Moscou prêt à travailler avec le nouveau secrétaire général de l’Onu

Antonio Guterres.

Antonio Guterres.

AP
L'ancien premier ministre portugais, Antonio Guterres, a été choisi jeudi par le Conseil de sécurité des Nations unies pour succéder à Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’Onu qui achève son mandat à la fin de l’année. Les experts russes indiquent que Moscou est prêt à travailler avec lui.

Un choix peu évident mais acceptable

La victoire de l’ex-premier ministre portugais dans la course au poste de secrétaire général des Nations unies n’a pas justifié les attentes de certains diplomates qui estimaient que le successeur de l’actuel secrétaire général serait une femme et/ou un représentant de l’Europe orientale (ce poste n’a encore jamais été occupé ni par une femme ni par un citoyen des pays d’Europe de l’Est).

Ban Ki-moon avait notamment exprimé son souhait d’être remplacé par une femme, tandis que Vitali Tchourkine, ambassadeur de Russie à l’Onu, avait affirmé que « c’était le tour de l’Europe orientale » d’occuper le poste.

Le rédacteur en chef de la revue Russia in Global Affairs, Fiodor Loukianov, fait remarquer que la candidature d’Antonio Guterres arrange la Russie, tout comme les autres poids lourds des Nations unies.

« Ce n’est pas si grave qu’il ne soit pas d’Europe orientale. Mais il est Européen et l’Europe n’a pas détenu ce poste depuis Kurt Waldheim (secrétaire général des Nations unies de 1972 à 1981), ce qui fait que le principe de la rotation est respecté, a déclaré Fiodor Loukianov à RBTH. Qui est plus, il vient du Portugal, un pays situé à la périphérie de l’Europe et ayant un poids politique peu important. Ce qui arrange tout le monde ».

La question bulgare

Certains médias, notamment le journal en ligne russe Gazeta.ru, ont affirmé précédemment que Moscou soutenait particulièrement à la Bulgare Irina Bokova, directrice générale de l'Unesco. Cette fille d’un membre du Comité central du PC bulgare est considérée dans son pays et en Occident comme une femme politique prorusse. Le journal Kommersant a cité l’ancien ambassadeur de Bulgarie en Russie, Ilian Vassilev, qui avait relevé « la proximité ouverte » d’Irina Bokova avec le Kremlin.

En février dernier, la Bulgarie a avancé Irina Bokova en qualité de candidate au poste de secrétaire général des Nations unies, mais fin septembre elle a changé d’avis et a présenté Kristalina Gueorguieva, vice-présidente de la Commission européenne.

Pour Fiodor Loukianov, la Bulgarie a refusé son soutien à Irina Bokova non pas parce que celle-ci est proche de la Russie, mais parce que Sofia souhaite promouvoir Kristalina Gueorguieva, représentante des structures européennes. Toutefois, ce changement de candidat de dernière minute a ruiné les perspectives des Bulgares qui ont perdu toutes les deux.

Moscou reste neutre

Timofeï Bordatchov, directeur du Centre des études européennes et internationales à la Haute école d'économie, est convaincu que la Russie est en mesure de garantir ses intérêts à l’Onu indépendamment de la personne qui occupera le fauteuil du secrétaire général. « La position de la Russie est transparente et est sans rapport avec des candidats concrets », a-t-il souligné.

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