Oligarques, «parrain» de Poutine: quatre arrestations controversées de Russes à l’étranger

Legion Media
Deux magnats, un ancien ministre et une personne qui a donné à Vladimir Poutine son premier emploi à Moscou - tous ont eu ou ont encore des démêlés avec la loi en Occident. RB évoque les quatre cas les plus marquants liés à la persécution de personnalités russes à l'étranger.

1. Souleïman Kerimov et les villas luxueuses

« Apportons toute l'aide que nous pouvons! Tout ce qu'on peut faire doit être fait! Prions! Je ne peux pas rester indifférente, car cela concerne l'homme que j'aimais et que j'aime. Si vous êtes avec moi - aidez Suleiman... » Ce plaidoyer passionné a été fait par une ancienne danseuse de ballet célèbre et personnalité médiatique Anastassia Volotchkova. Confessant publiquement que les deux ont une relation, elle exhorte la Russie à soutenir la 21e personne la plus riche du pays, Souleïman Kerimov, qui a été arrêté en France le 20 novembre.

Lire aussi : Milliardaires russes: comment ils ont gagné leur premier million

Le milliardaire et sénateur russe, qui a été détenu à son arrivée à Nice, a passé deux jours à répondre aux questions de la police, avant que son passeport ne soit confisqué et qu'il ait été libéré après avoir versé une caution de 5 millions d'euros. Les procureurs soutiennent qu'il n'a pas payé des dizaines de millions d'euros d'impôts après avoir acheté, via des intermédiaires, des propriétés de luxe sur la Riviera française.

Le précédent incident malheureux de Kerimov sur le Riviera s'est produit en 2006. Il a eu un accident avec sa Ferrari alors qu'il se rendait à vive allure à Nice, et a eu des brûlures graves. On estime qu'il était dans la voiture avec l'animatrice de télévision Tina Kandelaki.

2. Mikhaïl Prokhorov et les 16 jeunes femmes

La France semble être un endroit hostile, au moins pour quelques oligarques russes. Dix ans avant Kerimov, c'est dans ce pays qu'a été arrêté un autre oligarque russe, le milliardaire Mikhaïl Prokhorov, dans une affaire retentissante.

Prokhorov a été arrêté dans les Alpes françaises, à la station de ski huppée de Courchevel. La police a détenu 25 personnes, dont 16 jeunes femmes, des compagnes du milliardaire. La police a accusé l'oligarque russe de diriger un réseau de prostitution en Europe occidentale. Comme l'a rapporté le journal Kommersant, les agents ont trouvé 200 préservatifs dans les bagages d'une des femmes. La police pensait avoir affaire à un réseau de prostitution haut de gamme.

Lire aussi : Mikhaïl Prokhorov, une alternative aux manifestations de rue

Prokhorov passa quatre jours au siège de la police de Lyon avant d'être libéré sans inculpation. Une affaire criminelle contre lui a été close deux ans plus tard pour manque de preuves.

En évoquant les causes possibles de l'arrestation du magnat, les médias russes ont suggéré que les autorités françaises voulaient probablement envoyer un signal aux nouveaux riches russes, afin qu'ils soient plus modestes lors de leurs séjours sur le sol français. Les fêtes de Prokhorov à Courchevel étaient considérées comme les plus turbulentes. Cependant, tout fut pardonné en 2011, quand l'oligarque a reçu la plus haute récompense de la France, la Légion d'honneur.

3. Evgueni Adamov et le cash pour la sûreté nucléaire

Evgueni Adamov n'était pas un milliardaire ni même un millionnaire, du moins officiellement. C'était un scientifique nucléaire et le ministre russe de l'Energie atomique de 1998 à 2001. Il a ensuite travaillé comme conseiller auprès du premier ministre russe. En 2005, il a été arrêté en Suisse sur demande des autorités américaines. En Russie, l'arrestation a fait les gros titres, car il était considéré comme potentiellement dangereux pour la sécurité nationale. En tant que ministre, Adamov avait eu accès à des informations sensibles et les autorités russes ont entamé une longue bataille judiciaire contre son extradition.

Lire aussi : Les lubies les plus incroyables des millionnaires russes

Les Américains accusaient Adamov d'avoir détourné 9 millions de dollars remis par Washington à Moscou pour améliorer la sécurité dans les installations nucléaires russes. Une enquête criminelle sur l'ex-ministre a également été ouverte en Russie. C'est ainsi que les autorités suisses ont reçu deux demandes d'extradition: une des États-Unis et une autre de la Russie. Les Suisses hésitaient. D'abord, un tribunal Suisse a décidé d'extrader le Russe aux États-Unis, mais la décision a été infirmée, et Adamov est retourné en Russie.

Si quelqu'un pensait que l'enquête criminelle en Russie était juste un prétexte pour ne pas remettre l'ex-ministre aux États-Unis, ce n'était pas le cas. Au moins, il semblait en être ainsi en février 2008, lorsqu'Adamov a été reconnu coupable d'abus de pouvoir et de fraude et a été condamné à cinq ans et demi de prison. Mais deux mois plus tard, il a remporté un procès en appel et sa peine a été annulée.

4. Pavel Borodine et la rénovation du Kremlin

Jusqu'à présent, il s'agit du plus haut gradé russe détenu à l'étranger. Quand il a été arrêté aux États-Unis en 2001, il était Secrétaire d'État de l'Union de la Russie et de la Biélorussie. Dans les années 1990, il était proche du Président Boris Eltsine, et était à la tête du département de la gestion des biens présidentiels.

En tant que tel, il a employé le Président russe actuel Vladimir Poutine. Le premier emploi de Poutine à Moscou, quand il a déménagé de Saint-Pétersbourg en 1995, était dans le bureau de Borodine. Poutine fut son adjoint jusqu'en mars 1996. C'est pourquoi il est parfois appelé le « parrain politique » de Poutine. L'arrestation à New York était liée au travail de Borodine au Kremlin, où il avait supervisé la rénovation de la résidence présidentielle par des entreprises suisses.

Lire aussi : Comment les millionnaires russes gèrent leur argent en temps de crise

Les autorités suisses ont accusé le fonctionnaire russe de blanchiment d'argent. Il a été extradé vers la Suisse et reconnu coupable. Toutefois, il n'a été tenu de ne payer qu'une amende de 300 000 francs suisses (260 000 euros) par rapport aux 30 millions de dollars (25 millions d'euros) prétendument payés au cours de la rénovation du Kremlin. Il n'a jamais reconnu sa culpabilité, insistant sur le fait que les accusations suisses étaient liées à une lutte interne du pouvoir russe.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.

Plus d'histoires et de vidéos passionnantes sur la page Facebook de Russia Beyond.