Quels pays produisent des armes russes?

g4sp (CC BY-SA 2.0)
La Russie produit un vaste éventail de types d'armes, allant des couteaux aux sous-marins nucléaires, mais peu de gens savent qu’un grand nombre d’entre elles sont fabriquées à l'extérieur du pays.

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Pendant des décennies, la Russie a non seulement vendu des armes, mais également créé des installations militaires dans le monde entier pour produire des armements de haute technologie pour ses clients. Parfois, Moscou vend des licences avec toute la documentation technique sur les équipements militaires afin que son partenaire étranger soit en mesure de les produire lui-même.

Inde

Au milieu des années 1960, l'Inde est devenue le principal acheteur d'armes russes. Selon le SIPRI (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm), depuis lors, un tiers des exportations militaires de Moscou sont destinées à New Delhi, ce qui équivaut à 65 milliards de dollars pour le budget de la Russie.

« En plus des livraisons d'armes prêtes à l'emploi, Moscou vend également des licences avec une documentation technique complète pour ouvrir une production à grande échelle de ses armes dans le pays. Ce n’est pas systématique, mais de tels accords font souvent partie de contrats s’élevant à plusieurs milliards de dollars entre les pays. C’est ce qui s'est produit avec l'Inde », explique Ivan Konovalov, directeur du développement de la Fondation pour la promotion des technologies du XXIe siècle.

Selon lui, l'une de ces licences a été vendue à la société indienne Hindustan Aeronautics Limited (HAL). La société a produit plus de 200 chasseurs lourds Su-30MKI depuis 2000. Pour être précis, la société ne s'est pas contentée d'assembler des avions de chasse à partir de pièces qui avaient été précédemment livrées de Russie. Elle a lancé une production à grande échelle d'avions de combat. Selon l’accord avec HAL, la Russie est le fournisseur d'aluminium et de titane d'aviation pour la production d'avions.

Comme il l'a noté, l'Inde est toujours le plus gros acheteur d'armes russes. « Le pays essaie d'inscrire dans certains contrats la création d'installations qui produiront des armes, ou au moins des pièces de rechange, pour les équipements militaires qu'ils nous achètent. Par exemple, nous avons un certain nombre d'usines le long de la côte indienne qui produisent des pièces de rechange pour les navires et les sous-marins que nous avons vendus à l'Inde au fil des ans », ajoute Konovalov.

Dans un avenir proche, le holding Kalachnikov ouvrira également une usine en Inde, où la société produira le fusil AK-203 pour l'armée locale. C'est un contrat de plusieurs millions de dollars de plus entre les pays, car l'Inde est obligée de produire pas moins de 670 000 fusils d'assaut AK-203 d'une valeur de 960 $ l’unité.

Chine

La Russie et la Chine entretiennent des relations militaires de longue date qui n'ont pas toujours été faciles. Au fil des ans, Moscou a vendu des licences de production d'armes en Chine.

« À l'époque de l'URSS, nous avons ouvert une production sous licence du fusil d’assaut AK-47 en Chine. Nos partenaires ont apporté un certain nombre de modifications au fusil et il a été surnommé Type-56. Mais la production des AK de renommée mondiale s'est transformée en copies de mauvaise qualité avec de nombreux dysfonctionnements. Moscou n'a pas apprécié et n'a pas prolongé la licence avec les Chinois. Néanmoins, même aujourd'hui, vous pouvez toujours trouver sur le marché des copies de l'AK-47 qui ont été fabriquées illégalement en Chine », explique Konovalov.

Dans les années 1990, la Russie a également créé en Chine un site destiné à produire des avions de combat Su-27.

« Pourtant, au fil des ans, l'accord avec la Chine a échoué et l'usine qui devait assembler 200 chasseurs pour l'armée locale n'en a finalement produit que 100 », se souvient l'expert.

Les Chinois ont également acheté une licence pour fabriquer le véhicule de combat d’infanterie russe BMP-3 et ont créé leur propre machine basée sur la plateforme ZBD-04A. « La plateforme chinoise comporte un certain nombre de décisions techniques empruntées au BMP-3 russe que nous voulions leur vendre et produire à grande échelle en Chine. L'accord a été rompu une fois que les Chinois ont reçu le premier lot de machines à tester », dit-il.

Néanmoins, il existe de bons exemples de partenariat fructueux et de production militaire conjointe. Par exemple, en 2005, la Chine a commandé et acheté, dans le cadre de la production sous licence, huit canons d'artillerie AK-176 embarqués de 76 mm, même si leur livraison est toujours en cours. Comme indiqué par le SIPRI, en Chine, ce système a reçu la désignation « H / PJ-26 » et est installé un par un sur les quais des navires de débarquement Type-071 (Yuzhao).

Conformément au contrat de 2011, la Russie a également créé un site de production de turboréacteurs pour le chasseur embarqué J-15.

« Toutes les usines créées à l'étranger appartiennent au pays dans lequel elles se trouvent. Néanmoins, la Russie dispose d'un droit de veto sur les éventuels contrats d'armement avec des tiers en vue de la livraison d'armes produites dans ces usines. Nous pouvons résilier juridiquement les accords d'armes avec des tiers si la Russie estime que ces systèmes d'armes finiront entre les mains de terroristes. Sinon, le pays est libre de faire ce qu'il veut et de vendre des armes à qui il veut », déclare Konovalov.

Emirats arabes unis

Début 2010, le fabricant d'armes russe Lobaev Arms a été invité à créer une usine de production de fusils de précision à grande échelle aux Émirats arabes unis.

Le contrat de plusieurs millions de dollars entre cette société d'armement privée et le royaume comprenait la création de 200 fusils de sniper pour les unités des forces spéciales locales et la vente d'une licence pour la production ultérieure de ces fusils de précision modifiés pour la région de la péninsule arabique.

« Aujourd'hui, l'entreprise s'appelle Tavazun. Au début, elle était spécialisée dans les fusils de précision russes capables de frapper des cibles à des distances de 600 et 1 800 mètres. Au fil des années, les propriétaires ont invité les ingénieurs européens de SIG Sauer à agrandir leur entreprise et à commencer à produire également des fusils d'assaut », explique Iouri Sinitchkine, ingénieur en chef de la société Lobaev Arms.

Selon lui, Tavazun produit des versions modifiées des fusils de sniper russes DVL-10 créés pour les opérations en milieu urbain. L'arme s'appelle CSR-308 et diffère de l'arme russe par une résistance accrue au sable. Pour le dire simplement, elle n'est pas aussi sensible à la saleté que les fusils de sniper européens.

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