Quel salaire un expatrié peut-il espérer obtenir en Russie?

Legion Media
Nous avons demandé à des expatriés le niveau de leurs revenus en Russie et s’ils en sont satisfaits. Leurs réponses risquent de vous surprendre.

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« Salaire de pauvre », « Qui voudrait travailler pour un tel salaire ? », chaque mois nous faisons un petit tour d’horizon des offres d’emploi pour les étrangers en Russie, et souvent nos lecteurs sont surpris par les faibles salaires. La fourchette des offres est comprise entre 700€ et 5 200€ par mois, bien que le salaire moyen d’un expatrié à Moscou soit de 1 400€. Ce chiffre peut paraître relativement bas pour certains, les Occidentaux étant habitués à un coût de la vie plus élevé et donc à des revenus qui vont avec.

Toutefois, lorsque l’on s’intéresse au salaire moyen russe (647€ en mars 2019), l’offre pour les expats ne parait plus aussi dénuée d’intérêt.

Qu’en disent les premiers concernés ?

L’Américaine Laura Pickens vit à Krasnodar (Sud de la Russie) depuis maintenant dix ans. Elle est professeure privée d’anglais, comme tant d’étrangers en Russie. D’après ses dires, quand un professeur commence à enseigner à l’école, le contrat fixe généralement un salaire de 60 à 80 000 roubles (de 847€ à 1 130€) par mois, sachant qu’il peut se faire un peu plus d’argent en donnant des cours particuliers en supplément. Lorsqu’il accède à une certaine ancienneté, il sera toutefois en mesure de négocier ses propres tarifs.

« Le revenu moyen d’un ménage à Krasnodar est aux alentours de 60 à 70 000 roubles (de 847€ à 989€), ce qui implique un mode de vie que peu d’Américains seraient prêts à adopter, explique-t-elle. Je pourrais gagner plus aux États-Unis, mais ma rémunération ici me permet de me situer dans la classe moyenne. J’achète moins de choses inutiles ici que je n’en achèterais dans mon pays d’origine. Ma situation financière est nettement meilleure ici du fait que ma profession est très demandée. Aux USA, je me sentais toujours obligée de me plier en quatre pour mon ancien travail d’infographiste ».

Nous venant de Cagliari, en Italie, Francesca Loche, professeure à l’École des hautes études en sciences économiques de Moscou, s’est installée à Moscou en 2010. Son salaire moyen est autour de 100 000 roubles (1 413€) par mois. « Parfois c’est un peu plus, parfois un peu moins. Je suis complètement ravie, je peux faire ce que je veux, y compris voyager », nous indique-t-elle, soulignant néanmoins que la vie en couple lui permet de partager les factures.

Elle nous confie que 1 413€ par mois est une somme largement suffisante pour mener une vie décente à Moscou, quoique cela dépend du train de vie souhaité. « Certaines personnes vivent avec 30-35 000 roubles (424€-494€) par mois. La Russie c’est plutôt le bon choix si vous ne souhaitez pas avoir un train de vie luxueux. Tout est plutôt bon marché : les transports, les magasins et même les bars et restaurants. En Italie, lorsque je fais mes courses, c’est plus cher. Ici, je peux me permettre de dîner dehors plus souvent ».

Une expatriée australienne, Vanessa Henderson, vit avec sa famille dans la capitale russe depuis trois ans et demi et elle reconnaît qu’il est tout à fait possible de s’en sortir avec un petit 470€/mois : « Quand je me suis installée à Moscou, j’ai été en formation pendant un an avec 30 000 roubles par mois. Cela m’a motivée à développer mes compétences et à suivre davantage de formations qui m’ont permis d’occuper mon poste actuel ». Aujourd’hui, son salaire de gouvernante de langue anglaise lui rapporte 1162€/semaine.

« Je pense que le loyer est la plus grosse dépense lorsqu’on habite à Moscou, donc un salaire minimum de 60 000 roubles (848€)/mois me semble être le minimum. Je préfère de loin mon standard de vie en Russie. En Australie, je travaillais trop, plus de 70 heures par semaine, avec un salaire bien moindre que l’actuel, et avec beaucoup plus de stress et de pression. J’ai vraiment l’impression qu’à Moscou mon équilibre travail-vie privée s’est amélioré. Je peux aussi me permettre plus de petits plaisirs comme manger à l’extérieur ou acheter des trucs chouettes pour mon fils ».

Elle nous met cependant en garde : le fait de vivre comme expatriée sans permis de résidence l’empêche d’acheter un bien immobilier en Russie ou de faire d’autres types d’investissements, car les banques refusent de lui octroyer un prêt. « Je perds beaucoup d’argent du fait d’être obligée de louer », remarque-t-elle.

>>> Le travail c’est la vie: à quel point les Russes travaillent-ils dur?

Qu’en est-il des professionnels et des entrepreneurs hautement qualifiés ?

Alfred Eckl, directeur du développement des activités chez TABLOGIX, une compagnie de logistique russe, vit à Moscou depuis maintenant trois ans et est « presque » satisfait de sa paye, mais préfère ne pas révéler combien il gagne.

« Si vous analyser le marché du travail à Moscou, vous remarquerez que le salaire moyen pour un cadre supérieur étranger est autour de 500 000 roubles (7 085€) par mois, parfois même plus », constate-t-il.

Comparé à son Allemagne natale où les niveaux de confort et de salaire sont à peu près partout équivalents, à Moscou, c’est le contraire. Les standards dans le centre-ville peuvent être très différents de la banlieue. « Pour moi, la vie dans le centre de Moscou est bien plus confortable sur plein d’aspects. Tous les services sont plus ou moins accessibles 24/24h et 7/7j, il y a beaucoup de magasins, de bars et de restaurants qui se situent à distance de marche, le service du métro est excellent avec une rame toutes les deux minutes, les services de taxi sont simples d’utilisation. Le seul véritable problème, c’est la circulation », explique-t-il.

Michael Germershausen, directeur général chez Antal Russia, une société de recrutement, observe qu’il existe bien un salaire minimum pour les expatriés qui font une demande de visa pour un emploi « hautement qualifié », et il est actuellement de 167 000 roubles (2 360€) mensuels. En outre certains professionnels étrangers sont envoyés en Russie pour quelques années par leur compagnie. « Dans ce cas-là, l’entreprise couvre toutes les dépenses additionnelles [loyer, frais liés à l’éducation des enfants], tandis que les expatriés sous contrat russe gagnent en général le même salaire que leurs homologues russes ».

Il remarque également que les salaires bruts sont souvent moins élevés en Russie, mais une fois les taxes décomptées, la paye est identique à celle des autres grandes villes dans le monde.

Alors, on déménage en Russie ou pas ?

Au moins, une chose est claire, vous ne deviendrez pas pauvre en vous y installant. Tout dépend de vos standards de vie. « Un candidat à l’expatriation en Russie ne devrait pas prendre peur en voyant les chiffres des salaires russes. Faites plutôt le calcul entre vos revenus et vos dépenses, nous explique Francesca. Et puis n’oubliez qu’une fois sur place vous pouvez prendre en considération d’autres offres d’emploi, comme un emploi à temps partiel à côté ».

Dans cet autre article, nous analysons le salaire moyen des Russes et s’ils en sont satisfaits.

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