À Lyon, une conférence pour prendre le pouls de l’économie russe

Gérard Lutique, Président du Cercle Kondratieff et Vladimir Nikonov, directeur de l’Agence de promotion des investissements de la région de Novossibirsk signent le protocole d’accord de collaboration.

Gérard Lutique, Président du Cercle Kondratieff et Vladimir Nikonov, directeur de l’Agence de promotion des investissements de la région de Novossibirsk signent le protocole d’accord de collaboration.

Maria Tchobanov
La Mairie du 6e arrondissement de Lyon a accueilli la conférence L’économie russe, crise conjoncturelle et impact structurel, organisée par le Cercle Kondratieff.

Le 26 septembre 2016, la Mairie du 6e arrondissement de la ville de Lyon a accueilli la conférence « L’économie russe, crise conjoncturelle et impact structurel  », organisée par l’association Cercle Kondratieff  à l’occasion de l'inauguration de son groupe régional Auvergne Rhône-Alpes. 

« L’engagement du Cercle Kondratieff (réunissant les experts du marché russe, ndlr) me paraît d’une grande importance aujourd’hui. Les informations les plus contradictoires et souvent les plus caricaturales nous sont données sur notre grand voisin oriental.

Même s’il ne faut pas cacher les aspects négatifs de l’évolution de la Russie, je suis persuadée qu’une information plus juste sur ce qu’elle est aujourd’hui nous permettrait de la connaître de manière plus fine, de mieux l’aimer et d’améliorer les relations avec elle pour nous enrichir mutuellement », a déclaré aux participants de la réunion Florence Darbon, maire adjoint et déléguée à la culture et au patrimoine de la Mairie du 6e arrondissement de Lyon. 
 
Au cours de son intervention auprès du monde des affaires lyonnais, Julien Vercueil, Maitre de conférences de sciences économiques à l’INALCO a abordé la trajectoire récente de l’économie russe et a proposé une analyse personnelle des conditions fondamentales du rétablissement de l’économie de la Russie.

« Pour moi la variable-clef de la structure économique en Russie c’est l’investissement. On peut constater que l’investissement positif est sur la tendance plutôt baissière depuis 2013, alors que dès les années 2000 c’était l’élément de faiblesse de l’économie de la Russie, qui investissait moins en proportion de son PIB que les autres économies en forte croissance. C’est une fragilité qui s’approfondie.

Deuxième question qui est beaucoup plus délicate et sensible politiquement en Russie, c’est le lien entre l’investissement et l’importation. Si on regarde la manière dont les investissements et les importations d’équipements évoluent, sur les graphiques c'est totalement corrélé. Si l’économie russe à tendance à se fermer par rapport au monde, comment va-t-elle faire pour se moderniser – c’est la question que je me pose », a conclu Julien Vercueil.
 
Pour encourager les chefs d’entreprises présents à la conférence à aborder le marché russe, Nathalie Lorrain, présidente de l’Association du programme présidentiel France - Russie et directrice associée de la société Itinéraires Interculturels a présenté les possibilités qu’offre le Programme présidentiel, lancé par l’Etat russe il y a une quinzaine d’années pour inciter le développement des partenariats entres les entreprises occidentales et russes.

Dans le cadre de ce programme, environ 130 représentants de PMEfrançaises ont participé à des voyages d’étude dans les régions russes afin de découvrir leur potentiel et d’établir des contacts avec des partenaires potentiels.

Ce programme s’adresse aux entrepreneurs étrangers qui ont des projets de développement en Russie et propose des séjours de 7 à 10 jours, tous frais payés, durant lesquels les participants assistent à des rencontres avec les institutions de la région et bénéficient de rendez-vous individuels en fonction des projets. Le prochain voyage sera organisé dans la région de Novossibirsk.

Pour convaincre les sceptiques, Vladimir Nikonov, directeur de l’Agence de promotion des investissements de la région de Novossibirsk s’est joint à l’assemblée pour parler de sa région et des possibilités qu’elle offre aux investisseurs étrangers.

Il a souligné que la structure de l’économie de la région de Novossibirsk se distingue beaucoup de la structure de l’économie de la Russie : elle est très diversifiée et l'industrie minière y occupe une place insignifiante. La région est marquée par une croissance importante de la population, et elle est bien intégrée dans le commerce international malgré son éloignement territorial de capitales européennes. Pour donner un exemple, Vladimir Novikov a évoqué les entreprises comme Auchan et Leroy Merlin qui sont implantées à Novossibirsk et s’y portent très bien.

Malgré la baisse générale du pouvoir d'achat de la population en Russie, la filiale sibérienne d’Auchan voit son chiffre d’affaire augmenter constamment. Suite à l’embargo sur certains produits alimentaires, l’approvisionnement se fait principalement auprès des producteurs russes.

Selon Vladimir Nikonov, la conjoncture est très favorable pour créer des entreprises de transformation des produits agricoles sur place. Les technologies européennes mariées aux matières premières locales de haute qualité rendent les marchandises plus accessibles aux consommateurs et permettent de dégager des profits aux entreprises à des coûts inférieurs.

Consciente du potentiel que représente le marché sibérien, l’association Cercle Kondratieff s’apprête à inaugurer au mois d’avril un groupe régional à Novossibirsk. Pour rendre les efforts plus efficaces, un accord de collaboration entre l’Association Cercle Kondratieff et l’Agence de promotion des investissements de la région de Novossibirsk a été signé lors de la réunion à Lyon.

Le Cercle Kondratieff, qui porte le nom du brillant économiste russe Nicolas Kondratieff, a été fondé juste après la crise russe d'août 1998 par un groupe d'intellectuels, d'hommes politiques et de responsables du secteur privé conscients de l'insuffisance de la stratégie de l'Europe face à la Russie et du potentiel de partenariat immense que l'on pouvait établir de l'Atlantique à l'Oural.nnAujourd’hui, le Cercle réunit 300 membres, tous professionnels de la Russie. Parmi eux quatre ex-ambassadeurs de France en Russie, les présidents des groupes d’amitié France-Russie du Senat et de l’Assemblée nationale et d’autres élus, des représentants de grands groupes internationaux, des chefs des PME et PMI françaises.nnL’association, qui se veut apolitique, possède une expertise dans pratiquement tous les domaines de coopération, tout d’abord économique, mais aussi scientifique et culturelle, avec la Russie. Les différentes actions organisées par l’association s’adressent au monde des affaires et de l’entreprise et ont pour but de fournir une vision juste de l’environnement économique, sociétal et culturel de la Russie et de la CEI, pour permettre de mieux comprendre les règles et les enjeux du marché russe.n

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