Les grands vins français ont-ils encore une niche sur le marché russe?

Russia Beyond
La crise économique et la réduction du pouvoir d'achat qui en découle ont-elles eu des répercussions sur la demande pour les grands vins français dans la plus vaste contrée du monde? La visite de représentants de l'Union des Grands crus de Bordeaux à Moscou a été l'occasion pour Russia Beyond d'évoquer cette question.

Le rouge et le blanc du millésime 2015, le meilleur de ces dernières années pour les vignobles de Bordeaux, s’élance à la conquête du marché russe. En début de cette semaine, la galerie des arts Tseritelli de Moscou a en effet accueilli dans ses salles une conférence de presse suivie d’une dégustation des Grands crus de 63 châteaux de la « capitale des grands vins du monde ».

Sylvie Bermann, Olivier Bernard, Tristan Kressmann

Organisé par la CCIFR conjointement avec Business France et l’ambassade de France en Russie, l’événement a attiré un nombre important de professionnels locaux qui, comme l’a bien noté l’ambassadeur de France en Russie, Sylvie Bermann, feront connaitre la haute qualité du millésime 2015 aux clients et aux grands amateurs russes.

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« Le consommateur russe, malgré la variation du rouble, reste sensible à l’excellence de nos meilleures traditions viticoles et fidèle à l’un des phares intemporels de la planète viticole, qui est le terroir de Bordeaux », a rappelé son excellence.

Interrogé par Russia Beyond sur le rôle du marché russe pour les grands vins de cette région, Olivier Bernard, président de l’Union des Grands crus de Bordeaux, l’a qualifié de très important et traditionnel, rappelant que l’Union dont il tient actuellement les rênes se rend pratiquement tous les trois ans dans ce pays afin de présenter sa production d’exception. Il a en outre mentionné que les domaines de la région accueillaient un nombre considérable de Russes « de plus en plus jeunes et passionnés » par le vin. « Ce marché russe est à la fois lointain et très présent », a-t-il résumé.

La crise économique, unique défi?

La conjoncture macroéconomique de ces dernières années a-t-elle impacté la demande des vins de qualité en provenance de France et sur les perspectives de ces derniers sur le marché russe ? Donnant son appréciation de la situation, Igor Serdyuk, célèbre critique en vins et directeur général adjoint d’Alma Valley, a souligné que les fluctuations de la capacité de paiement se faisaient sentir sur le segment économique des vins d’importation, tandis que « pour ce qui est du segment onéreux et de qualité, tout est stable. Les gens qui se permettaient d’acheter de grands crus, se le permettent encore ».

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Toutefois, l’interlocuteur de Russia Beyond note l’importance de la tenue de tels événements, le marché des grands vins français s’avérant en partie victime d’éléments spéculateurs.

« Ils choisissent des vins issus de récoltes loin d’être les meilleures, et profitent des faibles connaissances en la matière de nos cavistes et sommeliers. Le système de millésime fonctionne uniquement en la présence régulière sur le marché de viticulteurs et négociants sérieux, les clients doivent être informés de la qualité. Ces événements sont un élément clef pour la promotion des vins dans ce système », a-t-il conclu.

Dans cet autre article, Russia Beyond vous présente divers domaines viticoles réputés de Russie prouvant que le pays sait produire autre chose que de la vodka.

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