Gros plan sur le tout premier drone de frappe russe Orion

Vitali V. Kuzmine/vitalykuzmin.net
Le drone a été doté de systèmes d'armes de nouvelle génération afin de lui offrir une défense efficace contre les ennemis du monde entier. Pourtant, il devra faire ses preuves sur les théâtres d’opérations s’il veut être placé sur un pied d’égalité avec les analogues étrangers.

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L’Orion appartient à la classe des drones à moyenne altitude et longue endurance (l’abréviation de l’Otan pour cette classe de drones est MALE - Medium Altitude Long Endurance). Cet appareil a des performances de vol assez élevées et une capacité de charge importante, ce qui en fait une bonne plateforme pour transporter des missiles et des bombes. Actuellement, un premier lot de trois drones Orion a rejoint l’armée et d’autres ne vont pas tarder à rejoindre ses rangs.

Avec une envergure de plus de 16 mètres et ses huit mètres de long, l’Orion a une masse au décollage d’une tonne. La charge utile peut aller jusqu'à 200-250 kg. La vitesse de croisière annoncée est de 120 km/h ; cependant, sa vitesse maximale est actuellement inconnue. L'appareil possède un plafond opérationnel de 7,5 km. En fonction de la charge et de la configuration, le drone peut rester dans les airs jusqu'à 24 heures.

Un ensemble de systèmes radio-électroniques aux fins diverses a été installé sur le drone. Le composant le plus visible est le carénage de la station optoélectronique situé sous le fuselage. Grâce à lui, l’appareil peut effectuer des missions de reconnaissance, rechercher des cibles à abattre et surveiller les résultats de la frappe.

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Pour une utilisation en tant que transporteur d’armes, les ingénieurs ont installé des pylônes amovibles. Un de ces dispositifs est monté sous l'aile et un autre est placé sous le fuselage.

Armement et comparaison avec les analogues étrangers

Le drone Orion a été conçu pour transporter et utiliser des missiles guidés et des bombes de différents types. Une munition de petit calibre adaptée à la capacité de charge utile limitée de l'appareil a également été spécialement conçue pour lui. Des maquettes de telles unités ont été montrées au public il y a quelques mois.

« Pour l’Orion - et à l’avenir pour d’autres drones d’attaque moyens ou lourds - toute une gamme de bombes aériennes guidées a été créée avec des calibres de 20 et 50 kg. La principale est la bombe aérienne planante UPAB-50 dotée de l’ogive du système de roquettes Grad. Une charge similaire est embarquée par l'unité KAB-50, qui peut être équipée d'une tête infrarouge, vidéo et laser. Il existe [aussi] une bombe FAB-50 simplifiée », révèle Vadim Koziouline, professeur à l'Académie des sciences militaires.

Les plus petites de la série sont les bombes KAB-20. Elles pèsent environ 21 kg et transportent 7 kg d'explosif.

« Dans un avenir proche, l’Orion recevra des bombes avec guidage par satellite et laser », précise l'expert.

Les ingénieurs russes ont en outre créé le missile guidé X-50 spécialement pour ce drone. Cette arme mesure 1,8 mètre de long pour 180 mm de diamètre. La masse de la fusée est de 50 kg, dont jusqu'à 20 kg pour l'ogive.

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« À l’aide de moyens optiques standards, le drone Orion est capable d’observer le terrain et de traquer des cibles. Ensuite, en utilisant les types de bombes et de missiles existants, il pourra frapper les cibles au sol dans un rayon de plusieurs kilomètres », ajoute l'expert.

Les armes possédant des ogives de 7 à 20 kg sont capables de frapper efficacement les véhicules légèrement blindés et les structures non défendues. Moins puissants que les bombes et missiles « plein format », ces nouveaux produits sont en mesure de rendre plus flexible l’utilisation des avions de combat, avec ou sans pilote.

« Pour être honnête, la Russie cherche à marcher sur les plates-bandes des États-Unis concernant la fabrication de drones. Ces machines ont été largement utilisées en Irak et en Afghanistan dans les opérations de l’Otan et elles ont beaucoup plus d’expérience de combat, tout comme les modifications et versions pour tous les types d’opérations. Nous n'avons testé notre Orion qu'en 2018 en Syrie, mais uniquement comme unité de reconnaissance et non comme arme de recherche et de destruction. Nous avons donc du pain sur la planche pour mettre à l’avenir notre machine sur un pied d’égalité avec les X-47B Pegasus et MQ-9 Reaper étrangers », estime l’expert.

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