Trois exploits qui ont contribué à la gloire de la marine russe

Sputnik; Domaine public
Un trait distinctif de la marine russe tout au long de son histoire était la volonté de ne jamais céder face à un ennemi supérieur en nombre. Des épisodes de ce type ont malgré tout eu lieu à plusieurs reprises. 

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1. Le combat du brick Mercure

Brick Mercure attaqué par deux navires turcs, 1892

Peu de marins auraient osé participer à une telle bataille, n'ayant que 20 canons sur leur navire contre 184 du côté de l'ennemi. Cependant, l'équipage du brick russe Mercure a décidé de tenter le tout pour le tout.

Une bataille aussi inégale a eu lieu le 26 mai 1829 dans la région du Bosphore au cours d’une des guerres russo-turques. Trois navires de la marine russe, effectuant une mission de reconnaissance, ont été attaqués par surprise par une flotte turque forte de quatorze navires.

La frégate Shtandart et le brick Orphée ont réussi à s'échapper, mais le Mercure, moins chanceux, a été rattrapé par deux cuirassés turcs : le Selimiye  à 110 canons et le Real-Bei qui en comptait 74.

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Le Mercure n'était pas conçu pour mener des combats actifs. Ce petit brick muni de 20 canons à son bord était principalement engagé dans des activités de reconnaissance et de convoi. Néanmoins, comme le capitaine de corvette Alexandre Kazarski l’a plus tard rapporté à l'amiral Alexeï Greig : « Nous avons décidé à l'unanimité de lutter jusqu'au bout ». Et ce « bout » consistait à faire exploser le navire lui-même.

Malgré la supériorité écrasante de leur puissance de feu, les Turcs étaient incapables de venir à bout au Mercure. En manœuvrant, il a utilisé des armes des deux côtés, tandis que le Selimiye  et le Real Bey ne pouvaient tirer que d'un seul.

Les marins russes ont délibérément visé les espars et le gréement des navires ennemis et ont finalement réussi à les clouer sur place. Après plusieurs heures de violents combats, déplorant quatre morts et six blessés, et ayant reçu 22 trous dans la coque et 133 dans ses voiles, le Mercure a distancé ses poursuivants et a mis le cap sur la Bulgarie.

L'ennemi a également noté la bravoure des marins russes. « Si dans les grands actes des temps anciens et modernes il y a des exploits de bravoure, alors cet acte devrait les assombrir tous, et le nom de ce héros est digne d'être inscrit en lettres d'or sur le Temple de la Gloire : il s'appelle le lieutenant-commandant Kazarski, et le brick s'appelle Mercure », a écrit plus tard un navigateur du cuirassé Real-Bei. 

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2. L'exploit duVariag

Varyag après la bataille

La guerre russo-japonaise a été un désastre pour la Russie, mais elle a également été l’occasion pour les marins russes de manifester leur héroïsme.

Au tout début du conflit, le 9 février 1904, une escadre japonaise de 14 croiseurs et destroyers bloqua le port coréen neutre de Chemulpo (aujourd'hui Incheon), qui abritait alors le croiseur blindé Variag et la canonnière Koreïets.

Lorsque le commandant de l'escadron, l'amiral Uryu Sotokichi, a lancé un ultimatum au capitaine du Variag Vsevolod Roudnev pour qu’il se rende en raison du déclenchement des hostilités entre les deux pays, ce dernier a décidé de passer en force jusqu’à la base navale de la flotte russe de Port Arthur (sur le territoire moderne de Dalian, en Chine), et en cas d'échec, de saborder les deux vaisseaux.

Les équipages des navires des États neutres situés dans la baie de Chemulpo s’alignèrent sur les ponts pour crier « Hourra ! » en hommage aux marins russes sortant pour le combat. « Nous saluons ces héros, qui ont marché si fièrement vers une mort certaine », a déclaré à l'époque le capitaine français Victor Senès.

La bataille inégale contre les Japonais a duré trois heures. Après que le Variag eut subi de graves dommages et perdu environ 40 hommes, il a été décidé d'évacuer sur des navires neutres et de saborder les navires russes.

Bien que le capitaine Roudnev ait rapporté plus tard dans un rapport la perte de plusieurs navires du côté japonais, ni les observateurs neutres ni les Japonais eux-mêmes n’ont confirmé ce fait. Néanmoins, l'ennemi a grandement apprécié l'exploit désespéré du Variag. Après la guerre, en 1907, l'empereur Mutsukhito, en reconnaissance de l'héroïsme des marins russes, a envoyé à Roudnev l'ordre du Soleil levant de IIe degré. Le capitaine a accepté l'ordre, mais ne l'a jamais porté.

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L'histoire du Variag ne s'est pas terminée avec le naufrage de Chemulpo. En août 1905, il a été sorti des eaux, réparé et est entré dans la marine impériale japonaise en tant que croiseur de 2e classe Soya. La Russie a racheté le navire pendant la Première Guerre mondiale et l'a remis en service sous son ancien nom. Après plusieurs années de service en 1925, le Variag a percuté les rochers en mer d'Irlande, avant d’être partiellement démonté et détruit avec des explosifs.

3. Aide aux victimes du tremblement de terre de Messine

Des marins russes sur les ruines de Messine

Les hommes de la marine russe ont brillé non seulement lors de batailles navales, mais aussi en temps de paix. Par exemple, après le tremblement de terre de Messine, en Italie (Sicile).

Le tremblement de terre le plus fort de l'histoire moderne de l'Europe, d’une magnitude de 7,5, s'est produit le 28 décembre 1908 dans le détroit de Messine, entre la Sicile et la botte italienne. En conséquence, environ 20 municipalités ont été détruites et entre 90 et 120 000 personnes sont mortes.

Plusieurs pays ont répondu à l'appel à l'aide, et les navires de la flotte russe de la Baltique qui réalisaient des exercices en Méditerranée, ont été les premiers à arriver sur place. Un tableau terrible s'est offert aux marins : la ville était presque complètement détruite, et des milliers de personnes se trouvaient sous les décombres.

Des opérations de sauvetage ont été menées de jour comme de nuit sous les projecteurs de navires militaires. Les résidents locaux ont raconté que les marins russes refusaient de dormir, de manger et de se reposer. Plusieurs marins qui tentaient de tirer les survivants des décombres ont eux-mêmes péri dans des effondrements.

Les médecins militaires russes ont fourni l'assistance nécessaire aux victimes dans les hôpitaux de campagne organisés sur place. Les blessés graves ont été envoyés d'urgence à bord de navires de guerre à Naples et à Syracuse.

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Un autre problème était les pillards, en raison desquels les autorités locales ont dû introduire la loi martiale. « Confiants en eux, les bandits n'avaient pas peur de quelques inconnus, pillant et incendiant sous leurs yeux. Sans ordres appropriés, les marins ont commencé à capture les voyous et à en nettoyer les rues... les marins ont commencé à leur tirer dessus sur place », rapportait le journal de Saint-PétersbourgRetch le 30 décembre 1908.

Pendant les cinq jours que les marins russes ont passé à Messine, ils ont secouru plus de 1 300 résidents locaux. Tous se sont vu remettre diverses récompenses par le gouvernement, et plusieurs rues de la ville ont été nommées en leur honneur. En outre, l'installation d’un monument était prévue. Pour diverses raisons, elle n’a eu lieu que plus d'un siècle plus tard, en 2012.

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