«Flamme bleue»: dix faits sur le grand show du Nouvel An de l’URSS

Anatoly Kovtoun/МАММ/MDF
Les artistes soviétiques rivalisaient pour avoir une chance de jouer dans l’émission, et les téléspectateurs pouvaient en discuter avec leurs amis et collègues pendant une semaine après le réveillon du Nouvel An. De nombreuses chansons de l'émission sont restées des « hits » pendant des décennies.

Russia Beyond désormais sur Telegram ! Pour recevoir nos articles directement sur votre appareil mobile, abonnez-vous gratuitement sur https://t.me/russiabeyond_fr

1. Après le premier show du Nouvel An Flamme bleue, les spectateurs ont inondé le studio de lettres indignées : « Comment peut-on boire et interpréter une chanson en même temps ? Ou n'est-ce pas du tout Ourazbaïeva qui chante ? Si c’est le cas, mérite-t-elle le nom de chanteuse ?! ». Une telle vague de critiques s'est produite après que la chanteuse soviétique Elmira Ourazbaïeva a interprété sa chanson… en playback lors d'un direct.

Pendant la représentation, Ourazbaïeva s’est approchée de l'une des tables. Un invité lui a tendu une coupe de champagne, elle a bu de travers et toussé – pendant tout ce temps, sa chanson continuait de retentir. C'est ainsi que les téléspectateurs soviétiques ont découvert pour la première fois le playback. Comme l'a rappelé le compositeur Levon Oganezov, « l'incident a été terrible ».

2. La Flamme bleue a été le premier talk-show de divertissement en URSS. Au début, il s'appelait Café Télévision - des artistes et des gens ordinaires venaient en plateau, partageaient des histoires intéressantes et avaient une conversation informelle. Au départ, l’émission était tournée dans un vrai café, puis une ambiance festive a été recréée en studio.

Les premiers numéros du début des années 1960 étaient diffusés en direct chaque week-end, un peu plus tard pour le Nouvel An et la Journée internationale de la femme.

Les cosmonautes soviétiques Valeri Bykovski, Andrian Nikolaïev et Valentina Terechkova tournent dans l'émission télévisée « Golouboï Ogonek »

3. Le nom « Golouboï Ogonek » (Flamme bleue) n'est pas non plus apparu par hasard - au début des années 60, l'usine de radio Alexandrovski a commencé à produire des téléviseurs de nouvelle génération appelés « Rekord ». L'image était toujours en noir et blanc, mais l'écran projetait une lueur bleuâtre, ce qui a inspiré les créateurs de l'émission à lui donner ce nom.

L'actrice et chanteuse Barbara Rylska avec l'ensemble polonais, 1964

4. L'un des premiers et principaux invités était le premier cosmonaute, Iouri Gagarine : un enregistrement de son toast du Nouvel An a même été conservé. Il a également participé à plusieurs sketchs et a été l'un des co-animateurs du numéro spécial de l’émission Flamme bleue dédié à la Journée internationale de la femme.

>>> Combien y a-t-il de Pères Noël en Russie?

5. La Flamme bleue durait deux heures, et il fallait plusieurs mois pour le préparer, à partir du mois d'août. À la fin de l'été, les interprètes présentaient leur répertoire, celui-ci était approuvé par la rédaction principale des programmes musicaux, et le tournage du programme proprement dit commençait en septembre. Le montage du programme s’achevait peu avant le Nouvel An, quelques heures avant que les douze coups ne résonnent en Extrême-Orient (où le Nouvel An arrive avant la Russie occidentale en raison du décalage horaire, ndlr). Il n’était pas facile de prendre part au tournage - par exemple, il y avait un concours pour les écrivains-humoristes, et 20 personnes postulaient pour une place dans le show.

Klara Loutchko, Valentina Terechkova, Margarita Volodina, Ivan Polzounov, Iouri Gagarine, Viatcheslav Tikhonov, Eleonora Beliaïeva

6. L'alcool qu’on voyait dans le programme était réel, les invités se voyant servir du « Champagne soviétique »,a raconté le speaker Igor Kirillov dans une interview à Komsomolskaïa Pravda. Selon lui, il fallait plusieurs caisses de vin pour tourner le numéro du Nouvel An.

« Certains artistes et compositeurs exagéraient avec la boisson, c’est pourquoi une étiquette de était collée sur une bouteille de cidre spécialement pour eux », s’est souvenu Kirillov.

Mais les invités apportaient quand même de l'alcool avec eux et buvaient « en douce » du cognac avant le tournage. Dans les années 1970, l'alcool a commencé à être remplacé par de la limonade ou de l'eau teintée, et les fruits et bonbons étaient en papier mâché.

7. L'une des performances les plus brillantes de toute l'histoire du programme a été donnée par le chanteur soviétique Yossif Kobzon - il a chanté la chanson Cuba - mon amoursous les traits d'Ernest Che Guevara, avec une fausse barbe et pistolet à la main.

8. La Flamme bleue a popularisé le thème du patinage artistique de toutes les manières possibles, montrant les performances des patineurs du pays. Parfois, les artistes eux-mêmes jouaient sur des patins, par exemple, l'acteur et satiriste Arkadi Raïkine. En fait, c'était la première émission de télévision d’URSS avec des célébrités dansant sur la glace.

Le chanteur Édouard Khil avec le groupe de danse

9. Dans les années 90, la Flamme bleue n'est pas sorti du tout – l’émission n'est revenue sur les écrans qu'à la fin de la décennie, en 1998. Dans la « Flamme » de l'ère soviétique, les artistes n'interprétaient que des chansons en langue russe, mais dans la nouvelle version, on n’hésitait pas à reprendre les chansons du groupe Abba et le hit d’Army Of Lovers Sexual Revolution, ce qui aurait été impensable à l'époque soviétique. Les gens ordinaires ne participaient plus à l'émission, seulement des célébrités.

>>> Comment le premier président russe, Boris Eltsine, a démissionné

10. Plusieurs programmes du Nouvel An au même format sont apparus à la télévision russe moderne - Nouvel An sur la Première, Parade des étoiles du Nouvel An sur Russie - 1 et Lumière bleue du Nouvel An. Ils sont critiqués pour leurs blagues plates, leur ambiance artificielle et la présence d’« artistes éculés » que les jeunes n'écoutent pas aujourd'hui.

La cote des chaînes de télévision à la Saint-Sylvestre diminue progressivement. Par exemple, le soir du Nouvel An 2020, le nombre de téléspectateurs de la Première chaîne a diminué de 556 000 personnes (-8,69% sur un an) et pour Russie-1 de 222 000 personnes par rapport à 2018 (-3,42% sur un an).

En 2018, l'animateur de la principale émission de fin de soirée de la Première chaîne, Ivan Ourgant, a présenté sa version de la Flamme bleue, l'appelant Ourgant bleu - il a invité de nombreuses idoles de la jeunesse russe, dont Monetochka, Ivan Dorn, Little Big, le comique Danila Poperetchni, l'actrice Irina Gorbatcheva et bien d'autres. Le spectacle revisitait sur le mode ironique les grands classiques soviétiques. Le public a aimé le format - et à la fin 2019, le deuxième Ourgant bleu a été diffusé, recueillant finalement plus d'un million de vues rien que sur YouTube.

En novembre 2020, le chanteur Valeri Meladzé a exhorté ses collègues à refuser de participer au tournage des émissions de Nouvel An afin d'attirer l'attention sur les problèmes de l’industrie du spectacle - de nombreux artistes ont été contraints d'annuler leurs tournées et concerts en 2020 en raison de la pandémie de coronavirus, et ont perdu leurs revenus.

« Peut-être que quelqu'un remarquera alors qu'il existe toute une industrie dans laquelle des dizaines de milliers de personnes sont sans travail depuis plusieurs mois »,a-t-il écrit sur Instagram.

Néanmoins, la Flamme bleue sera bel et bien diffusée le soir le soir du Nouvel An, et tous les artistes et invités apparaîtront à l'écran sans masque.

Dans cette publication découvrez sept chansons russes pour compléter votre playlist du Nouvel An.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.

Plus d'histoires et de vidéos passionnantes sur la page Facebook de Russia Beyond.
À ne pas manquer

Ce site utilise des cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter les cookies