L’art, cheval de Troie de la première conductrice de train de Russie pour l’égalité des sexes

Sofia Dorofeïeva
Précisément 456 professions demeurent en Russie interdites aux femmes, mais le gouvernement prévoit de ramener ce nombre à 98 en janvier 2021. Cette femme mène une croisade personnelle contre ces restrictions restantes.

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« Ma famille était contre ma décision de devenir conductrice de train : nous nous sommes disputés et querellés, mais avec le temps, ils l'ont accepté et maintenant ils sont très contents de mes accomplissements », se vante Sofia Dorofeïeva.

Elle est devenue la première femme en Russie à obtenir un diplôme de conducteur de train. Pour elle, cela a été possible grâce au prochain changement de la législature russe qui devrait assouplir les restrictions existantes concernant le choix de profession en fonction du sexe.

Jusqu'à présent, il y a 456 professions que les femmes ne sont pas autorisées à exercer légalement, car considérées comme très dangereuses. Cette liste a été approuvée par le gouvernement russe il y a une vingtaine d'années et devrait être considérablement réduite en janvier 2021.

Sofia Dorofeïeva est ainsi une pionnière dans l'une des professions jusqu'alors réservées aux hommes.

Inspirée par sa future carrière dans ce domaine dominé par la gent masculine, elle dessine de magnifiques illustrations représentant le métier de ses rêves, ainsi que la joie et, parfois, les craintes qui y sont associées.

Sofia a initialement choisi cette profession parce qu'elle s'intéressait aux trains comme sujets de son art. Elle avait l'habitude d’en dessiner et a progressivement réalisé qu'elle était vraiment passionnée par le romantisme des voyages lointains en train.

Alors qu'elle s'efforçait de réaliser son rêve, Sofia a lancé et développé un compte Instagram, où elle publie des illustrations dans le style des animes japonais, qui la dépeignent comme une conductrice de train expérimentée et fière de l'être.

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Bien qu'elle ait été la seule étudiante femme de sa promotion, Sofia dit qu'elle a apprécié ses études et qu'elle n'a pas été confrontée à de la discrimination sexuelle, mais qu'elle a au contraire reçu un soutien important de la part des professeurs et des autres étudiants.

« À l’école et pendant le stage, l'attitude de mon entourage était bonne. Tous ceux qui me connaissaient bien comprenaient que j'étais une personne bornée et responsable. C'est pourquoi ils m'ont soutenue de toutes les manières possibles », a déclaré Dorofeïeva.

Sofia confie qu'elle ne nourrit aucune ambition artistique au-delà de son compte Instagram, mais précise qu'elle publiera de nouvelles œuvres pour ceux qui pourraient être intéressés. Peut-être que cela inspirera d'autres femmes à se lancer dans des carrières qui leur étaient auparavant inaccessibles en raison de leur sexe.

« Il n'y a rien d'excessif pour les femmes dans le travail lié aux trains. Je pense que cela est injuste. Ces interdictions existent en raison de préjugés ou d'une préoccupation perçue pour la santé et la reproduction des femmes. Cette liste n'a pas sa place dans le monde moderne, car chacun a le droit de gérer sa santé, ses capacités physiques et son désir de fonder une famille de manière indépendante », insiste la jeune femme.

Lorsque les modifications de la législation entreront en vigueur en 2021, les femmes de toute la Russie auront le droit de conduire des trains, des bateaux et des camions en tant que professionnelles. Néanmoins, certains métiers leur resteront interdits. Par exemple, les femmes ne pourront pas obtenir un emploi dans une entreprise où sont utilisés des produits chimiques présentant un danger pour le système reproductif féminin. De même, elles ne pourront pas travailler comme mineuses, mécaniciennes d'aviation et ne seront pas autorisées à exercer une profession nécessitant une participation à des opérations directes de lutte contre les incendies.

Dans cet autre article, découvrez, au contraire, le portrait d’hommes russes exerçant des métiers jugés féminins.

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