Le dernier né de Soukhoï testé par les as russes de la voltige

Le groupe aérien Preux russes s'est familiarisé avec le nouveau chasseur.

Le groupe aérien Preux russes s'est familiarisé avec le nouveau chasseur.

Marina Lystseva / TASS
Le nouvel appareil Soukhoï Su-30SM est parfaitement manœuvrable, ce qui le rend inégalable en combat rapproché. Ses concepteurs espèrent qu’il bénéficiera d’une grande demande en Indonésie, en Algérie et au Proche-Orient.

Freiner brusquement par la résistance sur le fuselage, réaliser des virages sur place et fendre de nouveau les airs : la patrouille acrobatique russe Rouskie Vitiazi (Preux russes) semble faire l’impossible, se lançant dans une danse dans le ciel du Salon aéronautique LIMA 2017 qui se tient du 21 au 25 mars en Malaisie. C’est une première tant pour la patrouille que pour leurs nouveaux appareils.

Le potentiel du nouvel avion

D’après ses capacités de combat et ses performances, cet appareil surpasse le Su-27 (qui lui a servi de base) et est considéré comme l’un des meilleurs chasseurs polyvalents au monde.

C’est le premier avion de série qui est hautement manœuvrable grâce à un schéma aérodynamique intégral particulièrement efficace, à son système de commande du vecteur poussée AL 31FP et à un plan horizontal avant réglable. Les pilotes affirment que fort de ces performances, l’appareil surpasse le Su-30MKI (I pour la version indienne du chasseur) dans les combats aériens rapprochés.

« Le Su-30MKI est le premier chasseur destiné à l’exportation à être muni d’un radar de bord à réseau de phase pour garantir le repérage, le suivi et l’attaque de plusieurs cibles, a indiqué à RBTH Valéry Avérianov, Héros de Russie et pilote d’essai de la société Irkout. C’est également le premier chasseur russe fabriqué en série qui possède une architecture ouverte d’équipements radioélectroniques de bord. « Cette conception simplifie la modernisation de l’appareil et son adaptation aux exigences d’un client concret », a-t-il constaté.

Toujours d’après Valéry Avérianov, la haute manœuvrabilité du nouvel avion lui assure l'avantage dans le combat rapproché. « Elle permet de passer rapidement au régime de manœuvres énergiques et d’utiliser plus vite les armements tout en renforçant la sécurité de ces manœuvres », a-t-il fait remarquer.

En outre, l’appareil embarque deux personnes, à la différence des autres nouveaux chasseurs russes. « Pourquoi le Su-30SM et non le Su-35 ? En fait, l’avion est conçu pour remplir les mêmes missions que le Su-35, mais le Su-30SM est biplace. C’est plus confortable pour les pilotes. Pendant les vols, l’un peut piloter et l’autre remplir les fonctions de navigateur », a indiqué dans une interview à l’agence TASS le général Andreï Ioudine, commandant des Forces aériennes et commandant en chef adjoint des Forces aérospatiales de Russie.

Une sacrée publicité pour l’avion

Selon Pavel Boulat, directeur du Laboratoire international de mécanique et des systèmes énergétiques de l’Université des technologies de l’information, la patrouille acrobatique russe est arrivée en Malaisie pour présenter les performances du nouvel avion aux clients étrangers.

« La Russie souhaite livrer son appareil au Proche-Orient, en Indonésie et en Algérie. Les Rouskie Vitiazi ont réalisé des vols de démonstration pour les éventuels clients de la société Irkout et de l’agence Rosoboronexport (chargée des exportations de l’industrie militaire) », a-t-il ajouté.

Selon lui, le concurrent principal de l’avion russe est le Rafale français. « Ils sont comparables d’après leur potentiel de combat, mais le français est deux fois plus cher et il est toujours livré sans transfert des technologies. En outre, le Rafale est quand même un avion léger, tandis que le Su-30 est un chasseur lourd à distance franchissable de 6 000 kilomètres », a fait remarquer Pavel Boulat. Il a noté que le Rafale présentait un avantage au niveau de son antenne active à balayage électronique, meilleure que celle de l’avion russe.

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