Les tours, ces imperturbables gardiennes de pierre des monts d’Ingouchie

Erzi, un complexe de tours ingouches médiévales

Erzi, un complexe de tours ingouches médiévales

Mikhail Japaridze/TASS
Ces hautes structures, que l’on retrouve en République d’Ingouchie et dans d’autres régions du Caucase, ont été érigées en des temps anciens, mais des centaines d'entre elles sont encore intactes.

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Les Ingouches, tout comme d’autres peuples vivant dans le Caucase, à l’instar des Ossètes, Svanes et Tchétchènes, ont durant des siècles érigé des tours veillant sur le relief marqué de cette région montagneuse. Les premières d’entre elles datent d’avant même la venue au monde du Christ.

Tours dans l’ancienne cité ingouche de Niï

En fonction des régions et des peuples à l’origine de leur construction, l’architecture de ces géantes de pierre différait, malgré certains traits communs. Les pierres étaient généralement fixées à l'aide de mortier de chaux ou de terre.

Le site ingouche d’Egikhal est particulièrement spectaculaire, avec cinq tours de combat, six tours polyvalentes et cinquante tours résidentielles. Plus de 100 sépultures, 3 sanctuaires, et un mausolée s’y trouvent également.

La construction d'une tour ingouche était par exemple soumise à des règles strictes. Elle devait être terminée en 365 jours, sans faute, sous peine de ne pas être achevée et d’être démantelée. De plus, chaque famille aisée du village était obligée d’en construire une.

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Tours dans l’ancienne cité ingouche de Niï

Les tours avaient une hauteur d'environ 10 à 12 mètres. Le rez-de-chaussée abritait des écuries et des étables. Les sols et les plafonds étaient en bois. Le premier étage était destiné à l'espace de vie, tandis que le niveau supérieur était souvent réservé aux invités, mais pouvait aussi être utilisé pour la défense.

 Complexe de tours dans le district de Djeïrakh, en Ingouchie

Ce qui semble être des balcons sont en fait des points d'observation défensifs. Ces « excroissances » n'ont pas de plancher et servaient à jeter des pierres et à verser des liquides brûlants sur les attaquants, tandis que l'enceinte de pierres du « balcon » protégeait les défenseurs des flèches ennemies.

Tours dans l’ancienne cité ingouche de Khiani

Le site de Vovnouchki est le plus célèbre en matière de tours ingouches. Ces bâtisses étaient principalement destinées à la défense, mais des familles vivaient également à l'intérieur.

Complexe de tours dans la gorge de Djeïrakh

Les villages des tours étant situés en hauteur, ces structures pouvaient également être utilisées pour la communication par le biais de feux que l’on allumait afin que tous les villages voisins puissent être rapidement informés de l'approche d'un ennemi.

Torguim, un village  ingouche dans la vallée de l’Assa

Les tours portent fréquemment les symboles spirituels de leurs constructeurs et des familles qui ont financé leur construction. Fait intéressant, aujourd’hui dans le Caucase russe, de riches familles érigent encore des tours de ce type, afin de perpétuer la tradition et d’immortaliser leur nom.

Un sanctuaire perché dans les montagnes ingouches

Une multitude de tours restent par ailleurs encore à être correctement étudiées à travers l’ensemble des républiques caucasiennes.

Des tours défensives du village de Charoï

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