Trouver un emploi en Russie: sept questions à se poser

De la recherche d'un emploi au coût de la vie à Moscou, RBTH répond aux questions que vous vous posez certainement sur le marché du travail en Russie.

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« Un challenge perpétuel, une stimulation continue et cela vaut entièrement le coup ». Voici comment HSBC Expat Explorer définit la vie d'expatrié, quel que soit le pays vers lequel vous vous dirigerez. Dans cette optique, la Russie n'est pas la pire des destinations. Son économie en pleine croissance engendre une multitude d'opportunités et de niches lucratives, parmi lesquelles les hommes d'affaires ambitieux n'ont que l'embarras du choix.

Il n'existe pas de statistique officielle et fiable sur le nombre de ressortissants étrangers vivant et travaillant en Russie, néanmoins, à en juger par la quantité de compagnies internationales et de restaurants ou bars destinés à une clientèle étrangère à Moscou, ils sont à n'en pas douter très nombreux. Seriez-vous susceptible de vous joindre à eux ? Voici les réponses à sept questions que vous pourriez être amenés à vous poser avant de prendre une décision aussi importante.

1. Comment trouver un emploi et dans quel domaine ?

Le site Headhunter est un incontournable, connu de toute personne en recherche d'emploi en Russie. On y trouve de nombreuses offres pouvant notamment intéresser les expatriés. Actuellement, y sont ainsi à pourvoir 142 postes nécessitant la maîtrise de la langue française.

D'ailleurs, parmi les utilisateurs du site, 5 278 ont indiqué sur leur CV avoir le français pour langue maternelle. 970 d'entre eux commencent seulement leur carrière, 467 prétendent à un poste dans la vente, 412 dans les technologies de l'information, 354 dans le management et 341 dans le marketing, a exposé à RBTH Ivan Tioutioundji, directeur du service de presse de la compagnie.

Par ailleurs, alors que l'on trouve un océan de site d'annonces d'emploi en russe, il en existe également quelques uns en anglais. Voici les plus connus : XpatJobs et InJob.

2. Ai-je besoin d'un permis de travail ?

L'embauche de travailleurs étrangers est strictement contrôlée par le gouvernement, donc oui, vous devrez obtenir un permis de travail pour vous installer dans le pays. Il y a cependant des exceptions concernant les étrangers munis d'un permis de résidence permanente ou temporaire, les étudiants, le personnel académique, les journalistes accrédités, les diplomates et les employés de certaines organisations humanitaires. Par ailleurs, les citoyens des pays membres de l'Union économique eurasiatique (Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizstan et Arménie) sont libres de vivre et de travailler en Russie.

Pour recevoir un permis de travail standard, votre futur employeur doit être tout d'abord autorisé à embaucher un étranger. Il pourra ensuite demander un permis de travail en votre nom, après que vous ayez signé un contrat, à la suite de quoi vous devrez remettre les documents nécessaires, parmi lesquels figurent notamment vos diplômes professionnels et scolaires traduits et certifiés.

Enfin, si tout se passe bien, votre employeur vous fera suivre votre lettre d'invitation, indispensable pour l'obtention d'un visa. Une fois arrivé en Russie, vous n'avez plus qu'à récupérer votre permis de travail auprès de la direction de votre entreprise.

3. Dois-je maîtriser la langue russe ?

Une bonne connaissance du russe vous aidera grandement, non seulement dans votre interaction avec les locaux, mais aussi dans votre recherche d'emploi. Vous bénéficierez d'une chance bien plus importante d'en dégoter un si vous disposez d'une haute qualification et si vous parlez russe. De plus, la majorité de la population à Moscou et dans le pays parle russe, il vous sera donc d'autant plus simple de vous intégrer si vous connaissez la langue.

Si vous souhaitez étudier la langue de Tolstoï, il existe de nombreuses écoles à travers le pays dispensant des cours pour étrangers. À Moscou, la CCI France Russie propose par exemple, en partenariat avec le CREF, une formation en russe des affaires. Chaque année, le CREF accueille d'ailleurs environ 300 étudiants étrangers. Plusieurs compagnies, telles que Yves Rocher, Auchan ou encore Castorama, ont même recours à cette institution pour former leurs employés au russe.

L'Institut Pouchkine accueille quant à lui tout étranger désireux d'apprendre le russe et offre également la possibilité d'aborder la langue commerciale.

Bien évidemment, vous pouvez aussi prendre les devants en suivant des cours en ligne ou dans votre pays afin de maîtriser les bases avant votre départ. 

4. À quoi ressemble une semaine de travail en Russie ?

Comme c'est le cas dans la plupart des pays, la semaine de travail s'étend généralement du lundi au vendredi et dure 40 heures en moyenne. Chaque employé peut bien entendu exiger des aménagements personnels, mais les horaires habituels sont soit de 9h à 18h, soit de 10h à 19h, en comptant une heure de coupure. À ce propos, la loi impose à l'employeur de garantir à ses collaborateurs une pause déjeuner allant de 30 minutes à deux heures.

5. De quels avantages profiterai-je ?

Vous disposerez de 28 jours de congés payés et dans certains cas d'une assurance médicale et d'indemnités pour les transports ou encore pour les frais de téléphonie. Si vous êtes chanceux, votre employeur peut aussi vous apporter son aide dans votre installation et dans votre recherche de logement ou de cours linguistiques.

6. Quel est le coût de la vie à Moscou

Moscou n'est plus la ville la plus chère d'Europe. En 2017, elle s'est placée 14e au classement réalisé par l'entreprise Mercer. Bien sûr, cela dépend avant tout de vos besoins, mais la vie dans la capitale russe peut être tout-à-fait abordable si vous êtes prêt à vous adapter au mode de vie local.

Vous pouvez trouver de bonnes opportunités pour vous loger, en révisant tout de même parfois vos exigences en terme de confort. Il n'est par exemple pas rare de trouver dans le centre de Moscou des chambres en colocation entre 15 000 (213€) et 20 000 (285€) roubles par mois. Pour les amateurs de tranquillité et d'indépendance, chercher un appartement individuel vous obligera généralement à vous éloigner un peu de l'hypercentre, des T1 pouvant être loués à quelques stations de métro de là pour la modique somme de 35 000 roubles (500€).

Si vous êtes là pour un moment et que vous comptez vous déplacer beaucoup, il vous sera conseillé d'opter pour le forfait transports illimités durant trois mois, qui vous reviendra à 5 000 roubles (71€). Un autre tarif avantageux est celui proposant 60 trajets pour 1700 roubles (24€).

Pour une place de cinéma, vous devrez débourser entre 300 (4,3€) et 500 roubles (7,15€), plus ou moins autant qu'un billet d'entrée à la patinoire. Si vous désirez acquérir un abonnement téléphonique local, il vous en coûtera 500 roubles (7,15€) par mois pour 5GB d'Internet, 550 minutes d'appel (et appels illimités vers le même opérateur) et 550 SMS.

Au niveau de la nourriture, si vous vous pliez à l'alimentation « à la russe », cela ne devrait pas plomber votre budget. Par contre, les vêtements de marques étrangères sont au même prix qu'en France, n'espérer donc pas refaire toute votre garde-robe à Moscou. Pour le reste, n'hésitez pas à jeter un œil à la liste du total des coûts potentiels auxquels vous pourriez faire face, sur le site Expatistan

7. Y a-t-il une communauté d'expatriés à Moscou ?

Oui, et pas des moindres ! Au cours des deux dernières décennies, une toute nouvelle industrie pour les expatriés a fait son apparition. Dans les grandes villes telles que Moscou ou Saint-Pétersbourg, où la majorité des étrangers s'est installée, on trouve énormément de cafés, restaurants et boîtes de nuit s'efforçant de satisfaire leurs besoins et leurs goûts. N'hésitez donc pas à aller faire une partie de pétanque à La Boule, au parc Gorki, ou à aller déguster de délicieux mets au restaurant Normandie-Niemen, sur la rue Blagovechtchenski.

Tchistye Proudi prend également des airs de quartier français, de nombreuses familles expatriées ayant élu domicile près du lycée français Alexandre Dumas, sur la ruelle Milioutinski. Vous y trouverez d'ailleurs plusieurs boulangeries et autres institutions françaises, telles que la CCI France Russie.

Pour en savoir plus, il existe une multitude de sites Web où se regroupent les expatriés français, notamment Expat.com ou encore Couchsurfing. Ce sont d'intarissables sources d'informations sur les événements à venir à Moscou. De plus, y converser avec d'autres Français de Moscou vous permettra d'obtenir de précieux conseils sur les meilleurs employeurs du coin, ainsi que sur les réseaux et astuces à exploiter pour établir votre business en Russie.

 

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