Cinq séries occidentales qui décrivent la Russie (presque) sans clichés

Culture
MARIA TOKMACHEVA
Les ours, la vodka et les balalaïkas sont des poncifs omniprésents dans les films et séries télévisées américains et européens abordant la Russie, son histoire et son peuple. Cependant, de nombreux projets se démarquent désormais de cette triste tendance.

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Les cinéastes occidentaux dépeignent de mieux en mieux certaines époques de l’histoire russe et les habitants de ce pays, et affichent un intérêt croissant pour les acteurs russophones, activement invités à participer à des projets de grande envergure. Russia Beyond a recensé cinq séries dont les créateurs ont vraiment essayé d’éviter les clichés. Cependant, ces projets n’ont pas réussi à faire complètement l’impasse sur quelques poncifs entourant la Russie et les Russes...

1. The Americans

Les séries télévisées de style détective ou thriller peuvent difficilement se passer d'espions russes, mais l'écrivain et scénariste Joe Weisberg, qui est en passant un ancien officier de la CIA, a proposé une initiative inhabituelle autour de ce rôle éculé. Les officiers du KGB des années 80 sont ainsi devenus une famille Jennings propre sur elle habitant dans une banlieue de Washington. Ils combinent l'éducation de leurs deux enfants et le mode de vie banal d'une famille américaine ordinaire avec l'espionnage – pendant un certain temps avec beaucoup de succès.

Sur six saisons, la série, très appréciée par les critiques et les téléspectateurs en Russie et aux États-Unis, a subi de nombreux changements, mais une chose est restée inchangée : les deux adversaires de la guerre froide ont été montrés sans exagération et ressemblent autant que possible à la réalité. Pas étonnant que les Américains aient vu le jour à la suite d’un échange d'espions entre la Russie et les États-Unis ayant eu un grand retentissement…

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2. McMafia

La série avec James Norton dans le rôle-titre aguiche d'abord avec du caviar, de la vodka et des bandits portant les noms d'hommes d'affaires célèbres de la liste Forbes, mais elle se transforme progressivement en une saga criminelle trépidante, où les envolées artistiques se combinent harmonieusement avec la vérité géopolitique.

Au centre de McMafia figure la famille de l'oligarque russe fugitif Dmitri Godman (incarné par la star de cinéma russe Alexeï Serebriakov), qui a vraiment le mal du pays, s'inquiète pour ses enfants qui ont presque oublié la langue russe et se retrouve pris dans un tourbillon d'événements criminels couvrant le Royaume-Uni, Israël, la République tchèque, l'Inde et, bien sûr, la Russie. Les images de Moscou que vous pouvez voir dans McMafia ont vraiment été tournées dans la capitale russe. Lors de la deuxième saison, les créateurs de la série ont promis de montrer encore plus la vraie Russie.

3. Stranger things

La troisième saison du projet populaire des frères Duffer a offert aux fans du projet une « piste russe » sans laquelle, bien sûr, aucune histoire des mystérieuses années 80 ne serait complète. Tranchant avec les héros russes caricaturaux caractéristiques de l'époque (rappelez-vous, par exemple, Double détente avec Arnold Schwarzenegger), un Russe étonnamment positif à tous points de vue est apparu dans la série. C’est peut-être même un cas unique dans le cinéma américain. Il s’agit du scientifique Alexeï, très apprécié du public, qui aide les personnages principaux, Hopper et Byers, à comprendre pourquoi les Russes s’intéressent à une petite ville de l'Indiana. Non sans l'aide d'un traducteur, bien sûr. Le rôle du scientifique a été joué par l'acteur Alec Utgoff, qui a grandi en Russie et en Ukraine, puis s'est rendu au Royaume-Uni, où il a fait carrière. Les créateurs de Stranger Things ne se sont pas arrêtés là et ont déjà intrigué le public avec un teaser pour la quatrième saison, où, semble-t-il, « Mère Russie » sera très présente...

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4. The Romanoffs

Le créateur de la série culte Mad Men Matthew Weiner a été tellement inspiré par l'étude de l'histoire de la Russie qu'il a décidé de consacrer toute une mini-série à la dynastie Romanov. Ou plutôt, à leurs descendants modernes.

Chaque série du projet est un film distinct sur le poids de l’histoire, les secrets de famille, les malédictions de lignée et les mythes que les gens sont prêts à croire si cela leur convient. Mais toutes les séries sont liées par le fait qu'elles parlent de porteurs du gène de la famille des tsars, vivant maintenant dans différents pays, mais se rassemblant parfois lors d’une réunion de la famille Romanov, qui – non sans clichés – est montrée dans le deuxième épisode de la série.

Cependant, la vraie réalité russe est surtout présente dans la septième série, où un couple américain se rend à Vladivostok pour adopter un enfant dans un orphelinat. Bien que toute la partie « russe » ait été filmée en Roumanie, la province russe des années 2000 y est très bien dépeinte, avec ses contrôles frontaliers stricts, ses habitants peu souriants, la vie dans des hôtels miteux et même un tribunal russe. De plus, presque tous les acteurs parlent russe avec un accent presqu’imperceptible.

5. Tchernobyl

Les créateurs de l'un des projets les plus marquants de l'année dernière ont non seulement réussi à raconter l'histoire de la catastrophe de Tchernobyl et à dépeindre la tragédie des personnes prises en otages par l'accident qui a affecté le monde entier, mais ont également soigneusement examiné les détails pour recréer la vie et les coutumes de la vie soviétique, des tapis et ustensiles dans les maisons des résidents ordinaires de Pripiat aux tables massives dans les bureaux des hauts fonctionnaires soviétiques et des employés du parti.

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Peut-être que cela s’est produit parce que le superviseur du projet Craig Meisin, avec le réalisateur Johan Renck, a soigneusement étudié les documents d’archives et lu la Prière de Tchernobyl de Svetlana Alexievitch. Le tournage a eu lieu en Lituanie et en Ukraine, où après la sortie de la série, les excursions à Pripiat sont devenues populaires (après l'effondrement de l'URSS, le lieu de l’accident fait partie du territoire de l'Ukraine). Bien que les rôles principaux soient joués par des acteurs étrangers qui n'ont pas connu le régime soviétique, ils ont réussi à transmettre non seulement le déchirement intérieur des personnages, mais aussi le conflit, externe, entre le devoir et l'honneur, les ordres du parti et la vie humaine.

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