«Ici, tout le monde veut faire du business avec les Français»

François Turcas, président de la GMPE de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

François Turcas, président de la GMPE de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Service de presse
32 entreprises françaises de la région Auvergne-Rhône-Alpes ont participé au 1er Forum d’affaires franco-russe à Moscou et force est de constater que la plupart d’entre elles ont été surprises par l’accueil positif qui leur a été réservé.

« Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un génie, ni au-dessus des hommes, il faut être avec eux et c’est toute la raison de notre présence ici », annonce d’emblée François Turcas, président de la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (GMPE) de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Du 27 au 29 septembre, à l’occasion de ce premier Forum d’affaires franco-russe organisé à Moscou à l’initiative de la 2e région de France, les représentants de près de 500 entreprises russes se sont déplacés pour rencontrer les 32 entreprises françaises présentes, découvrir les possibilités que recèlent le marché, et asseoir un peu plus et développer leur présence en Russie.

Des partenaires ouverts

L’intérêt est réciproque car pour les autorités russes, il s’agit de « faire en sorte que les conditions de coopération avancée d’il y a quelques années reprennent du poil de la bête », souligne le représentant du ministère russe du développement économique, Sergueï Krassilnikov, qui n’a pas manqué de remercier ceux qui avaient eu le courage de venir à Moscou… « s’agissant de braver la météo, bien évidemment ».

Si l’ombre des sanctions économiques qui frappent la Russie plane sur la rencontre, force est de constater qu’elles n’inquiètent pas vraiment les chefs d’entreprise français. «  Je voulais venir voir vraiment sur le marché et ce que j’ai vu est complètement différent de ce que j’ai entendu. J’ai rencontré des gens très ouverts, à l’écoute qui ont envie de faire du commerce, aussi bien dans l’import que dans l’export et, pour moi, quand j’ai entendu parler d’embargo, c’est davantage un embargo politique que commercial car toutes les personnes que nous avons rencontrées veulent faire du business avec les Français », souligne Eric Mouillon, patron d’Axis Confort Management.

Au 1er Forum d’affaires franco-russe à Moscou. Crédit : Service de presseAu 1er Forum d’affaires franco-russe à Moscou. Crédit : Service de presse

C’est la première fois qu’il vient en Russie avec l’intention d’y commercialiser un porte-casque souple qui permet de laisser le casque sur la moto en toute sécurité et force est de constater que pour lui, cela valait le déplacement : « Nous avons rencontré des personnes qui sont venues avec des a priori et qui sont reparties avec l’espoir et l’envie de travailler avec nous et nous aussi. Donc je trouve [ce forum] plutôt prometteur et nous sommes très heureux d’être venus ».

La Russie rarement conforme à l’image qu’on s’en fait

« J’étais venu pour acheter et je me demande finalement si je ne vais pas repartir en ayant vendu », reconnaît, plutôt surpris, Dominique Verniere, PDG d’Africa Sun en France, un fournisseur de solution solaires axées sur l’alimentation, l’éclairage et le pompage. S’il comptait au départ acheter en Russie des compresseurs solides, capables de résister aux difficiles conditions météorologiques qui règnent en Afrique, il a réalisé que l’énergie solaire pouvait être une solution ponctuelle pour l’habitat des particuliers et même pour les entreprises. « Il y a un véritable marché pour les centrales solaires et je pense qu’effectivement dans le sud du pays et dans certains pays adjacents, il y a de gros marchés à pourvoir », se félicite le PDG.

Des échanges en hausse

« Il faut reconnaître que c’est l’un des marchés les plus proches de chez nous, les plus sûr, où les coûts salariaux sont les plus attractifs, où il y a une discipline de fabrication et une formation des employés qui est intéressante. Pour nous, ça représente des solutions de sous-traitance qui peuvent être très intéressantes, au-delà du débouché commercial », analyse Olivier Blanc, directeur général de Sam Outillage, qui était venu en Russie dans le sillage de Renault pour construire une usine dans les années 2000, avant que le climat économique en Europe mette à mal son réseau de distribution en Russie. Il se donne aujourd’hui trois à quatre ans pour pénétrer durablement le pays.


Loin de céder à l’angélisme, tous ces patrons sont conscients des difficultés qu’ils vont devoir affronter pour développer leurs activités en Russie mais tous semblent déterminés à les surmonter. « Si on écoute les gens, on ne va nulle part. En Allemagne, on ne sera pas compétitifs, aux Etats-Unis on ne sera pas crédibles, au Moyen-Orient, on n’aura pas les produits conformes à ce qu’ils attendent… Donc ça fait longtemps qu’on ne se fie pas à ce genre de commentaires », s’amuse Olivier Blanc, qui s’appuie sur des chiffres concrets. Depuis le mois de janvier, les importations françaises en Russie sont en hausse de près de 30% et visiblement, tout le monde compte en profiter.

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