, Nabokov a traduit un autre roman classique - Un héros de notre temps de Mikhaïl Lermontov. Il a également été le premier à traduire Le Dit de la campagne d'Igor, une œuvre littéraire datant du XIIe siècle écrite en ancienne langue slave.

6. L'auteur du roman à scandale Lolita

Ce roman occupe la quatrième place dans le classement des meilleurs romans de langue anglaise du XXe siècle (Modern Library 100 Best Novels) et la vingt-septième place dans la liste français Les cent livres du siècle proposée par des journalistes du Monde et des libraires de la Fnac. 

Lolita lui a valu un succès mondial et a donné naissance à plusieurs spectacles et productions. Il a écrit ce livre en anglais puis s'est traduit lui-même en russe.

7. Intellectuel et génie

Nabokov était un homme d'une grande intelligence, comme vous pouviez l’imaginer. C'était un scientifique, il parlait couramment trois langues (« Ma tête parle anglais, mon cœur russe et mon oreille français », dit-il), il écrivait, enseignait, traduisait. Mais de plus, il était capable de synesthésie - par exemple, il pouvait non seulement entendre la musique, mais la voir, ou avait un sentiment concret de la façon dont différents sons et lettres devaient être colorés. C'est une chose assez rare - Isaac Newton, Johann Wolfgang von Goethe ou encore Carl Jung possédaient des capacités similaires.

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Un autre fait curieux à propos de Nabokov est qu'il a écrit ses romans sur des cartes que lui seul pouvait comprendre. C'est pourquoi son dernier roman inachevé, L'Original de Laura, publié par son fils, qui a tenté d’ordonner ces cartes, s’est attiré de nombreuses critiques, certains étant en désaccord avec l’ordre du texte.

Nabokov était également un fan d'échecs et a créé plusieurs combinaisons à ce jeu. Certains de ses romans mentionnent les échecs ou les ont comme motif. Par exemple, le protagoniste de la Défense Loujine est un maître d'échecs.

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