Les casinos et les banques testent une nouvelle technologie de reconnaissance faciale

30 novembre 2016 Ekaterina Gorlitsyna
La start-up NTechLab a lancé sur le marché mondial un nouveau service de reconnaissance faciale destiné aux entreprises, FindFace Cloud API. La technologie a déjà été testée par les casinos, les banques et sur les réseaux sociaux russes.
Le nouveau service de reconnaissance faciale
FindFace Cloud API peut comparer deux visages avec une précision de 99%. Crédit : Alamy / Legion-Media

Le nouveau service de reconnaissance faciale FindFace Cloud API peut comparer deux visages avec une précision de 99%, assure le fondateur de la start-up NTechLab, Artiom Koukharenko. La technologie permet d’identifier une personne au sein d’une base de données constituée de 250 millions de photographies avec un taux de probabilité supérieur à 70%.

Contrairement au désormais célèbre service FindFace qui permet de rechercher une personne prise en photo avec son téléphone sur le réseau social VKontakte, l’équivalent très populaire de Facebook en Russie, ce nouveau produit est destiné aux entreprises et identifie les personnes à partir de la base de données du client. Les fondateurs de cette start-up estiment que le service pourrait être utilisé dans de nombreuses industries, allant des sites de rencontres aux produits bancaires.

La rapidité de la recherche fait la différence

Le produit a déjà été testé par plus de 100 entreprises, « tant dans le secteur privé que public », précise Artiom Koukharenko qui estime que l’avantage de NTechLab sur les leaders mondiaux de la reconnaissance faciale que sont le japonais NEC et l’allemand Cognitec, c’est la vitesse à laquelle son produit effectue la recherche au sein de la base de données pour trouver les correspondances.

« Une recherche dans une base d’un million de photos prend environ deux secondes chez NEC, l’algorithme de NTechlab est beaucoup plus rapide », explique le patron. En 2015, cela a permis à la start-up de remporter le championnat MegaFace Benchmark, organisé par l’université de Washington, devançant même le géant Google.

Find Poker Face

Artiom Koukharenko indique que le groupe Diamond Fortune installera cette technologie dans tous les casinos qu’il possède dans la zone de jeu du Primorié, une région de l’Extrême-Orient russe. Le service identifiera les clients suspects, en dépit du faible éclairage et de leurs tentatives éventuelles de modifier leur apparence.

Cette technologie permettra de reconnaître une personne pour autant que cette dernière se soit déjà rendue dans l’établissement au moins une fois. « On pourra connaître ses habitudes, ses préférences et identifier les clients qui dépensent plus », ajoute Artiom Koukharenko, qui précise que cela permettra d’établir une relation plus poussée avec les habitués.

Un selfie à la place d’un passeport

La banque russe Tinkoff envisage également de recourir à la technologie développée NTechLab. Pour ses représentants, ce service devrait permettre aux clients d’utiliser un selfie en lieu et place d’un mot de passe pour se connecter à leur compte sur internet ou pour ouvrir un compte et obtenir un crédit à distance sans avoir besoin de leur passeport.
Ce service devrait étalement permettre d’identifier les fraudeurs. « Au moment de la demande d’une carte bancaire, il suffira de comparer la photo du demandeur avec la base constituées des photos de fraudeurs », indiquent les représentants de Tinkoff Bank.

Recherche dans la foule

En juillet 2016, l’un des trois plus grands opérateurs de téléphonie mobile en Russie, VimpelCom, propriétaire de la marque Beeline, a utilisé FindFace lors du festival de musique Alfa Future People. Les photos prises lors de la manifestation ont été insérées dans une base de données images. Les participants n’avaient dès lors plus qu’à envoyer un selfie à un robot spécial du groupe Beeline via le réseau social VKontakte pour obtenir les photos prises lors du festival sur lesquelles ils figuraient. Selon les informations de VimpelCom, 12 000 demandes ont ainsi été traitées et 30 500 images envoyées.

Enfin, Artiom Koukharenko précise que le programme n’a besoin que de quelques secondes pour identifier la bonne personne au sein d’une base de données d’un million de portraits.

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