Quatorze règles tacites qui distinguent les Sibériens

Reuters
Une seule explication à ce qui suit: être un Sibérien est un art à part entière!

Russia Beyond désormais sur Telegram ! Pour recevoir nos articles directement sur votre appareil mobile, abonnez-vous gratuitement sur https://t.me/russiabeyond_fr

Chacun peut devenir Sibérien

Quels que soient votre lieu de naissance, votre origine et vos convictions, si vous êtes venu en Sibérie et avez décidé de vous installer – vous êtes Sibérien. Les habitants de cette vaste région en sont persuadés car ils savent que la vie en Sibérie n’est point facile et n’est pas faite pour tout le monde – donc seuls ceux qui possèdent une volonté de fer peuvent la supporter et même l’aimer.

En Sibérie, il est impossible de rester un « éternel migrant », comme c’est, par exemple, le cas à Moscou. Très vite, les locaux oublieront qui vous étiez avant et feront comme si vous étiez l’un des leurs. Ici, il y a beaucoup d’espace et peu de conflits car les gens n’ont pas à faire de concession pour accueillir les autres.

Un manteau de fourrure Aucun problème !

Le Sibérien ne voit rien de criminel dans un manteau ou un couvre-chef en fourrure. Pour lui, ce n’est pas un habit démodé et encore moins un atavisme sanglant. Les questions éthiques s’envolent dès que le grand froid arrive.

>>> Pourquoi des Russes vivent-ils (toujours) en Sibérie?

S’absenter de l’école pendant deux voire trois semaines

Lorsqu’à l’extérieur il fait trop froid même pour la Sibérie (par exemple, lorsque le mercure franchit la barre des -35°C), les cours à l’école sont annulés et cela peut arriver plusieurs fois pendant un seul et même hiver. Donc les enfants restent chez eux, direz-vous. Que nenni !  Ils passent le temps dans la cour, jouant dans la neige et faisant du toboggan de glace. Pour beaucoup de gamins sibériens, les froids extrêmes sont une sorte de vacances scolaires non programmées, soit une période de bonheur et de sérénité.

« Le temps est pire par chez nous ! »

Si jamais vous assistez à une rencontre entre deux Sibériens venus de différents coins de cette région, soyez assuré qu’ils ne tarderont pas à aborder le thème d la météo et à chercher à savoir chez qui elle est la pire. D’ailleurs, c’est celui chez qui il fait le plus froid qui partira gagnant. Se vanter des conditions climatiques pénibles, c’est tellement sibérien ! Si on n’a rien à se dire, on parle ici du gel et du mauvais temps.  

Les « graines de tournesol » poussent sur les cèdres

Vous avez sans doute entendu dire que les Russes sont de vrais accros aux graines de tournesol – on en mange partout, aussi bien en province que dans la capitale. La seule exception est, bien évidemment, la Sibérie. Ici, on opte pour les pignons de pin, en brisant leurs coquilles avec ses dents.

Avoir peur des insectes

Que savez-vous à propos de la douleur ? En Sibérie il n’y a rien de pire que les insectes hématophages qui dévorent les hommes vivants. Il suffit d’exposer en plein air une partie non couverte de son corps, pour que ces vampires soient au rendez-vous. Les moustiques par exemple errent en essaim, sont particulièrement gros et font bien plus mal que leurs équivalents européens.

>>> Portrait de ces étrangers ayant décidé de prendre racine dans la province russe

Considérer que la Sibérie est un État dans l’État

La distance qui sépare cette région de la Russie occidentale n’est pas restée sans effet. Les Sibériens estiment qu’ils diffèrent du reste des citoyens du pays. C’est d’ailleurs rare qu’ils quittent leur région natale (c’est avant tout cher) et s’ils osent un jour sauter le pas, le fait qu’après six heures d’avion ils entendent toujours la langue de Pouchkine résonner autour leur donne le vertige.

Tout le monde a peur de vous (à part les insectes hématophages)

Pendant les années de la Seconde Guerre mondiale, les divisions sibériennes jouissaient d’une réputation particulière – on considérait qu’elles étaient formées des hommes les plus robustes et cette réputation est toujours vivante. Les Sibériens sont persuadés qu’ils sont les hommes les plus rudes du pays.

Vivre discrètement   

Les Sibériens de souche n’ont point oublié les camps soviétiques et le bagne tsariste, si bien que beaucoup d’entre eux essaient de vivre discrètement, évitant d’attirer toute attention excessive.

Disputes au sujet des frontières

Après le mauvais temps, c’est la taille de la région qui est le sujet de prédilection ici. Omsk, est-elle une vraie ville sibérienne ? Ceux qui habitent le long du fleuve Ob sont-ils Sibériens ? Si tous ceux qui ne sont pas Sibériens sauront répondre par « oui » à ces deux questions, les Sibériens eux-mêmes ne se mettront jamais d’accord sur ces deux points. L’éternel débat se poursuit sur Internet.

>>> Qui était Ermak, chef cosaque et conquérant de la Sibérie?

Avoir une relation particulière avec la nature

La nature étant ce qu’il y a de plus beau et de plus précieux dans leur vie, les Sibériens y sont liés par une relation tout à fait singulière. Ils sont ainsi particulièrement friands de pêche, de chasse, d’expéditions en milieu sauvage, etc. Par conséquent, s’ils quittent leur région et s’installent à Moscou, c’est le spleen assuré.   

Aimer les stéréotypes

Une énorme tache blanche sur la carte ? Des ours en guise d’animaux domestiques ? Les Sibériens aiment l’absurdité de notre vision de leur vie et il n’est pas rare qu’en entendant nos histoires insolites sur la vie en Sibérie, ils n’essaient pas de contredire leurs interlocuteurs. Bien au contraire, ils peuvent se mettre à raconter des salades pour que leur région vous semble encore plus incroyable.

Voir toujours le verre à moitié plein

Ici en hiver, même les chats dorment sous une couverture. Donc si on n’apprend pas à voir la vie en rose, il est facile de sombrer dans une dépression profonde et d’y rester à jamais. Ainsi, les locaux essaient de trouver le côté positif de toute chose. Exemple : le temps de rentrer du magasin, le froid qui règne en maître à l’extérieur refroidira jusqu’à la température idéale la bière achetée.

>>> Méconnue mais fascinante: la Sibérie au gré des sept clichés les plus prisés d'un voyageur nantais

Protéger le lac Baïkal

Si ce n’est pas à eux d’y penser, qui donc se préoccupera de cet énorme réservoir d’eau douce ? Ce n’est pas seulement le lac le plus profond du monde, le Baïkal est en réalité ce qu’il y a de plus sacré pour les Sibériens. On dit que, dès qu’on se met à protéger le lac, on devient un vrai sibérien. Nous avons dit « lac » ? Ici, on l’appelle « mer » !

Maintenant que vous savez presque tout sur les Sibériens, nous vous invitons à vous familiariser avec les Moscovites et avec les habitants de la Venise du Nord.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.

Plus d'histoires et de vidéos passionnantes sur la page Facebook de Russia Beyond.
À ne pas manquer

Ce site utilise des cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter les cookies